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Intel D975XBX2 : la Bad Axe en version II

Stéphane Charpentier | 26/10/2006
Intel D975XBX2S’il est une carte mère qui a défrayé la chronique lors de longue période d’attente avant la sortie officielle des Core 2 Duo, c’est bien la D975XBX d’Intel himself, surnommée Bad Axe. Il s’agissait en effet de la première carte mère compatible avec les Core 2 Duo, du moins à partir de certaines révisions de PCB et pour autant que le bios adéquat avait été flashé. C’est ainsi que de nombreux overclockers ayant pu se procurer des Core 2 Duo ES avant l’heure ont fourbi leurs armes sur cette carte. En effet, pour une fois, une carte mère Intel offrait quelques capacités d’overclocking et proposait un bios on ne peut plus complet. Elle est par ailleurs en vente dans le commerce, ce qui est également plutôt rare pour une carte Intel. On la trouve cependant à un prix extrêmement élevé de 225 euros en France et un peu plus de 200 euros en Allemagne. Des versions bulk sont également disponibles (sans bundle) sous les 200 euros, toujours outre Rhin.

Avec le lancement imminent du Kentsfield, à savoir la version à quatre cœurs de l’architecture Core, Intel sort une nouvelle révision de sa carte haut de gamme et l’a baptisée tout simplement D975XBX2, soit la Bad Axe 2. Comme son nom l’indique, elle est architecturée autour du chipset Intel 975X et est compatible avec les Core 2 Duo et les Core 2 Quad. Etant donné que nous avons pu nous procurer un exemplaire de pré-production, nous n’avons pas résisté au plaisir de vous proposer un test de la «bête».

Spécifications



Les spécifications de la Bad Axe II sont largement documentées dans un document qui nous a été fourni par Intel mais il faut savoir que cette carte mère pourra avoir des spécifications variables. En effet certaines fonctions sont optionnelles pour permettre aux OEM de choisir ce qu’ils souhaitent voir apparaître sur la Bad Axe II. Voici les éléments qui pourraient différer d’une version à l’autre :

  • audio 6 ou 8 canaux
  • 4 ou 8 ports S-ATA
  • connecteur CD Audio In
  • 4 ou 5 connecteurs pour ventilateurs
  • connecteur auxiliaire d’alimentation
  • header pour une diode d’activité SCSI

La version commerciale de la Bad Axe II devrait comporter certaines de ces options comme c’est le cas de la Bad Axe première du nom. En effet la version commerciale de la D975XBX proposait 8 ports S-ATA et l’audio 8 canaux. Les autres options sont peu importantes et qu’elles soient présentes ou non importe finalement peu. La version en notre possession proposait 8 ports S-ATA et l’audio sur 8 canaux mais était dépourvu des autres options, hormis le connecteur auxiliaire d’alimentation Molex. Quoiqu’il en soit, voici les spécifications de cette carte :

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Cette Bad Axe II ne change pas fondamentalement par rapport à la première Bad Axe. On retrouve dès lors le chipset i975X combiné à l’ICH7-R tandis que la version retail devrait utiliser l’ICH7-DH comme notre exemplaire afin de supporter l’Intel Quick Resume Technology et de pouvoir se voir apposer le label ViiV ready. Pour rappel l’ICH7-DH est identique à l’ICH7-R en tous points et seule cette fonction de Quick Resume les différencie.

Cette D975XBX2 propose 8 ports S-ATA dont quatre sont gérés par le southbridge qui supportent le RAID 0/1/5 et l’Intel Matrix Storage. Une puce additionnelle Marvell 88SE6145 se charge de fournir 4 ports S-ATA 3Go/s supplémentaires supportant les modes RAID 0 et 1. Cette carte a également la particularité de proposer 3 ports PCI-Express X16. Le premier est câblé en 16X, le second en 8X et le troisième en 4X. Cette carte supporte le Crossfire en 8x + 8x sur les deux premiers ports. Le troisième port pourra servir pour une carte graphique additionnelle pour les personnes souhaitant faire du multi-écrans. Les ports restants sont deux ports PCI et on pourrait alors se dire qu’il n’y a pas de port PCI-Express X1 et X4. En réalité si car les deux ports PCI-Express X16 supplémentaires peuvent accueillir des cartes filles PCI-Express X1 et X4.

L’audio 8 canaux est confiée à une puce Sigmatel tandis que le Gigabit LAN est géré par une puce Intel. Le Firewire est de son côté géré par une puce Texas Instruments. On retrouve à ce titre un port Firewire au niveau des entrées/sorties tandis qu’un header additionnel permettra d’avoir par exemple du Firewire en façade. Pour rester au niveau des entrées/sorties, on a droit à 4 ports USB 2.0 (4 supplémentaires disponibles via deux headers), deux ports PS/2, un port série, un port parallèle , un port Gigabit LAN et les entrées/sorties audio dont une digitale coaxiale et une digitale optique.

Au niveau de la mémoire, cette carte propose 4 slots DDR2 supportant des modules de 2 Go jusqu’à la DDR2-800. Elle accepte aussi bien les modules ECC que non-ECC. Au final, cette Bad Axe II est une carte très complète sur laquelle rien ne manque. Pour rappel, notre carte était une carte de pré-production et sur la carte finale, un des quatre ports S-ATA de la puce Marvell sera un port e-Sata. Pour le reste, la version finale ne sera pas très différente.

Par rapport à la Bad Axe 1, les différences sont donc minimes. La partie audio a été upgradée, la DDR2-800 est désormais officiellement supportée et la puce contrôlant les 4 ports S-ATA additionnels passe d’une Silicon à une Marvell. Autre différence : le support officiel du Kentsfield bien que la Bad Axe I dans ses dernières révisions le supporte également en le reconnaissant comme un Xeon. Nouveauté également : le Bios recovery après un overclocking raté. En effet, fini le clear CMOS dans ces cas-là puisque le jumper a disparu et est remplacé par un jumper permettant de démarrer la carte tout en conservant les paramètres trop présomptueux. Il reste alors à réviser à la baisse ses prétentions, sauver le bios, couper le PC et remettre le jumper dans sa position initiale. Pratique car les autres paramètres ne sont plus perdus comme c’est habituellement le cas lors d’un Clear CMOS classique.

A noter encore que la Bad Axe 2 supporte désormais l’EPP pour la mémoire introduit par NVIDIA et son Nforce 5. Pour rappel, il s’agit de profils de performance programmés dans les barrettes mémoire. Quelques détails cosmétiques font également leur apparition comme le bouton poussoir pour la mise en route mais il faudra voir si la version commerciale le proposera. Quoiqu’il en soit, si cette carte vous intéresse, vous n’aurez plus le choix très longtemps, la Bad Axe 2 devant être la seule à rester dans le commerce.

Layout : presque le sans-faute


Pour une carte Intel, la sobriété a été quelque peu rangée dans un placard pour la Bad Axe. En effet, le PCB noir combiné aux radiateurs de mosfets en forme de flammes bleues donne l’impression d’avoir affaire à une carte pour overclockers. Ces radiateurs de mosfets sont relativement hauts et comme souvent, les plus gros ventirads du marché pourraient avoir un peu de mal à passer. Autour du socket en lui-même, les condensateurs sont de type solides et de taille réduite, fort heureusement. L’espace entre le socket et les slots DDR2 est suffisant, ce qui n’est pas le cas de l’espace disponible entre la carte graphique et les slots. Pour actionner les loquets proches du premier port PCI-Express X16, il faudra retirer la carte 3D si cette dernière est un modèle long.

Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2
Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2
Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2

Les connecteurs d’alimentation sont idéalement placés puisque que pas trop éloignés l’un de l’autre et placé au sommet de la carte. Le port floppy et le port P-ATA sont également très bien placés, pile en face des baies accueillant ces périphériques dans un boîtier classique. Les deux premiers ports S-ATA sont correctement positionnés mais le deux autres gérés par l’ICH7 sont pile dans le prolongement du troisième port PCI-Express X16. Ceux qui voudraient y installer une troisième carte graphique longue condamneront dès lors un port S-ATA. Le quatre ports géré par la puce Marvell sont eux par contre bien placés et leur utilisation ne devrait pas être gênante.

Les headers USB et Firewire additionnels sont regroupés dans le bas de la carte, près des ports S-ATA. Il s’agit d’un emplacement idéal car proche de l’avant du boîtier et qui ne posera pas de problèmes pour l’usage d’une équerre PCI avec des ports additionnels. On peut par contre critiquer l’emplacement du header de la connectique audio frontale puisque ce dernier est situé entre les deux ports PCI-Express X16, trop loin de l’avant du boîtier. Au niveau de ces ports d’extension, le recours à une carte graphique double slot dans le premier port PCI-Express X16 ne gênera pas un autre port tandis qu’un système Crossfire à base de cartes double slot condamnera un port PCI. L’usage éventuel d’une troisième carte graphique double slot condamnera le dernier port PCI. Dans l’ensemble, ces ports sont cependant bien positionnés et on ne pourra regretter que leur faible nombre puisque l’usage de deux cartes graphiques réduit le nombre de port PCI-Express additionnels à 1.

Les connecteurs pour ventilateurs sont bien positionnés à l’exception du second connecteur à quatre broches placé derrière le dernier port PCI. Terminons par les radiateurs de chipsets, tous deux dépourvus de ventilateurs, ce qui est un point positif. La taille de celui s’occupant du 975X est conséquente et constitue le radiateur de chipset le plus volumineux que nous n’ayons jamais vu.

Le Bios



Le bios est très complet et donne accès à une foule de fonctionnalités. Il n’y a qu’au niveau de la gestion des ventilateurs que la déception est au rendez-vous. En effet, on ne peut pas paramétrer grand-chose et tout ce que l’on peut faire pour le ventilateur du processeur, c’est le faire démarrer à 60% de sa capacité. Dommage car le connecteur est à quatre points, ce qui autorise une gestion PWM plus fine mais Intel en a décidé autrement. Cependant, notre carte était dotée d’un bios bêta qui espérons-le devrait évoluer dans les semaines à venir.

Au niveau de l’overclocking, on a accès à tout ce qui est nécessaire pour parvenir à des overclockings intéressants. La tension du processeur peut monter jusque 1.7 volts tandis que la mémoire peut se voir appliquer une tension de 2.8 volts, ce qui est énorme. On peut également augmenter la tension délivrée au MCH et au générateur de FSB. Le coefficient multiplicateur est accessible et on regrettera que le FSB ne soit réglable que jusque 433 MHz. On a également accès au FSB Latch qui permet de choisir le FSB à appliquer pour ceux ne voulant pas passer par un réglage manuel : FSB533/800/1067 et 1333.

Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2
Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2
Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2
Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2
Intel D975XBX2 Intel D975XBX2 Intel D975XBX2

Du côté de la mémoire, on peut régler les paramètres classiques à savoir les quatre temps de latence et le ratio : 400/533/667 et 800 MHz. On a également accès à la tension évoquée ci-dessus et on peut spécifier s’il s’agit de mémoire ECC ou non.

Autre fonction inédite : l’event log. On peut en effet activer un log qui va enregistrer certains changements survenus au niveau de la configuration. Pas vraiment utile mais cette fonction a le mérite d’exister. Pour le reste, c’est du classique avec l’accès aux paramètres de démarrage et les réglages des fonctions embarquées par la carte comme l’audio, l’USB etc.

Overclocking



Intel D975XBX2Nous n’avons pas été déçus en overclocking de FSB et c’est un des points intéressant de cette Bad Axe II. En effet, la Bad Axe I était peu encline à monter en FSB, souvent limitée aux alentours de 350 MHz. Ici, nous avons pu atteindre sans problème la limite fixée par le bios à savoir 433 MHz de FSB. Sans cette limitation, nous aurions pu monter plus haut, à n’en pas douter. Par contre notre X6800 a refusé de démarrer au-delà de 275 MHz de FSB. Pour rappel, ce même processeur a déjà dépassé les 4 GHz sur une ABIT AW9D-Max alors qu’ici nous avons été coincés à 3 GHz. Surprenant. Espérons qu’il s’agisse d’un symptôme spécifique à cette carte de pré-production. Bref l’overclocking est possible mais si pour vous ce sport est inévitable, passez votre chemin et optez pour une carte ABIT ou Asus, entre autres.

Conclusion



Intel D975XBX2Vous aurez remarqué que nous n’avons pas parlé du bundle, simplement parce que notre carte était un exemplaire de pré-production livré sans boîte. Mais d’après nos informations, le bundle de la Bad Axe II ne devrait pas être très différent de la Bad Axe I à savoir une nappe IDE, une nappe floppy, des nappes S-ATA, un manuel d’utilisation, les CD et disquettes de drivers, le cache entrées/sorties, une équerre PCI avec deux ports USB 2.0 et un rack 3 pouces ½ avec l’audio en façade, le Firewire et deux ports USB. Au niveau du prix, il sera également proche de la Bad Axe I qui se trouve aujourd’hui entre 225 et 250 euros. Bref, il s’agit de tarifs haut de gamme.

Pour ce prix, vous avez de nombreuses fonctionnalités : audio 8 canaux, 8 ports S-ATA 2 dont un e-SATA, du Gigabit LAN, du Firewire, un bios complet, support du Crossfire, etc. Bref, rien ne manque et on pourrait alors se dire que son prix est justifié. Cependant, pour ce prix, vous pouvez acheter une Asus P5W DH Deluxe ou une ABIT AW9D-Max offrant un bundle bien plus complet (surtout la Asus) et toutes deux également compatibles avec le Kentsfield via une mise à jour de bios. Bref, même si cette D975XBX2 est une évolution intéressante de la Bad Axe première du nom, notamment en matière d’overclocking, elle reste chère par rapport à la concurrence et plus limitée en overclocking de par son bios, limité à 433 MHz de FSB. Reste une qualité de fabrication irréprochable et une stabilité qui semble inébranlable. En effet bien qu'étant une carte de pré-production, nous n'avons rencontré aucun problème de stabilité,  de mauvaise reconnaissance d'un composant ou encore des problèmes d'application de paramètres du bios, ce qui ne nous était plus arrivé depuis longtemps malgré le test de cartes finales Asus, ABIT, Gigabyte, ECS et Biostar. A vous de voir si cela suffit à justifier ce prix élevé…
Intel D975XBX2 Bad Axe II

Les plus
Les moins

+ Qualité de fabrication
+ Stabilité impressionnante
+ Fonctionnalités
+ Layout bien étudié
+ Overclocking possible

- Overclocking limité par rapport à la concurrence
- Prix très élevé



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