Un Core 2 Duo E6850 performant (et pas cher ?)

Quels enseignements tirer de ce « triple » test du Core 2 Duo E6850, du chipset P35 et de la DDR3 ? Concernant le processeur Core 2 Duo E6850, nous serions tentés de dire qu’Intel continue d’impressionner par son aisance. L’architecture core est bien née et Intel aurait d’ailleurs tort de s’en priver. Au risque de nous faire traiter de pro-Intel, on serait même presque tenté de dire que le fondeur a quelque peu le pied sur la pédale de frein pour ne pas perdre de vue le petit point vert dans son rétroviseur. Il faut cependant objectivement reconnaître une chose, c’est qu’AMD est peu prolifique en ce moment dans le domaine des processeurs. En effet, seul le 6000+ a pointé le bout de son nez en 2007 au prix d’un TDP élevé alors qu’Intel a déjà lancé les Core 2 Duo E4300, E4400, E6420, E6320 et le Core 2 Quad 6600. Sous peu, Intel lancera des Core 2 Duo E2xxx dotés de 1 Mo de cache L2 et affichés à des prix très bas. En juillet, les premières démonstrations du Penryn auront lieu pour la presse, avant son lancement en septembre/octobre. Le 22 juillet, Intel lancera quatre nouveaux processeurs inaugurant un nouveau FSB, le 1333 MHz quad pumped. Du côté d’AMD, il faudra attendre septembre voire la fin de l’année pour voir arriver le Phenom en face duquel Intel aura placé le Penryn, premier processeur gravé en 45 nanomètres. Le successeur Nehalem attendra de son côté le début 2008 pour éclore sur le marché.
En attendant de voir si AMD aura enfin du répondant face à Intel, force est de constater qu’Intel maîtrise parfaitement son process de fabrication. En effet, le E6850 est le premier processeur Core 2 à atteindre la barre des 3 GHz mais surtout tout en conservant une enveloppe thermique faible vu les mesures de consommation que nous avons effectuées. Cerise sur le gâteau, les rumeurs font état d’un prix de seulement 266 dollars pour ce processeur plus performant que le Core 2 Extreme X6800. Ce dernier ne garde comme avantage que son coefficient multiplicateur libre en montée. Bref, les processeurs FSB 1333 avec pareils prix, s’ils se confirment, vont encore plus mettre à mal le ratio performances/prix des Athlon 64 X2.
Intel P35 : quoi de neuf ?
Concernant le chipset P35, on serait tenté de dire qu’il arrive un peu tôt étant donné que le P965 n’a pas encore soufflé sa première bougie. Cependant, ce chipset ayant été quelque peu entaché de quelques bugs à son lancement, ce qui fut d’ailleurs à l’origine de son retard, on peut comprendre qu’Intel ne tarde pas à lancer son successeur. Mais surtout, ce P35 prépare le terrain pour les processeurs FSB 1333 et surtout pour le Penryn. En termes de performances, le P35 fait jeu égal avec le P965 tandis que ses capacités d’overclocking restent identiques, voire meilleures selon divers témoignages d’overclockers ayant déjà pu le pousser à près de 600 MHz de FSB. Pour les fonctionnalités, on notera le support de davantage de ports USB, 12 contre 10 pour le P965, et le support optionnel de la technologie Robson (ICH9R) permettant l’utilisation de mémoire flash pour accélérer les temps de traitement des données. Bref, si ce n’est pas une absolue nécessité pour vous, ne vous ruez pas sur ce chipset. Si vous êtes gamer ou overclocker, attendez plutôt le X38 annoncé pour septembre. Il supportera en effet la norme PCI-Express 2.0, entre autres.
La DDR3 : comme la DDR2...

Mais bien évidemment la principale nouveauté de ce chipset est le support de la nouvelle génération de DDR, la DDR3. Son objectif est identique à celui de la DDR2, à savoir augmenter la bande passante et réduire la consommation. La tension standard passe en effet de 1.8 à 1.5 volts. Du côté de la bande passante, on passe à une fréquence de bus quatre fois plus élevée que la fréquence interne des puces. Dès lors, pour une même fréquence interne, la bande passante est théoriquement doublée. La DDR2-800 a une fréquence interne de 200 Mhz, tout comme la DDR3-1600 mais cette dernière offre 12.8 Go/s de bande passante contre 6.4 pour la DDR2-800 grâce à sa fréquence de bus doublée. En pratique, on retrouve une situation identique à celle de 2004 lorsque la DDR2 fut lancée. En effet, l’augmentation de la bande passante se paie en termes de latence et les premiers modules de DDR3 le confirment avec des CAS7, 8 ou 9. Les premiers prix évoqués sont également élevés, Asus prévoyant par exemple de lancer un bundle P5K3 Deluxe WiFi/AP et 2 Go de DDR3-1333 à un prix oscillant entre 600 et 700 euros TTC.
En termes de performances, la DDR3 a un niveau proche de la DDR2 à fréquence égale, cette dernière tirant cependant parti de ses meilleurs timings pour souvent se positionner devant. Il faut en effet aller chercher la DDR3-1333 avec de bons timings pour venir supplanter la DDR2-1066. Et il faudra attendre que la DDR3 s’installe avec des kits DDR3-1333 se démocratisant et ultérieurement les kits DDR3-1600 pour noter des gains de performance comme rétrospectivement, on constate que la DDR1-400 est largement distancée par la DDR2-800…