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Stéphane Charpentier | 29/10/2007
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45 nm : apports en pratique ?

Apports en pratique



Toute cette théorie est passionnante, mais vous vous demandez très certainement ce que cela va apporter en pratique aux prochaines générations de processeurs. Intel y répond en partie en annonçant quelques chiffres :

penryn

Intel compare ici la technologie 65 nanomètres à son nouveau procédé en 45 nm. Premier effet : la possibilité de doubler la densité de transistors. Comme ils sont plus petits, on peut en placer plus. C’est le principe de toutes les réductions et il n’y a rien de particulier de ce côté. Ce sont surtout les deux derniers chiffres qui nous intéressent. Nous avons vu dans notre précédent article qu’en changeant les matériaux de la porte et des isolants, Intel a réussi à réduire par un facteur de cinq les fuites au niveau du channel, la partie semi-conductrice qui relie la source et le drain. C’est assez intéressant, mais Intel indique qu’en lieu et place de cette réduction, on peut se servir de la marge gagnée en augmentant la rapidité du transistor de 20%.

Vous vous doutez aisément que sur 300 millions de transistors, tous ne servent pas à la même chose. Certains vont occuper des tâches critiques comme les unités de calculs, d’autres serviront à des tâches pour lesquelles la rapidité n’est pas forcément obligatoire. La nouvelle marge de manœuvre leur permet d’optimiser le « profil » des transistors selon la place (et le rôle) qu’ils occupent dans la puce.

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High-K et Metal Gate : quels bénéfices en pratique ?

L’autre réduction, la plus importante, se situe au niveau des fuites, au niveau de la porte. Si l’on était taquin, on vous rappellerait que lors de sa présentation de la technologie en 2003, Intel espérait une réduction par un facteur de 100. Dans la pratique, on est plus proche de 10 pour la formule qu’ils ont retenu. Echec ? Pas vraiment, vous l’avez compris, tous les paramètres sont interdépendants et lorsque l’on veut gagner d’un côté (améliorer la rapidité des transistors par exemple) on perd de l’autre. Reste que globalement, ces chiffres restent très élevés et montrent qu’il est encore possible de faire évoluer les technologies de semi-conducteurs. Car ne nous y trompons pas, depuis quelques temps, les problèmes techniques commencent à s’accumuler. On le voit d’ailleurs dans la montée en fréquences qui n’a pas été fantastique ces dernières années. Tout gain est donc bon à prendre dans ces circonstances.

Impact sur le Penryn



Intel souhaitait rester dans des enveloppes thermiques similaires à ce que l’on trouve avec les Core 2 Duo 65nm. C'est-à-dire 65 à 95 Watts pour les versions « desktop » (dual et quad core), 135 watts pour les versions Quad Core Extreme, 35 pour les portables et de 65 à 80 pour les serveurs. Reste que si les enveloppes thermiques sont similaires, cela ne nous dit pas ce qu’ils comptent faire des gains que leur apporte leur nouveau procédé de fabrication ? A priori, le premier effet visible et immédiat que nous ayons constaté avec le QX9650 est une réduction drastique de la consommation, de près de 40% selon les scénarios !

Autre effet auquel on pourrait s’attendre : la reprise de la course au MHz. Si le Core 2 Duo « Conroe » avait pris le contrepied de cette course en choisissant une architecture plus raisonnable avec un gros travail sur des choses comme les prefetchers (la partie de la puce qui s’occupe de rapatrier à l’avance les données mémoire dont le processeur aura besoin), il semble que Penryn et Nehalem pourraient monter plus haut, ce que confirment les overclockings importants déjà obtenus avec ce QX9650 que ce soit par nous ou des overclockers de tous poils. Un QX9770 fonctionnant à 3.2 GHz est d’ailleurs d’ores et déjà prévu. Cette montée en fréquence pourrait être là aussi un effet bénéfique de toutes les améliorations au niveau des fuites.

penryn
La première photo d'un "die" de Penryn que nous avons pu voir. La partie hachurée a
gauche représente la mémoire cache

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