Les premières GeForce 8800 ont été introduites en novembre 2006 avec les 8800 GTS et GTX. Hormis la 8800 Ultra qui n’est qu’une version overclockée de la GTX et apparue en mai 2007 en prévision des éventuelles bonnes performances de la Radeon HD 2900 XT, aucune autre carte n’est venue prendre la relève du haut de gamme. Et il faudra attendre début 2008 pour que NVIDIA dévoile son G9F qui inaugurera les GeForce 9. Rares ont été les fois où le haut de gamme n’a pas été renouvelé durant une si longue période. C’est un des effets pervers de l’absence de concurrence digne de ce nom de la part d’ATI puisque les dernières cartes ATI, y compris les 3800, ne parviennent pas à rivaliser avec les Ultra et GTX. C’est dommageable car quand on joue aux derniers titres sortis avec une GeForce 8800 GTX, on atteint très souvent les limites de la carte si on veut jouer en haute résolution avec tous les détails activés. Nous pensons à Crysis mais aussi à des jeux comme Colin Mc Rae DiRT, World In Conflict et Need For Speed Pro Street.
Les GeForce 8800 GTS 512 de Zotac et Sparkle...Pourquoi alors attendre pour sortir le successeur du haut de gamme et nous arroser de cartes milieu de gamme d’abord ? On peut voir deux réponses à cette question. La première est d’ordre stratégique. La sortie de récents jeux très lourds graphiquement va entraîner une vague de changements de configurations chez bon nombre de joueurs désireux de pouvoir jouer décemment. Le gros du marché étant représenté par des configurations milieu de gamme, NVIDIA ne pouvait pas laisser ses « onéreuses » mais malgré tout très demandées 8800 GTX et GTS 640 Mo comme seule alternative face à ATI.
Car ATI avec ses dernières cartes offre un bon rapport performances/prix sur le milieu de gamme. Histoire de ne pas laisser les rouges seuls dans cette catégorie des cartes à moins de 250 euros, NVIDIA se devait donc de proposer autre chose que des 8600 GT. La 8800 GT est donc venue à point même si elle souffre de problèmes de disponibilité qui selon NVIDIA sont en train de se résorber. Quoique, en étant mauvaise langue, on pourrait se dire que cette pénurie est organisée et pas si anodine que cela. NVIDIA a peut-être voulu cette pénurie afin de permettre à la 8800 GTS 512 de débouler sur un marché « assoiffé » qui verra d’un bon œil l’arrivée d’une carte encore plus performante pour 50-70 euros en plus. Il ne sera dès lors pas forcément étonnant de voir arriver en très grande quantité la 8800 GTS 512 dès ce 11 décembre et peut-être plus massivement que la 8800 GT.
La 8800 GTS 512 entourée des autres 8800 (sauf l'Ultra)Ceci nous mène à la seconde réponse à notre interrogation initiale. Vu l’absence de concurrence, NVIDIA en profite pour se remplir les poches le plus possible. Les prix des GTS et GTX n’ont quasi pas bougé depuis leur sortie alors que les marges sur ce type de produits sont plutôt élevées. Et la sortie des 8800 GT et GTS s’inscrit dans cette optique. Ces cartes utilisent en effet un GPU labellisé G92 mais dans les faits, il s’agit de ce que l’on peut assimiler à un die-shrink du G80 utilisé par les 8800 GTX et GTS premières du nom. Le G92 est en effet gravé en 65 nanomètres contre 90 nanomètres pour le G80. En outre, en se basant sur une puce existante, NVIDIA ne prend pas trop de risques et prépare le terrain au G9F qui sera appelé à prendre la succession du haut de gamme du fabricant. C’est un peu la même stratégie qu’Intel et ses Penryn qui sont des die-shrink des Conroe avant l’arrivée ultérieure de Nehalem.
Qui dit réduction de la finesse de gravure dit plus de puces par galette de silicium et dès lors une réduction des frais de production. Pourtant ces nouvelles cartes sont loin d’être bradées, NVIDIA comptant bien continuer à s’offrir de larges marges. Des rumeurs courent sur la volonté de NVIDIA de racheter des sociétés dans le futur pour accélérer son développement, d’où l’accumulation de liquidités. Certains vont même jusqu’à spéculer en affirmant que NVIDIA rachèterait AMD dans les deux années à venir, voire avant. Vu la situation financière désastreuse d’AMD, ce cas de figure n’a rien d’improbable. L’intégration au sein du G92 de la puce I/O gérant les sorties vidéos de cartes G80 va également vers cette volonté de réduire les coûts de fabrication. Difficile à ce stade d’en dire plus techniquement parlant sur ce G92, NVIDIA étant plus qu’évasif sur les solutions retenues. Ce que nous savons se limite aux pdf et autres powerpoint disponibles sur les FTP réservés à la presse.
Ce que l’on sait, c’est que la 8800 GTS 512 est à la norme PCI-Express 2.0 comme la 8800 GT et comme cette dernière, intègre le VP2, la deuxième génération de moteur vidéo capable de prendre en charge à 100% des codecs comme le H.264. En termes de « stream processors ou « processeurs scalaires », la 8800 GT en propose 112 tandis que la 8800 GTS en affiche 128, comme sur les GeForce 8800 GTX et Ultra, la précédente génération de GTS s’en contentant de 96. Du côté des ROP’s, le G92 en dispose de 16 contre 24 pour le haut de gamme G80. Enfin du côté de la mémoire, les 384 bits du G80 haut de gamme font place ici à du 256 bits exclusivement. Pour rappel, les premières 8800 GTS disposaient d’un bus 320 bits. En termes de fréquence, la GTS 512 dispose d’un core cadencé à 650 MHz, d’un shader core à 1625 MHz et de 512 Mo de GDDR3 cadencées à 970 MHz. Pour rappel, la 8800 GT fonctionne avec un core à 600 MHz, un shader core à 1500 MHz et de la mémoire fonctionnant à 900 MHz. En résumé, voici les spécifications de cette nouvelle carte par rapport aux autres membres de la famille 8800 :
