
Nous aurions pu utiliser d'autres logiciels et en plus grand nombre, des scènes de rendu différentes, d'autres fichiers à compresser, etc. et nous aurions plus que certainement obtenu des résultats absolus très différents. Néanmoins, une chose n'aurait pas changé : la façon dont un processeur sur un système donné gère en une fois ces applications lancées simultanément. Dès lors, les résultats relatifs auraient été résolument identiques. Soyons cependant réalistes, peu de gens s'amusent à lancer un rendu sous 3D Studio Max, à compresser la moitié de leur disque dur tout en se demandant s'ils vont obtenir un bon score à SuperPI lancé dans la foulée. Néanmoins, actuellement aucun jeu ne propose non plus des graphismes dignes de 3DMark2005. Cela n'empêche nullement d'interpréter son score comme valeur pour différencier deux cartes graphiques. Et cela est tout à fait normal, c'est le principe même de ce genre de test, c'est d'accentuer le contraste, de pousser les machines dans leurs derniers retranchements, là où certaines vont avouer leurs limites plus tôt que d'autres et où les différences vont se marquer.
Nous avons voulu rendre à César ce qui appartenait à César en redorant le blason du Pentium 4 qui reste un excellent processeur et qui a encore de beaux jours devant lui. Et ce malgré la concurrence et les revirements du fondeur de Santa Clara quant à sa politique nourrie à grands coups de mégahertz et prônée tout un temps. Nous aurions pu nous attarder sur les bénéfices du SSE3 ou autre, mais l'Hyper-Threading n'a que trop rarement pu bénéficier jusqu'alors du mérite qu'il lui était dû. De plus, cette technologie n'est pas sélective aux applications qui seraient développées spécialement pour elle. Bien que certaines proposent une gestion "Multi-Threads", cette dernière a pour cible première les plateformes multi-processeurs.
Il y a 12 ans, le multitâche n'était qu'une vision de l'esprit, à l'heure où nos chers ordinateurs fonctionnaient sous Ms-DOS. Aujourd'hui, cela fait partie du quotidien de nos PC. Intel n'a donc fait qu'anticiper une tendance en proposant l'Hyper-Threading. Cette tendance se confirme puisqu'à l'heure actuelle, on ne parle plus que de processeurs "multi-core" (voir notre article y consacré). On peut donc percevoir l'HT comme une évolution du "mono-core", qui sera elle-même révolutionnée par le "multi-core".
Nos tests l'ont démontré, l'Hyper-Threading n'a rien de purement marketing, bien au contraire. Si le Pentium 4 se révèle généralement plus lent que l'Athlon 64 dans l'exécution d'une application, il permet néanmoins d'exécuter une seconde application quasiment deux fois plus rapidement que l'Athlon 64 grâce à une simple optimisation d'instructions. Evidemment si l'Athlon 64 était initialement deux fois plus rapide que le Pentium 4, ce dernier même équipé de l'Hyper-Threading n'aurait plus aucun argument valable face à son concurrent. Mais comme on dit, avec des "si'...
Quel est l'avantage de l'Hyper-Threading au quotidien ? Les utilisateurs de Pentium 4 HT pourront vous répondre : un confort d'utilisation sans pareil, une fluidité d'action qui n'est plus entrecoupée de temps morts, même aussi minimes soit-ils, mais perceptibles sur un Athlon ou sur un Pentium 4 non HT. Vous pouvez ouvrir une multitude d'applications, toutes répondent directement sans que le système d'exploitation ne doive gérer cette transition d'une application à l'autre. Vous pouvez lancer une compression de fichiers ainsi qu'une gravure de DVD tout en surfant sur le Net sans avoir l'impression que le PC effectue d'autres tâches en coulisses. Plus fort, vous pouvez jouer à un jeu pendant que votre Anti-virus se lance sans percevoir dans votre jeu des ralentissements trahissant l'occupation du processeur. Certes, le jeu ne s'exécute peut-être pas aussi rapidement que sur un Athlon 64 qui n'aurait pas de contrainte d'arrière plan, mais la vitesse reste régulière coûte que coûte. Nous connaissons certaines personnes qui ont voulu s'imposer de désactiver l'Hyper-Threading pour voir la différence durant une semaine mais au bout d'une journée, ils repassaient dans le bios pour le réactiver...
Ce confort d'utilisation peut être imagé de la façon suivante : un bon break familial qui peut rouler tranquillement sans modifier sa vitesse malgré les dos d'âne alors que la voiture de sport surbaissée est obligée de systématiquement ralentir à l'approche de ceux-ci. Au final, la voiture de sport arrive en premier à destination, mais le confort n'est pas un résultat, c'est une appréciation sur le long terme...
Nous pourrions dire que le Pentium 4 HT est un processeur pantouflard, surtout dans les jeux par rapport à l'Athlon 64, offrant moins de performances mais plus de confort. Malgré tout, il n'a pas à rougir de ses performances qui restent d'un très bon niveau. Au final, nous ne pouvons que rêver au processeur idéal : un Athlon 64 Hyper-Threading...