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NVIDIA Hybrid Power : la bonne idée ?

Stéphane Charpentier | 26/05/2008
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Introduction

NVIDIA Hybrid SLIAutres temps, autres mœurs. C’est en substance ce que nous sommes en train de vivre quand on se penche sur le cas de l’écologie et des préoccupations liées à notre environnement. Il est en effet bien loin le temps où la consommation régnait en maître peu importe les conséquences sur l’écologie et sur notre planète bleue. L’ère des Golden Sixties et les décennies qui ont suivi est bel et bien révolu. Aujourd’hui rouler dans un 4x4 est considéré par certains extrémistes en mal de sensations comme un crime contre l’humanité. Pauvre garde-forestier qui se voit mal aller emprunter les chemins boueux de son territoire en citadine plus respectueuse de l’environnement ou qui n’a pas les moyens de se payer le Lexus rH400 doté d’un moteur hybride essence/électrique. Mais ne nous leurrons pas, nous vivons plus que jamais dans une super société de surconsommation où nous devons absolument dépenser tout ce que nous gagnons dans des choses inutiles pour lesquelles on crée le besoin à notre place. A ce niveau là, rien n’a changé et ne changera jamais tant que le capitalisme sera roi. Ne voyez pas là un discours politique de notre part, ce n’est pas notre finalité, mais plutôt un constat que tout le monde peut aisément faire dans nos sociétés occidentales : le règne de l’argent. Il faut consommer absolument, quitte à vendre des produits de moins bonne qualité pour qu’ils se renouvellent plus vite et surtout pour qu’ils coûtent moins cher à fabriquer.

On aurait pu croire que les craintes sur l’avenir de notre planète allaient calmer les ardeurs de ces grandes multinationales mais il ne fallait pas non plus être trop naïf. Résultat, de nos jours l’environnement n’est pas considéré comme une obligation morale par la plupart des sociétés mais est vu comme une opportunité commerciale supplémentaire, comme un argument de vente incontournable. On ne compte plus les publicités nous vantant les mérites de telle ou telle voiture dont le taux d’émission de CO2 est faible mais on oublie de dire que les voitures diesel dépourvues de filtre à particules sont responsables de davantage de pollution que certains modèles à essence. Or ce sont les voitures diesel qui sont favorisées dans nos contrées avec un carburant maintenu plus bas que l’essence et des taxes favorisant les véhicules roulant au gasoil. Pourquoi introduire un article sur l’Hybrid SLI de cette manière ? Pour démontrer que nos stratégies face au problème écologique mondial que nous connaissons ne sont pas toutes cohérentes ou bien menées.

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Et c’est un peu le sentiment qui nous vient quand on nous parle de l’Hybrid Power permettant d’arrêter la ou les cartes graphiques quand elles ne sont pas nécessaires. Car plutôt que de prévoir des processeurs graphiques consommant peu dès le départ, NVIDIA préfère pour le moment sortir cette solution en partie logicielle là où AMD propose des cartes graphiques consommant nettement moins que les cartes NVIDIA en mode 2D. Certes, toutes les cartes ATI ne sont pas au niveau des performances des cartes NVIDIA mais aucune carte de la firme au caméléon ne propose en ce moment en standard des fréquences 2D différentes des fréquences 3D. En résumé, une carte graphique NVIDIA fonctionne toujours à ses fréquences maximales, y compris quand de la puissance 3D n’est pas nécessaire. Seules quelques cartes des partenaires le font comme par exemple la Gigabyte fanless 9600 GT. Des logiciels comme RivaTuner le permettent également mais l’utilisation d’un tel logiciel reste anecdotique et réservée à un panel d’utilisateurs compétents et avancés.

Cela peut paraître incroyable étant donné que les GPU NVIDIA pour ordinateurs portables sont bien dotés eux de fréquences 2D, ceci pour préserver l’autonomie. Qu’est-ce qui empêche alors NVIDIA de le faire sur ses GPU de bureau. Du côté de NVIDIA, on vous répond que c’est techniquement difficile, bla, bla, bla etc. Mais en sortant l’Hybrid Power compatible uniquement avec des chipsets NVIDIA dotés de solutions graphiques intégrées, la firme au caméléon compte gagner sur tous les tableaux. D’une part, elle compte vendre plus de chipsets, accroissant sa part de marché de ce côté-là, mais d’autre part, chaque vente de chipset entraîne la comptabilisation d’une puce 3D intégrée au jeu de puces. De quoi donc augmenter la part de marché de NVIDIA aussi sur le secteur des puces graphiques intégrées, chasse gardée d’Intel. Mais ceci éclipse un paramètre important : le consommateur. Rares vont être ceux qui vont investir dans une nouvelle carte mère et une carte graphique compatibles avec l’Hybrid Power, tout ça pour gagner quelques dizaines d’euros par an au niveau de la consommation électrique.

Non, l’Hybrid Power est le genre de fonction qu’on est content d’avoir sans avoir rien fait pour l’obtenir mais pas vraiment une fonctionnalité pour laquelle on est prêt à investir des centaines d’euros. En outre, l’écrasante majorité de personnes achetant des processeurs Intel à l’heure actuelle utilisent l’équation CPU Intel = chipset Intel et ne sont pas prêts à investir dans un chipset NVIDIA simplement pour bénéficier de l’Hybrid Power. Un peu comme le standard ESA lancé par NVIDIA, l’Hybrid Power ne pourra réellement décoller que lorsque la firme américaine arrêtera de se regarder le nombril et ouvrira sa fonctionnalité aux chipsets concurrents qui pourront alors faire ce qu’il faut techniquement pour les rendre compatibles. Peut-être que NVIDIA le fera car l’Hybrid SLI et son Hybrid Power n’en sont qu’à leurs balbutiements. Le but de cet article est d’ailleurs de voir si le dernier bébé de NVIDIA est bien né...
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