Les Américains sont tous obèses, les jeunes tous des racailles. Quant aux informaticiens, ils sont tous célibataires, c'est un fait bien connu de tous. Et bien sachez maintenant qu'il est de bon ton de déclarer que tous les patrons sont des salauds. Comme le disait Patrick Ricard sur l'antenne de LCI : «
En France, si tu échoues tu es un âne, si tu réussis tu es un voleur ». Joli résumé de la pensée unique véhiculée et alimentée par les médias et par tous ceux que le face à face patrons-salariés peut aider dans leurs propres luttes de pouvoir.
Un débat d'actualité en pleine période éléctorale où chacun cherche le coupable idéal à l'effroyable misère dans laquelle vivent les français. Une chose est sûre, c'est la faute de l'autre : l'immigré, le patron, le jeune, la mondialisation, les actionnaires ou même les Chinois. Depuis de longs mois, on ne cesse de mettre en avant les délocalisations d'entreprises très rentables ainsi que les parachutes dorés de certains grands patrons. Il serait de bon ton de rappeler que ceux que l'on nomme "
patrons" ne sont rien de plus que des salariés de grosses entreprises souvent cotées, et pas des patrons de PME ou TPE, comme l'un de mes amis.
Celui-ci gère une petite PME de 14 salariés, il n'est pas milionnaire mais gagne bien sa vie. Il ne roule pas en Ferrari, ne boit pas de champagne tous les soirs et ne fréquente pas les célébrités. Il fait partie de «
la France qui se lève tôt » et qui se couche tard, aussi, accessoirement. Il essaie depuis cinq ans de donner toujours plus de vie à son entreprise et de la faire évoluer avec des salariés de plus en plus nombreux. Il gagne de l'argent, en fait gagner à l'Etat, et fait vivre quelques familles. Je vous garantie qu'il semble heureux de cet état de fait. Il n'est pas né Forgeard, Tchuruk ou Zacharias. Si sa société fait faillite, il devra en rendre des comptes au tribunal de Paris. Il ne croisera jamais les patrons de EADS, Alcatel ou Vinci dans ce tribunal de Paris. Mais par contre, il est lié à eux à vie : comme eux, pour les médias, et pour la plupart des «
gens », il est ce que l'on appele... un patron.