Gigabyte 9600 GT fanless et overclockée
Stéphane Charpentier | 29/05/2008
Après avoir testé des cartes graphiques overclockées et/ou dotées de systèmes de refroidissement alternatifs, nous abordons le test de la carte graphique Gigabyte GV-NX96T512HP dont la particularité la plus visible est d’être refroidie passivement. Mais elle ne s’arrête pas là car elle propose également des fréquences en hausse par rapport à celles pratiquées sur les 9600 GT « standards ». Voilà qui est plutôt étonnant et antinomique. C’est un peu comme vouloir le beurre et l’argent du beurre. A cause de cela, nous avons du mal à trouver sa cible car habituellement les cartes passives sont recherchées pars les gens voulant le silence avant tout et pas forcément un GPU overclocké. D’autant plus qu’une carte overclockée a tendance à chauffer plus que la carte de référence, ce qui pourrait donc entamer la capacité de la Gigabyte à correctement refroidir passivement le GPU. Nos craintes sont-elles justifiées ? La réponse dans les lignes qui suivent...Présentation de la carte
Cette carte basée sur le GeForce 9600 GT perd le format single slot de la carte de référence, à cause bien évidemment de son système de refroidissement. Gigabyte abandonne l’appellation Silent Pipe au profit d’une désignation fumeuse : Multi-Core Cooling. Ce nom a été adopté en référence aux trois endroits où du cuivre a été utilisé, ce que Gigabyte nomme les nœuds de cuivre. Pour info, messieurs de chez Gigabyte, cuivre ne se traduit pas par Core mais par Copper. Multi-Copper nous aurait en effet semblé moins usurpé comme appellation. Ces 3 « points » de cuivre sont situés au niveau de la base du GPU, au sommet du radiateur et avant la base du GPU. Il s’agit pour ces deux derniers de très petites plaques de cuivre qui ne doivent pas fortement influencer les températures.
Ce système de refroidissement se compose d’une base en cuivre en contact avec le GPU. De cette base partent 4 heatpipes en cuivre. Deux de ces heatpipes se dirigent vers le radiateur surmontant le GPU et traversent des ailettes en aluminium et les fameux nœuds de cuivre. Deux autres caloducs, plats ici, rejoignent le second radiateur qui sort partiellement du boîtier. Ces deux heatpipes ne traversent pas les ailettes en aluminium et se contentent d’être en contact avec le bas du dissipateur en s’aidant d’un couvre-plaque en cuivre. Ce second radiateur a une partie de ses ailettes qui traverse le bracket PCI.
A ce sujet, Gigabyte explique la façon dont ce radiateur dissipe la chaleur. Selon le schéma reproduit sur l'emballage, il rentre de l’air frais par ce radiateur externe. Nous nous demandons comment ce serait possible vu qu’aucun ventilateur ne force l’air à rentrer par là. En ce qui nous concerne, nous voyons plutôt cet endroit comme une évacuation de chaleur plutôt qu’une entrée d’air frais. Mais en capilotractant un peu le concept, ce que dit Gigabyte n’est pas entièrement faux puisque les ailettes sont refroidies à cet endroit par l’air extérieur plus frais que celui régnant au sein du boîtier. Le reste du schéma nous explique que la ventilation de boîtier qu’elle soit frontale, arrière ou latérale va aider à la dissipation de la chaleur. Car ne vous leurrez pas, une carte graphique fanless ne peut décemment fonctionner que si votre boîtier bénéficie d’un minimum de ventilation.
En observant la carte, on remarquera que les faces mémoire ne sont pas recouvertes par un dissipateur, comme c’est quasi le cas de toutes les 9600 GT "différentes" que nous avons récemment testées. Terminons cette partie consacrée au refroidissement de la carte en ajoutant que ce système est très bien fini et pas trop lord vu que la carte ne pèse que 495 grammes contre 465 grammes pour une 9600 GT standard.
Au niveau des entrées/sorties, cette carte Gigabyte fait dans le classique avec 2 sorties DVI et une sortie S-Video. Pas de HDMI donc, même pas dans le bundle. Au niveau de son alimentation la carte utilise un connecteur à 6 broches. En comparant la Gigabyte à une GeForce 9600 GT de référence, on se rend compte que la Gigabyte est plus courte de 3 centimètres, ce qui n’est pas rien. En détaillant les deux PCB, on s’aperçoit rapidement qu’ils n’ont que très peu de choses en commun. Il s’agit donc d’un PCB développé par Gigabyte.
Cette carte est livrée avec le bundle suivant :
- Manuel d’utilisation
- 2 adaptateurs VGA-DVI
- 1 adaptateur alimentation PCI-Express vers 2 Molex
- Boîtier avec sorties Y/U/V et S-Video à connecter sur la sortie S-Video
- CD de pilotes et utilitaires
HUD et overclocking
Comme nous vous l’annoncions en introduction, cette carte est non seulement refroidie passivement mais également overclockée d’usine. Le GPU fonctionne en effet à 720 MHz, la mémoire à 1008 MHz et le shader engine à 1800 MHz. Pour rappel, la 9600 GT de base fonctionne à 650 MHz pour le GPU, 900 MHz pour la mémoire et 1625 MHz pour le shader engine. On a donc droit ici à un overclocking d’un peu plus de 10%, ce qui est honorable, sans plus. Mais Gigabyte a bien fait les choses car ces fréquences ne s’appliquent que lorsque de la puissance 3D est nécessaire. La majorité du temps, votre carte fonctionnera en mode 2D avec des fréquences moins élevées : 450 MHz pour le GPU, 756 MHz pour la mémoire et 1200 MHz pour le shader engine. Dommage qu’il faille des initiatives isolées des partenaires comme Gigabyte pour permettre l’usage de fréquences 2D car pour rappel les cartes de référence utilisent des fréquences 3D en permanence à moins d’utiliser RivaTuner, logiciel tiers.
Ce mode 2D n’est pas inintéressant en termes de consommation puisque nous avons mesuré en 2D une consommation de 140 watts pour l’ensemble de notre configuration (détaillée ci-dessous) et de 210 watts en mode 3D, en charge. Une GeForce 9600 GT de référence consommait moins : 138 watts en idle avec ses fréquences 3D et 198 watts en charge avec les fréquences d’origine. Si la consommation en charge peut se comprendre vu que la Gigabyte a des fréquences overclockées, la consommation en idle nous laisse dubitatif, d’autant plus que la 9600 GT standard a un ventilateur à alimenter. Mais comme nous l’avons dit, la Gigabyte a un PCB qui lui est propre et il est probable que l’étage d’alimentation ait ici un rôle à jouer dans cette consommation. Nous avons par la même occasion pu vérifier que lorsque Gigabyte active les fréquences 2D, la tension délivrée au GPU passe de 1.1 à 1.0 volts. Gigabyte fait donc ce qu’il faut pour baisser la consommation mais cela reste tout de même plus élevé qu’une 9600 GT de référence. A titre de complément d’informations, sachez qu’en idle avec ses fréquences 3D overclockées, la Gigabyte consommait 144 watts, soit un petit gain de 4 watts par rapport aux fréquences 2D.
Gigabyte fournit un logiciel baptisé Gamer HUD qui va permettre de gérer divers paramètres liés à la carte. Premièrement il est possible d’activer ou de désactiver le passage aux fréquences 2D. A noter que la désactivation des fréquences 2D est obligatoire si vous souhaitez overclocker ou downclocker via ce logiciel, seconde fonction de cette application. Dernière fonction et non des moindres, la possibilité de modifier la tension délivrée au GPU. Voilà qui ravira les amateurs d’overclocking mais également les amateurs de Media Center qui voudront minimiser la chaleur dégagée par le GPU. Excellente initiative de Gigabyte donc. En termes d'overclocking, la carte a tenu 800 MHz pour le GPU et 1100 MHz pour la mémoire, ce qui est un bon résultat. Mais en termes de refroidissement, il n'est pas certain que cela soit viable...
Refroidissement : chaud devant
En termes de refroidissement, nous avons effectué les tests dans un boîtier fermé, le Cooler Master Cosmos S avec la configuration suivante :
- Carte mère Asus Blitz Extreme P35/DDR3
- Processeur Intel Core 2 Extreme QX6700 – quad core 2.66 GHz – TDP 130 watts
- 2x1024 Mo de mémoire DDR3-1333 Kingtson
- Carte graphique Sparkle GeForce 8800 GT (single slot)
- Disque dur Samsung 250 Go
- Disque dur Western Digital Raptor 74 go 10.000 rpm
- Lecteur de DVD Samsung
- Ventirad Noctua NH-U9F
- Boîtier Cooler Master Cosmos S
Nous avons effectué nos tests avec 3 configurations de ventilation au sein du boîtier :
- 1x120 mm arrière 1200 rpm
- 1x120 mm avant et 1x120 mm arrière (2x1200 rpm)
- 1x120 mm arrière et 1x200 mm latéral (1200 rpm + 900 rpm)
Avant d’effectuer ces tests, nous avons essayé la carte dans une configuration hors boîtier et sans ventilation. Le GPU était alors à 104°C en charge sous 3DMark06 en 1920x1200 avec tous les détails poussés au maximum. Les puces mémoires mesurées au thermomètre infrarouge sont montées à plus de 100 degrés ! Voyons à présent les résultats dans le Cosmos S :

Avec une ventilation à base de 120 mm avant et arrière ou avec seulement une ventilation arrière, le GPU de la Gigabye a chaud, très chaud même. Avec des températures dépassant les 100°C, on ne peut pas dire que le Multi-Core de Gigabyte garde la carte très au frais. Certes, NVIDIA estime que la température maximum pour ce GPU est de 127°C, il n’empêche que les composants enfermés dans votre boîtier se passeraient bien de ce surcroit de chaleur. En idle, cela reste par contre très raisonnable avec 62 et 49°C, des températures parfaitement acceptables. A noter que lors des tests que nous venons de commenter, le dos des puces mémoires à l’arrière du PCB étaient en surface entre 100 et 108°C. La plaque en contact avec le GPU était entre 94.9 et 98.6 degrés (mesures effectuées avec une sonde thermocouple) tandis que le radiateur arrière était entre 94.1 et 94.8 degrés.
Il n’y a qu’en activant le ventilateur latéral de 200 millimètres que la Gigabyte s’est mise à respirer sans mourir de chaud. Avec 62°C en charge, on atteint une température raisonnable mais dans pas dans le silence vu le vacarme occasionné par le ventilateur latéral inclus dans le Cosmos S. En idle, on descend sous la barre des 40°C, à quelques degrés de la 9600 GT standard. Cette dernière offre bien évidemment de meilleurs résultats de refroidissement sans jamais vraiment être bruyante. Même lors des plus grosses charges, le ventilateur ne fonctionnait qu’à 50% de sa capacité. En 2D, enfermée dans le boîtier, la carte est quasi inaudible avec son ventilateur à 35%.
Conclusion
Non, vous n’avez pas raté le paragraphe dédié aux performances dans les jeux puisqu’il n’y en a pas. Avec son GPU cadencé à 720 MHz et sa mémoire à 1008 MHz, les performances sont en effet situées entre la 9600 GT Gainward et celle de MSI que nous avons toutes deux testées. Comme nous l’avions constaté les performances sont en hausse de près de 10%, ce qui est insuffisant pour accrocher une GeForce 8800 GT.Pour conclure, nous dirions que cette carte Gigabyte n’est pas dénuée d’intérêt mais semble vouloir manger à tous les râteliers. Vouloir proposer une carte à la fois passive et à la fois overclockée n’est peut-être pas la meilleure idée qu’ait eu Gigabyte. Car comme vous le savez, surcadencage rime avec consommation et dégagement de chaleur en hausses et donc système de refroidissement mis davantage à contribution. Nous en voulons pour preuve nos tests effectués dans un boîtier ventilé où seul l’intervention d’un ventilateur latéral de 200 mm s’est avérée salvateur pour la 9600 GT fanless mais au détriment du niveau sonore. Paradoxal. Car cette carte a beau être « fanless », elle a néanmoins besoin de refroidissement au sein du boîtier pour respirer. Certes notre test a utilisé un boîtier où l’alimentation est située en bas et ne participe pas au refroidissement, certes notre test a été effectué en 1920x1200 avec toutes détails poussés au maximum mais il n’en est pas moins révélateur d’une situation réelle que vous pourriez rencontrer. En idle, la situation s’améliore nettement notamment grâce à la réduction des fréquences et de la tension par rapport au mode 3D. Mais comme nous l’avons vu, la carte même à ces fréquences 2D consomme un peu plus qu’une 9600 GT de référence. Peut-être à cause d’un étage d’alimentation taillé pour l’overclocking.
Dommage d’avoir ainsi mélangé les genres pour cette carte à laquelle nous n’avons pas grand-chose à reprocher si ce n’est cette dualité d’orientation et ce problème de chauffe qui en découle. La qualité de fabrication est au rendez-vous, le logiciel HUD est intéressant, le refroidissement est très bon en idle et le prix est plus ou moins contenu avec une disponibilité à partir de 140 euros. Sans l’overclocking, Gigabyte aurait pu la vendre 10 euros de moins, elle aurait moins chauffé et aurait davantage attiré l’attention des amateurs de silence qui n’ont que faire d’une carte overclockée de quelques %... Cette carte passive non overclockée existe chez Gigabyte... mais elle est affublée de 1024 Mo de mémoire qui eux aussi alourdiront la facture. Si vos oreilles peuvent se contenter du très léger souffle d'une 9600 GT standard, vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous souhaitez économiser 30 euros.
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