
Bien que sur le marché des cartes mères pour processeurs Intel, NVIDIA ne détienne qu’une très faible part (entre 5 à 10% selon certaines estimations), la firme au caméléon ne peut stratégiquement pas négliger les plateformes du géant de Santa Clara. D’autant plus que maintenant qu’ATI a été racheté par AMD, l’avenir des chipsets NVIDIA pour plateformes AMD n’est pas à 100% certain même si pour l’heure AMD a affirmé vouloir continuer à travailler avec NVIDIA. Le père du nForce l’a compris et a lancé son premier chipset Intel Edition en 2005 et proposait par la même occasion la première plateforme SLI pour processeurs Intel. Le problème c’est que les Pentium de l’époque ne constituaient pas les processeurs idéaux pour les jeux. Depuis lors, la donne a changé et les Core 2 Duo ont bel et bien supplanté les Athlon 64 en termes de performances, y compris dans les jeux. On attendait dès lors beaucoup des chipsets nForce 5 annoncés en juin dernier. Mais depuis, ce nForce 5 Intel Edition a été maintes fois reportés pour des problèmes de limitation en overclocking. NVIDIA a donc décidé de laisser tomber le nForce 5 et les quelques rares cartes mises en vente à l’heure actuelle vont rapidement disparaître du marché pour laisser la place au nForce 6 !
Ce nForce 6 dont le but est clairement de remédier aux problèmes de montée en fréquence du nForce 5 se décline en 3 versions : le 680i SLI, le 650i SLI et le 650i Ultra. Le 680i SLI est un chipset full option proposant deux PCI-Express X16 câblés en 16X. Un troisième port PCI-Express X16 câblé en 8X est disponible pour une éventuelle carte dédiée aux calculs physiques. Les 650i sont quant à eux très similaires et ne diffèrent que par la possibilité du 650i SLI de gérer deux cartes graphiques en SLI (2x8). Pour le reste ils sont identiques et offrent un petit plus par rapport au 680i SLI : deux ports P-ATA contre un seul pour le 680i SLI qui en contrepartie n’offre pas quatre ports S-ATA mais 6. En réalité ces nForce 6 n’apportent rien de bien nouveau par rapport au nForce 5, ils en reprennent même les fonctionnalités une à une sans exception.
En matière d’overclocking, la carte eVGA NF68 fournie pour ce test propose un bios ultra complet et très facile à utiliser. Les réglages sont très fins et il y a vraiment moyen de trouver son bonheur. En gros rien ne manque tandis que les tensions peuvent être réglées à des valeurs élevées bien que nous aurions aimé une tension plus élevée pour la mémoire. Mais comme le nForce 6 permet de très bien désynchroniser la mémoire du FSB, ce n’est pas une nécessité absolue. Ce très bon bios est suivi dans les faits d’une excellente propension à l’overclocking. En effet, nous avons atteint des valeurs de FSB très élevées et au final il semble que ce soit plus nos processeurs de test qui nous ait bloqué dans notre montée en FSB. La carte nForce 6 a été du même niveau qu’une des reines actuelles de l’overclocking pour les Core 2 Duo : l’Asus P5B Deluxe. En outre, tout comme sur cette dernière, l’overclocking s’est fait avec une facilité déconcertante, presque sans forcer serions-nous tenté de dire. Reste à voir ce que vaudront les cartes basées sur les nForce 650i, ce que nous ferons dès qu’elles seront disponibles.

NVIDIA a enfin sa plateforme pour Core 2 Duo et tenant la route en matière d’overclocking. Reste un problème de taille pour la firme au caméléon : changer les habitudes des consommateurs qui ont tendance à utiliser l’équation suivante : processeur Intel = chipset Intel. Il est vrai que les chipsets Intel ont la réputation, justifiée, d’être stables, complets et ce qui ne gâche rien, ils montent bien en overclocking comme le récent P965. En outre en matière de prix, on ne peut pas dire que NVIDIA fasse dans la dentelle : 250 à 300 euros pour les cartes 680i SLI, 150 à 200 euros pour les cartes 650i SLI et de 100 à 150 euros pour les cartes 650i Ultra. Autant dire que pour de pareils tarifs, il est difficile d’opter pour un nForce 6 qui n’apporte rien de plus en termes de performance et qui n’a que pour seul atout le support du SLI… Mais même ça peut devenir un argument très léger car l’utilisation d’une GeForce 7950 GX2 sur un chipset Intel revient en pratique à utiliser un SLI même si les drivers de NVIDIA appellent cela du multi-GPU. En résumé, on ne peut que saluer NVIDIA de proposer un chipset permettant de lutter à armes égales face à Intel mais la bataille sera très rude pour la firme au caméléon…