High-tech : Telegram et la cybercriminalité

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De toutes les applications de messagerie instantanée lancées sur le marché, c’est Telegram qui détient la hausse la plus rapide du nombre d’abonnés. Entre 15 janvier et 18 janvier 2022, près de 25 millions de nouveaux comptes ont été ouverts sur l’appli. Pourtant, une enquête menée par la société Cybersixgills met en évidence des failles de sécurité inquiétantes auxquelles les utilisateurs de Telegram sont exposés, en dépit d’une politique favorable à la confidentialité des données personnelles.

Le succès fulgurant de Telegram

Ce n’est pas un mystère pour la communauté d’internautes que le vol de données personnelles à des fins de revente clandestine au profit des multinationales est devenu une pratique courante sur la toile. Est-ce l’une des raisons pour lesquelles un nombre épatant de gens ont migré de WhatsApp et Facebook vers Telegram ? C’est certain. L’appli chiffre de bout en bout les messages et les appels vidéos. Elle ne dévoile pas les informations au grand jour. Du moins, pas autant que Facebook et WhatsApp qui sont soupçonnées de synchroniser les données privées de leurs utilisateurs pour en avoir le plein contrôle. Les deux dernières semaines ont vu la cote de Telegram croître sensiblement. Si le chiffrement de données est communément considéré comme une garantie de sécurité, il ne rend pas Telegram tout à fait invulnérable.

Telegram, un terrain de jeu propice aux actes de fraudes et de malversations électroniques

Ces dernières années, Telegram est devenu le haut lieu de la cybercriminalité. L’entreprise Cybersixgills a réalisé une toute récente enquête à ce propos. Les auteurs ont observé que l’actualité du problème reste entière. Les opérations frauduleuses sur Telegram sont surtout d’ordre monétaire : usurpation d’identité, vol de données personnelles, transfert de fonds depuis un compte bancaire en ligne dont le mot de passe a été victime de hachage, et bien d’autres. Les escrocs ne manquent pas d’inventivité pour mettre leurs tromperies à exécution. L’envoi de liens suspects en est un exemple. Les arnaques liées aux cryptomonnaies sont également populaires. La cible de prédilection des cybercriminels est à rechercher dans les services de paiement électronique comme PayPal, Payeer, American Express ou Visa.

Les messages cryptés : un atout et un inconvénient à la fois

L’enquête de Cyberit en septembre 2021 aboutit à la même conclusion. D’après l’expert en cybersécurité de la boîte, le nombre de cybercriminels actifs sur Telegram a doublé. La plateforme est plus facile à prendre en main que le web caché. Les spécialistes du blanchiment d’argent en ligne et de l’exploitation de données dérobées ont intérêt à cacher soigneusement leurs ténébreuses affaires. Pour ce faire, les messages cryptés s’avèrent être la voie royale. Le talon d’Achille de Telegram vient par conséquent de sa propre force : le cryptage des échanges protège le droit à la vie privée, un droit que Facebook et WhatsApp oublient visiblement de tenir compte, mais il favorise en même temps le développement des activités illégales ou criminelles.

Des mesures de protection renforcées

Malgré la menace constante, l’enquête vante les efforts notables accomplis par Telegram. Entre 2020 et 2021, les cas de blanchiment d’argent, de piratage de compte et de carte bancaire ont diminué de 60 %. Mais la question de la cybersécurité est loin d’être réglée. Dix mille cas suspects ont pu être relevés par Cybersixgills au cours de l’enquête. Pour sa défense, Telegram a fait part des mesures plus fermes adoptées. Elles incluent entre autres la suppression des partages de données non approuvés par le propriétaire et la suppression des groupes de conversation qui enfreignent les règles relatives à la vie privée. L’appli s’est entourée d’une équipe importante de modérateurs pour s’atteler à cette tâche.

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