Stéphane Charpentier | 14/06/2007 | 09:59:08
Récemment, j’ai pu lire divers commentaires sur les salons informatiques et sur ce que cela présuppose de mise en valeur commerciale et d’actions marketing. Certains en sont arrivés à parler de cela à cause selon eux du manque réel de nouveautés lors de tels salons. S’il est vrai que les salons ne sont plus vraiment l’endroit pour découvrir des nouveautés fracassantes à cause de la puissance que représente Internet de nos jours, il n’en demeure pas moins que des nouveautés sont visibles sur ces salons, soit sous NDA, soit dans des domaines réputés « moins nobles » mais pas moins intéressants comme le refroidissement, les boîtiers ou les alimentations.

Bref, nous ne pouvons pas vous parler de tout ce que nous voyons lors de ces salons. Si certains lecteurs voudraient bien nous voir briser ces NDA, ils oublient un peu vite que le non respect d’un NDA signifie l’absence future d’informations et de produits de test, ce qui quelque part rendrait notre travail plus difficile. Contrairement à certains irréductibles qui pensent que respecter un NDA revient à être un vendu à la solde du fabricant et qui pensent également que ces salons ne sont que du marketing nauséabond et que nous y prenons part, nous répondrons deux choses. D’une part qu’ils ne savent pas ce qu’est le marketing, à savoir la mise en valeur d’un produit et ses méthodes de commercialisation et d’autre part qu’ils font preuve d’une naïveté infantile.

Il est en effet indéniable que le marketing est roi lors de ces salons vu que la très grande majorité des visiteurs sont des acheteurs. Il est dès lors logique que la mise en valeur des produits soit omniprésente, parfois jusqu’à friser le mensonge ou le ridicule. Ce serait cependant nous prendre pour des abrutis que de croire que nous avalons tout ce que nous découvrons lors de ces salons. Notre objectif est en effet de faire la part des choses afin de distinguer la vérité du marketing. C’est le but notre métier de journaliste d’ailleurs. Et si nous continuons d'aller sur les salons, c'est aussi pour rencontrer les fabricants, leur poser des questions ou encore nouer des contacts qui nous serviront dans le futur, tout ça loin du grand cirque marketing qui est de mise lors de ces exhibitions.

Image
Un salon comme le Computex est avant tout mis sur pied
pour les acheteurs et non pour la presse


Le marketing ne nous concerne en aucun cas même si les responsables pour la presse chez les fabricants sont parfois rattachés à ce service. Il nous arrive d’ailleurs régulièrement d’avoir des coups de téléphone et autres mails de la part de fabricants parce que leur produit n’a pas été bien coté. Preuve que notre vérité, nous la trouvons dans nos tests et non dans des beaux PDF ou Powerpoint comme c’est l’usage chez de nombreux acteurs de la presse hardware américaine, anglaise ou allemande dont la principale préoccupation est de distribuer des awards pour ne pas louper une campagne de pub. Il faut se rendre compte que la presse francophone hardware est très critique et nous ne parlons pas que de nous. C’est dans notre culture de prendre d’emblée un point de vue critique afin de mieux évaluer ce que nous avons sous les yeux. De nombreux fabricants nous en parlent souvent affirmant que le marché francophone est un marché difficile en termes de marketing. Des fabricants nous ont d’ailleurs déjà refusé des prêts de produit pour cette raison ou ont tenté de le faire comme nous l’avons déjà mentionné dans certains tests.

Pour revenir sur les NDA, il ne faut pas oublier que la relation avec un fabricant est de type «donnant-donnant». Nous recevons des informations et des produits en avance mais nous ne pouvons en parler, ce qui ne nous empêche pas de dire objectivement ce que nous pensons du produit une fois la date de sortie du test arrivée. Il n’y a dès lors aucune corrélation entre le respect d’un NDA (ou le respect d’informations confidentielles collectées mais pas forcément sous NDA) et le manque d’objectivité. De la même manière, il n’y a aucun lien entre une campagne de publicité passant sur Matbe et le test du produit vanté dans la pub. Cela nous a là aussi déjà valu quelques coups de gueule de fabricants qui estiment que parce qu’ils passent de la pub, on doit dire du bien de leurs produits. Nous les renvoyons alors gentiment à leurs études quitte à perdre la campagne en question. Si nous insistons sur ces points, c’est pour clarifier l’esprit de certaines personnes qui semblent tout mélanger. Heureusement, la majorité de nos lecteurs ne sont pas comme ça et ont compris depuis longtemps la façon dont nous fonctionnons…
 
 
Olivier Moulin | 12/04/2007 | 16:18:00
Les Américains sont tous obèses, les jeunes tous des racailles. Quant aux informaticiens, ils sont tous célibataires, c'est un fait bien connu de tous. Et bien sachez maintenant qu'il est de bon ton de déclarer que tous les patrons sont des salauds. Comme le disait Patrick Ricard sur l'antenne de LCI : « En France, si tu échoues tu es un âne, si tu réussis tu es un voleur ». Joli résumé de la pensée unique véhiculée et alimentée par les médias et par tous ceux que le face à face patrons-salariés peut aider dans leurs propres luttes de pouvoir.

Image

Un débat d'actualité en pleine période éléctorale où chacun cherche le coupable idéal à l'effroyable misère dans laquelle vivent les français. Une chose est sûre, c'est la faute de l'autre : l'immigré, le patron, le jeune, la mondialisation, les actionnaires ou même les Chinois. Depuis de longs mois, on ne cesse de mettre en avant les délocalisations d'entreprises très rentables ainsi que les parachutes dorés de certains grands patrons. Il serait de bon ton de rappeler que ceux que l'on nomme "patrons" ne sont rien de plus que des salariés de grosses entreprises souvent cotées, et pas des patrons de PME ou TPE, comme l'un de mes amis.

Celui-ci gère une petite PME de 14 salariés, il n'est pas milionnaire mais gagne bien sa vie. Il ne roule pas en Ferrari, ne boit pas de champagne tous les soirs et ne fréquente pas les célébrités. Il fait partie de « la France qui se lève tôt » et qui se couche tard, aussi, accessoirement. Il essaie depuis cinq ans de donner toujours plus de vie à son entreprise et de la faire évoluer avec des salariés de plus en plus nombreux. Il gagne de l'argent, en fait gagner à l'Etat, et fait vivre quelques familles. Je vous garantie qu'il semble heureux de cet état de fait. Il n'est pas né Forgeard, Tchuruk ou Zacharias. Si sa société fait faillite, il devra en rendre des comptes au tribunal de Paris. Il ne croisera jamais les patrons de EADS, Alcatel ou Vinci dans ce tribunal de Paris. Mais par contre, il est lié à eux à vie : comme eux, pour les médias, et pour la plupart des « gens », il est ce que l'on appele... un patron.
 
 
Stéphane Charpentier | 06/04/2007 | 22:21:44
Essayons d'animer un peu cette section blog laissée quelque peu à l'abandon dirait-on. De quoi pourrait-on parler ? Vu les mails et autres messages privés reçus via le forum, je pense que je ne vais pas pouvoir éviter le sujet des alimentations. Suite à l’affaire LC Power/Aikuo qui a fait grand bruit, on me parle en effet beaucoup de ces boites de métal cachées au sein du PC et qui fournissent à nos chers composants l'électricité dont ils ont besoin, un peu à la manière dont le cœur qui distribue le sang à nos organes. Bref, depuis que j’ai annoncé le grand comparatif d’une centaine d’alimentation, on me demande régulièrement quels seront les modèles inclus, quand sortira-t-il, quelle est la meilleure alim du moment, y a-t-il mieux que Seasonic, etc. N’insistez pas je ne répondrai pas à tout.

Ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est que les tests sont terminés depuis hier. La rédaction est quasi terminée également. Il ne me reste en effet que les tableaux récapitulatifs à commenter et enfin synthétiser toute cette masse d’information pour en dégager des conclusions. Pour le moment, j’en suis à 126 pages et la version finale devrait dépasser les 130 pages. Fou, oui je suis probablement fou de m’être lancé dans pareille aventure. Car un tel comparatif prend un temps considérable. Cela fait maintenant près de quatre mois que je suis dessus. Cela paralyse quelque peu Matbe.com dans la parution de nouveaux articles mais sans vouloir me jeter des fleurs, je pense que le résultat est intéressant. Cela m’a permis d’apprendre de nouvelles choses et surtout de tirer des leçons pour la mise au point du prochain protocole de test qui succèdera à celui utilisé dans le comparatif à paraître.

Le marché des alimentations est en pleine mutation et de nombreux acteurs veulent s’y lancer et pas tous de manière réfléchie. Il devient donc important de débroussailler le terrain et de faire taire certaines idées reçues. Bref, je n’en dirai pas plus et je vous fixe rendez-vous dans quelques semaines (when it’s done comme dirait l’autre) pour la lecture de ce comparatif. En attendant, voici un petit teaser. Il s’agit d’une partie de la première page présentant tous les modèles testés :

Image
 
 
Stéphane Charpentier | 10/03/2007 | 00:00:28
Voilà la question que l'on me pose une dizaine de fois par jour en ce moment. Fabricants, grossistes, amis, lecteurs, confrères, etc. Oui j'y vais mais ce n'est pas l'envie qui manque de rester chez moi plutôt que de fouler les allées du CeBIT, de passer de hall en hall en étant obligé de se refroidir dans le froid de Hannovre. Pire, devoir se résigner à se dire qu'on va mal manger, la réputation de la gastronomie allemande n'étant plus à faire.

N'allez cependant pas croire que je fais mon blasé même s'il est indéniable qu'il est plus excitant de faire le CES de Las Vegas ou le Computex de Taiwan. Le CeBIT perd en intérêt chaque année, la faute au web nous dit-on. Bizarre car les autres salons se portent plutôt bien. Les fabricants vont même jusqu'à s'en désintéresser. Shuttle sera un absent de marque cette année alors que son fief européen est basé en Allemagne. NVIDIA sera en comité réduit et le stand n'aura pas la taille des autres années. Les nouveautés ne seront pas non plus légion et il faudra a priori mouiller sa chemise pour dégotter du neuf. A priori car bien évidemment les surprises de dernière minute sont toujours possibles. Sans compter l’organisation qui fait du zèle à propos des accréditations pour la presse. Il faut montrer patte très blanche faute de quoi, les accréditations sont refusées. Quand un événement est en crise, on évite de limiter les accréditations presse car finalement ce sont les médias qui font principalement vivre un tel événement. Si pour nous, cela n’a pas posé de problèmes, nous connaissons des confrères méritants qui ont plus de mal à convaincre nos amis teutons.

Image

Tout ceci, combiné avec de grands chantiers en cours sur Matbe.com (générant à titre personnel une très grande fatigue), font que la couverture du CeBIT sera réduite par rapport aux autres années. Pas de Live (fatigant pour nous bien que plaisant pour vous) et pas d'envoi massif de ressources sur place. Nous préférons consacrer notre énergie, notre temps et notre argent à des salons plus exotiques et intéressants comme le Computex et le CES, voire l'IFA de Berlin. Ceci ne nous empêchera pas de couvrir l'événement du mieux que nous pourrons en vous fournissant de nombreuses actualités et notre habituel compte-rendu. Donc en fait, il n'y a que le Live qui disparaît, momentanément puisque nous devrions reprendre le concept pour le Computex en juin prochain.

Donc oui j'y vais au CeBIT et ce petit billet va finalement me permettre de répondre rapidement à mes interlocuteurs en leur donnant le lien de ce que je viens d’écrire…
 
 
Mathieu Chartier | 15/02/2007 | 18:34:01
En matière de jeux vidéo, pour lutter face au poids de la presse papier, la presse online a rapidement compris qu’il fallait qu’elle se serve de l’ensemble de ses atouts. Un modèle économique différent tout d’abord, celui du gratuit, mais également une ligne éditoriale qui devait s’appuyer sur l’une des principales forces du format web, sa réactivité, tout en s’axant sur l’image que les pages d’un magazine peinent à mettre correctement en avant. Quant à la vidéo, il va de soi qu’elle est l’exclusivité (ou presque) de la presse online qui a récemment compris qu’il s’agissait – là encore – de l’une de ses forces. Et si « faire du papier » (j’entends par cette expression imprimer, distribuer et inévitablement jeter) possède bien des inconvénients et notamment le coût de cette manœuvre, le format web ne semble définitivement proposer que des avantages : aucune limitation du contenant et impression (sur écran) à la demande du contenu.

Pourtant se dresse rapidement une barrière, et non des moindres : trouver les revenus nécessaires à la rémunération de la force d’écriture, ces scribes qui remplissent à longueur de journées des pages d’actualités hautement périssables (la durée de vie d’un article sur internet étant d’un maximum de 72 heures selon certains spécialistes). Des rédacteurs permanents parfois, des pigistes souvent, puisqu’il faut bien minimiser le coût de revient du mot, de l’écrit, tant que les annonceurs publicitaires ne se décideront pas à rémunérer convenablement le format web. Là est bien le dilemme car même les énormes machines qui génèrent chaque jour des millions de pages vues (et autant d’espaces publicitaires affichés) ne semblent pas réussir à rendre viable leur modèle économique basé sur la publicité.

Derrière chaque site de jeux vidéo, même les plus gros, se cache donc un grand groupe qui décide d’investir - à perte la plupart du temps - pour se positionner sur le marché de la presse jeu vidéo online afin d’être là le jour où les budgets publicitaires de la presse papier auront été davantage redistribués par les annonceurs vers l’internet. J’en prendrai pour seuls témoignages les rachats de jeuxvideo.com par Hi-Media, celui – très récent – de gamekult.com par les américains CNet ou encore celui de jeuxvideo.fr par Cyréalis. Pour ne rien cacher, le quotidien de Gamebe serait également plus fade sans le soutien de ComparHaut. Et puisque la publicité sur internet rémunère peu, il faut de fait en passer beaucoup, le plus possible.

Comment faire ? Je dois dire que les trois confrères suscités ont semble-t-il trouvé la formule idéale. Non pas que je veuille leur offrir un cour d’ergonomie puisque la 'navigabilité' de leurs sites est évidemment savamment étudiée pour faire passer l’internaute le plus possible par la page d’accueil du site par exemple, mais bien que leur politique rédactionnelle est directement touchée – et c’est un choix de leur part évidemment – par ces impératifs. Car pour afficher le maximum de pages, il faut évidemment en créer le maximum avec les moyens dont on dispose. Pour y arriver – et sous couvert d’une ligne éditoriale qui se veut la plus exhaustive possible – on voit donc régulièrement des fils d’actualités monstrueux orner les pages d’accueil de ces sites. Si bien que pour certains d’entre eux, la liste complète du nombre d’actualités rédigées en une journée ne peut être intégralement affichée sur leur page d’accueil. Mais que peuvent-ils donc passer comme informations pour écrire autant ?

Image

C’est évidemment là où je veux en venir (excusez cette longue introduction). Ces fils d’actualités nous ont donc habitués à proposer d’innombrables « news à screenshots » (chaque nouvelle image de jeu semblant mériter publication immédiate), ce qui a tout l’air d’être une spécificité française, les sites d’information anglo-saxons n’étant que très peu rentrés dans cette danse sans fin menée par les éditeurs qui consiste à annoncer un jeu le lundi, puis publier des images le mardi, une vidéo le mercredi et ainsi de suite. Autant de « nouvelles informations » qui sont donc à l’origine d’autant de « nouvelles actualités ». Bref, les éditeurs font parler de leurs titres en rendant service à la presse online qui a besoin d’afficher toujours plus de pages, nous nous étions plus ou moins habitués à cette mascarade de l’information.

Mais ce qui m’a poussé à prendre ma plume rebelle aujourd’hui, c’est qu’en plus des images, des vidéos et des rumeurs, un nouveau genre d’actualités est actuellement à la mode sur le web, l’info 100% inutile. Celle qui vise à se demander dans une brève si la démo de tel ou tel jeu sortira – oui ou non – dans les mois à venir en est l’un des meilleurs exemples. « Y aura-t-il une démo jouable du prochain Need for Speed ? », « Il y en aura une ! », « Elle sera dispo le mois prochain », « Elle sera sur nos serveurs demain », « Elle le sera dans un heure », « Youpi ! Elle est enfin là, vous pouvez la télécharger »… Et la démarche est à peine amplifiée ici ! Dans le même registre de non-information, il y a aussi eu très récemment l’actualité qui annonce que « des gens d’un studio de jeux vidéo travaillent sans doute sur un nouveau projet PS3 ». Non-information qui mérite d’ailleurs sa propre actualité sur Gamebe tant la démarche est irritable (cf. cette actualité).

La question qui se pose alors est simple. Pourquoi se priver quand des hordes d’ados pre-pubères se jettent sur la moindre image, sont à l’affût de la moindre brève (même de quelques mots seulement), et sont heureux d’apprendre qu’il y aura peut-être une démo un jour du prochain jeu de leur série préférée ? Espérons juste que la presse online jeu vidéo tirera - à terme - le contenu informatif qu’elle propose au quotidien dans ses fils d’actualité vers le haut. Car le lectorat, dans sa plus grande majorité, semble lui se complaire à le lire. Faudra-t-il attendre que la rémunération des campagnes de publicité soit suffisante pour se priver de l'affichage de quelques pages supplémentaires ? Mystère…