
Imaginé pour la première fois en 1971 par le professeur Leon Chua, le Memristor (memory resistor) est considéré comme le quatrième élément de base en électronique avec les résistances, les condensateurs et les bobines d'induction. Le memristor se comporte comme une résistance à une différence près : sa résistance est variable selon la tension appliquée et la durée durant laquelle le courant la traverse. Une résistance importante est considérée comme un « 1 » et une faible résistance comme un « 0 ». De ce fait, le memristor peut stocker des informations. Avec ce composant, nous rentrons dans le domaine de la nanotechnologie, de l’infiniment petit donc.
Pourquoi parler de ce principe évoqué au début des seventies ? Simplement parce que le géant HP est passé de la théorie à la pratique en affirmant que ses chercheurs ont prouvé en laboratoire l’existence réelle du memristor. Si ce principe n’en est encore qu’à ses balbutiements « pratiques », HP semble croire fortement au potentiel du memristor qui selon le fabricant pourrait déboucher sur la mise au point d’ordinateurs s’allumant et s’éteignant très rapidement comme on allume/éteint une lumière. Pourquoi ? Parce que le memristor serait capable de garder en mémoire les données stockées, y compris après extinction du PC. Un peu comme quand on met le PC en veille et que les informations sont stockées dans la mémoire. La différence serait ici que même en cas de panne de courant, les informations resteraient stockées. HP estime donc que le memristor pourrait remplacer à long terme les D-RAM que nous connaissons à l’heure actuelle.
Au-delà de cela, le memristor pourrait également permettre de créer des systèmes dotés de certaines capacités du cerveau humain. HP n’en dit cependant pas plus si ce n’est que grâce à ses capacités de mémorisation, le memristor pourrait se rappeler de schèmes et les combiner à la manière du cerveau humain. Enfin, ce composant autorisera la mise au point d’ordinateurs plus économes en énergie. HP évoque à ce sujet que la tendance actuelle de multiplier le nombre de transistors pour accroître la puissance brute serait remplacée par l’association hybride de memristors et de transistors moins nombreux. Reste à voir à quel horizon nous pouvons espérer voir des applications pratiques de ce principe…