Le passage à une nouvelle finesse de gravure est toujours une opération délicate. On se souvient du passage au 90 nanomètres qui fut plutôt catastrophique pour Intel, non seulement à cause de cette transition en elle-même mais également à cause de choix qui ne s’avérèrent pas payants en termes de performances. Plus proche de nous, il est difficile de dire qu'AMD vive bien la transition vers le 65 nanomètres. Les Athlon 64 X2 que nous avons testés fin 2006 (
voir notre test) ont en effet montré une baisse des performances par rapport à leurs homologues 90 nanomètres alors que les processeurs bénéficiant d'une finesse de gravure en 65 nanomètres ne sont que des die-shrink des 90 nanomètres.
Plus étonnant encore, le haut de gamme AMD sorti depuis lors, les 6000+ et 6400+, sont des processeurs gravés en 90 nanomètres. La seule avancée réalisée avec la finesse de gravure en 65 nanomètres pour AMD est la réduction de la consommation avec des TDP plus bas qu’en 90 nanomètres, 45W contre 65. Pour clore sur ce chapitre, rappelons que du côté des cartes graphiques, ATI et NVIDIA ne furent pas non plus toujours satisfaits de certains passages à des finesses de gravure plus basses. Autant dire donc que la transition vers le 45 nanomètres n’est pas une opération anodine exempte de tous risques, surtout après la belle réussite des Core 2 Duo ayant succédé aux malheureux Pentium D.
Un waffer de PenrynIntel a en effet prouvé avec le 65 nanomètres qu’il maîtrisait son sujet en termes de procédés de fabrication vu les yields élevés obtenus alors que cette finesse de gravure n’était pas simple à maîtriser. Avec le 45 nanomètres, Intel a clairement déjà réussi son pari comme vous le découvrirez dans ce dossier consacré au Core 2 Extreme QX9650. Jugez plutôt : performances en hausse, consommation en baisse et potentiel d’overclocking impressionnant. Nous serions presque tentés de dire que c’est du jamais vu dans le monde des processeurs car il nous est difficile de nous souvenir que le passage à une gravure plus fine se soit effectué non seulement sans heurts mais avec une telle baisse de la consommation.
Certains pinailleront en affirmant, à raison, que lors de l’IDF en Chine, le premier Penryn annoncé devait fonctionner à 3.33 GHz alors que le QX9650 ne fonctionne « qu’à » 3 GHz. Mais Intel nous avait déjà fait le coup avec le X6800 lancé à 2.93 GHz alors que tout le monde s’attendait à 3.2 GHz. Comment expliquer ce recul ? Cela pourrait éventuellement venir d’un problème de production, ce dont nous doutons vu la capacité d’overclocking des Penryn actuellement en circulation. Il est plus vraisemblable qu’Intel préfère lancer d’abord un 3 GHz rapidement histoire de se prémunir contre un sursaut d’AMD avec le Phenom qui sera lancé le 19 novembre avant d’éventuellement enfoncer le clou avec le QX9770 et ses 3.2 GHz début janvier.