Aux Etats-Unis, il est possible d’acheter des configurations Shuttle complètes avec écran. Est-ce quelque chose qui va arriver en Europe ?
C’est en effet quelque chose que l’on va avoir à court/ moyen terme car de plus en plus de gens voudraient avoir ce service direct avec nous mais bien évidemment des problèmes sont inhérents à cela. Cela signifie vendre sur une vingtaine de pays, ce qui est plus complexe à mettre en place car en Europe, ces pays ne parlent pas tous la même langue et n’utilisent pas tous la même devise. C’est le même problème qui arrive quand on veut vendre des systèmes complets comme le M1000 (NDLR : le Media Center Shuttle) car il faut les prévoir en 12 langues au niveau des systèmes d’exploitation et des manuels. Par exemple, il faut travailler avec des revendeurs locaux pour que les claviers soient ceux du pays. Les claviers français ne sont pas les mêmes que les claviers belges par exemple. En Angleterre, il faut quelqu’un qui s’occupe du cordon d’alimentation car la prise n’est pas la même, etc.
Dans ce cadre là, envisagez-vous de vendre des systèmes complets dans des grandes chaînes de distribution ? Shuttle ayant un design attrayant, cela pourrait être intéressant, le visuel étant important pour un consommateur.
C’est quelque chose qui nous intéresse beaucoup et bien que Shuttle ne soit pas une petite compagnie, nous ne sommes pas énormes non plus et les conditions imposées par ce genre de chaînes sont souvent très onéreuses, à savoir paiement 60 jours et retour de la marchandise après 6 mois si ce n’est pas vendu. Après 6 mois un Shuttle ne vaut plus son prix d’origine d’il y a 6 mois et donc ce serait difficile à gérer. Donc cela nous intéresse mais nous devrions être encore plus connu pour avoir plus de poids et éviter les conditions de ces grandes chaînes.
Et au niveau médias, attaquez-vous plus le grand public ? Ne ciblez–vous pas trop le web par exemple ?
Le web reste une de nos cibles privilégiées mais récemment on a parlé de nous sur France-Info, dans VSD, chose que nous ne faisions pas par le passé. Mais là les investissements sont plus onéreux. Par exemple, nous sommes passés dans des concours sur France 2 etc. Nous communiquons assez bien dans la presse papier mais le problème en France c’est qu’il y a beaucoup de titres et peu à très grand tirage. En Allemagne, les plus gros titres papier sont quasi dix fois plus gros que les plus gros titres français. Il est donc assez difficile de communiquer dans la presse papier française.
Comment se situe Shuttle en termes de parts de marché par rapport à la concurrence ?
Pour les mini-PC on est à 55% au niveau mondial, ce qui représente environ 700.000 Shuttle vendus annuellement. Quel est le modèle le plus vendu ?
Au mois de mai, cela a été sans réelles surprises les SN25P qui s’est vendu en un mois à 10.000 exemplaires mondialement. Le SB86i (format BTX) se vend assez bien auprès des OEM, à destination des entreprises.
Le SN25P à base de nForce 4 Ultra : un des XPC les plus populaires...
Quel est le barebone se vendant le moins bien ?
Aucune idée car on vend 18 modèles mais il est probable que les modèles se vendant le moins sont ceux embarquant un socket en fin de vie comme le socket A ou 754.
Quel a été le chiffre d’affaires en 2004 ?
Environ 300 millions de dollars mais les perspectives en 2005 sont moins bonnes car Shuttle a arrêté la production de cartes mères standards.
Pourquoi avoir arrêté les cartes mères ?
Parce qu'à moment il faut faire un choix, que la marque Shuttle est assez bien établie et que les cartes mères ne constituent pas un business dans lequel nous voulons évoluer. Nous continuons bien sûr à développer nos propres cartes mères pour nos barebones mais cela s’arrête là. Les cartes mères ne nous apportaient pas assez de visibilité car une fois dans un boîtier on ne voit plus qu’il s’agit d’une carte mère Shuttle.
Que pensez-vous de la concurrence ? Aopen, Soltek ?
Aopen offre de bons produits et constitue probablement notre concurrent le plus sérieux. Par rapport aux concurrents comme Soltek nous essayons de maintenir une avance technologique et je pense que nous proposons une qualité que l’on ne retrouve pas ailleurs.