Crossfire logiciel : performances

Guillaume Louel | 16/11/2006
ImageComme d'habitude, ATI nous propose la version mensuelle de ses pilotes graphiques. Les Catalyst 6.11 (Novembre 2006) sont disponibles depuis hier à la fois en version Windows et Linux. Aur rang des éléments notables, on signalera des gains de performances dans Call of Duty 2 en mode CrossFire logiciel. Quelques correctifs également à noter : le CrossFire fonctionne désormais correctement sous Tomb Raider Legend (il était temps), et l’on voit disparaitre des bugs d’affichage dans Rome : Total War, Rush For Berlin et Uber Soldier. Une longue série de bugs plus généraux a également été corrigée, vous pourrez en trouver la liste complète ici (cliquez sur release notes).

Catalyst 6.11 : Crossfire logiciel sur le haut de gamme



La véritable nouveauté de ces Catalyst 6.11 tient dans l’arrivée du CrossFire «logiciel» pour les modèles haut de gamme d’ATI, à savoir les X1900 XT et XTX et les X1950 XTX. Pour rappel, ces cartes ne pouvaient jusque là profiter de la technologie multi-cartes qu’en passant par l’utilisation d’une carte «maître» (les modèles «CrossFire Edition») et d’un câble spécifique.

CrossFire en mode logiciel activé dans le CCC
La version logicielle de CrossFire s'active au même endroit que la version matérielle.

Le mode CrossFire logiciel n’est pas nouveau puisqu’on l’avait déjà vu sur les X1600 et depuis peu (juin dernier) sur les X1900 GT. Il s’agit d’utiliser les capacités de communication «peer to peer» entre les deux ports PCI Express d’une carte mère, aussi bien pour faire transiter les informations de synchronisation que le transfert des images en elles-mêmes. De facto, on se retrouve limité aux cartes mères dont les chipsets sont certifiés CrossFire (i975X et P965 «haut de gamme» chez Intel, ainsi que les AMD 580X et 480X anciennement connus sous les dénominations Xpress 3200 et Xpress 1600).

Mélange de cartes permis !



Première surprise, ATI dit autoriser les mélanges de cartes. En effet, pas besoin d’avoir deux cartes identiques pour profiter d’une accélération, ce qui est une première. Toutes les cartes n’ont cependant pas forcément droit de «jouer» au CrossFire logiciel puisque les X1950 Pro sont exclues, ainsi que les X1900 XT CrossFire Edition et les X1950 XTX CrossFire Edition. Point commun de toutes ces cartes ? Elles disposent toutes d’un «compositing engine», une puce aidant à la recomposition des images dans les solutions CrossFire matérielles (avec un câble externe pour les X1900 XT et les X1950 XT, ou bien un connecteur interne comme avec les X1950 Pro). Dès qu’une carte disposant d’un «compositing engine» est insérée, le Catalyst Control Center bascule automatiquement en mode matériel et demande donc les connectiques requises avant de pouvoir fonctionner. Avec un peu d’huile de coude dans ses pilotes, ATI pourrait probablement lever ces restrictions.

Afin de tester ces solutions, nous avons décidé de faire un mélange audacieux, à savoir une X1950 XTX équipée de 512 Mo de RAM avec une X1900 XT pourvue de seulement 256 Mo de mémoire graphique. Le tout sur un chipset i975X (carte mère Asus P5W64 WS Pro, processeur Intel Core 2 Duo X6800).

Bien entendu, cette configuration est extrême tant les cartes sont disparates en terme de fréquence et de mémoire. Des cartes plus proches permettraient d’obtenir des scores plus flatteurs. Les résultats que nous avons relevés ne manquent cependant pas d’intérêt. Avant d’aller plus loin, il convient également de dire que nous ne prétendons pas faire le tour complet du fonctionnement interne du CrossFire dans sa version logicielle. Il repose sur une série d’optimisations qui dépassent amplement le cadre de ce Matbe Express que nous vous avons concocté durant la nuit.

Quelques résultats...



Résultats sous 3D Mark 2005, Filtrage Anisotrope 16x activé (mode High Quality)

Résultats sous 3D Mark, CrossFire logiciel

Notre mariage de cartes vidéo s’en tire extrêmement bien avec des gains très élevés, de 56 à 69 % par rapport à notre carte la plus faible, la X1900 XT 256. Même comparés à notre haut de gamme (la X1950 XT équipée de 512 Mo de RAM), les gains restent respectables, compris entre 41 et 52 %. Notez également une certaine constance en fonction des résolutions et de l’utilisation ou non de l’anti-aliasing. Pas de doute, cette partie du pilote est amplement optimisée. Passons maintenant aux tests de jeux.

Résultats en 1280 par 1024, sans anti-aliasing, filtrage anisotrope 16x activé (mode High Quality)

Résultats dans les jeux (1280, NoAA), CrossFire Logiciel

(MAJ) Nous évoquions plus tôt que CrossFire ne s’activait pas sous Need For Speed : Carbon. Nous pouvons le confirmer puisqu’en forçant manuellement le mode AFR, le mode CrossFire s’enclenche.

Autre constante que vous retrouverez au long de ces graphiques : même dans les cas les moins favorables, le couple de carte fait quasiment aussi bien qu’une X1950 XTX seule. Si cela peut sembler naturel, sur le plan technique cela était tout sauf évident.

Pour le reste, Doom III ne profite aucunement dans cette résolution du CrossFire. Peut être est-ce du au nombre d’image par seconde déjà assez élevé ? Sachant que toutes les images calculées sur la seconde carte doivent être transférées par le bus PCI Express, ce n’est pas impossible. Les gains sont plus que corrects pour Oblivion en mode HDR et Need For Speed : Carbon s'adjuge un bon 50% de gains.

Résultats en 1280 par 1024, anti-aliasing 4x, filtrage anisotrope 16x activé (mode High Quality)

Résultats dans les jeux (1280, AA4x), CrossFire Logiciel

Tableau moins flatteur une fois l’anti-aliasing activé. Fear qui profitait pourtant d’un petit gain sans anti-aliasing reste en retrait. Il est probable que la bande passante entre les cartes nous pose un problème de synchronisation, sans oublier la différence de mémoire (256 Mo de moins sur la X1900). On reste tout de même dans des scores assez proches d’une X1950 XTX. Need For Speed continue à proposer des gains solides, 55%.

Résultats en 1920 par 1200, sans anti-aliasing, filtrage anisotrope 16x activé (mode High Quality)

Résultats dans les jeux (1920, NoAA), CrossFire Logiciel

Malgré la résolution assez élevée, Oblivion et FEAR arrivent à tirer des gains de performance intéressants : respectivement 138 et 43% de gains par rapport à notre carte la plus faible (56% pour NFS). Le cas Doom III nous laisse cependant perplexe.

Résultats en 1920 par 1200, anti-aliasing 4x, filtrage anisotrope 16x activé (mode High Quality)

Résultats dans les jeux (1920, AA4x), CrossFire Logiciel

Une fois l’anti-aliasing activé, nous nous retrouvons dans une situation similaire à ce que nous obtenions en 1280 par 1024. FEAR stagne et Doom III propose un résultat qui nous laisse une fois de plus songeurs. Nous nous permettrons une hypothèse : le fait que les deux cartes doivent probablement s’aligner sur la quantité de mémoire la plus basse pourrait expliquer la différence entre le haut de gamme équipé de 512 Mo et les deux cartes en mode CrossFire. +59% pour l'imperturbable Need For Speed.

Pour conclure...



Alors, que conclure de ces courtes heures de test du mode CrossFire logiciel ? La première bonne surprise vient du fait que l’on peut bel et bien mixer des cartes très différentes. Si d’un point de vue architectures, la X1900 XT et la X1950 XTX sont très proches, leurs fréquences respectives les éloignent. La X1950 XTX dispose d’une bande passante 38% supérieure à sa petite sœur. Le fait qu’elle embarque le double de mémoire joue bien évidemment un rôle important, particulièrement, nous le pensons, pour Doom III et pour FEAR lorsque l’anti-aliasing est activé. Toujours est-il que malgré ces disparités extrêmes, le CrossFire purement logiciel s’en tire de manière assez convenable.

Développé à la base pour les solutions d’entrée de gamme, ATI s’est enfin décidé, comme cela avait été promis, d'ouvrir cette technologie à leurs cartes haut de gamme. Les limitations d’une communication qui s’effectue uniquement par le bus PCI-Express se ressentent, bien entendu, mais la solution a le mérite d’être originale. Avec, au risque de se répéter, la possibilité d’appairer des cartes différentes, un véritable plus. Alors non, la version logicielle de CrossFire ne fera pas trembler les solutions matérielles telles que le SLI ou le CrossFire «hard». Dans des conditions optimales, à savoir des cartes qui disposeraient d’une même quantité de mémoire, les performances ne seront cependant pas inintéressantes. Une alternative de plus en quelque sorte et même si elle ne réalise pas de miracles, nous serions bien délicats de faire la fine bouche.

Accéder au téléchargement des Catalyst 6.11 (Windows)
Accéder au téléchargement des Catalyst 6.11 (Linux)
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