
Après des cartes mères Asus, ABIT, Gigabyte et Biostar compatibles avec les processeurs Intel Core 2 Duo, nous vous proposons dans cet article de voir en détail ce que vaut la carte ECS PX1 Extreme basée sur le chipset Intel P965. ECS, ou Elite Group pour les intimes, est une marque bien connue des personnes friandes de configurations à petits budgets. Qui ne se rappelle pas en effet la très célèbre K7S5A qui fut d’ailleurs à l’origine de Matbe.com, il y a plus de quatre ans. Mais ECS semble également vouloir lorgner vers le milieu de gamme, voire vers le haut de gamme avec certaines de ses dernières cartes mères. La PX1 Extreme est en effet annoncée à un prix de 159 euros, ce qui constitue un tarif élevé pour une carte ECS. Dans cette zone de prix, la concurrence est plutôt rude avec l’
ABIT AB9 Pro, l’ABIT AB9, l’Asus P5B-E, la Biostar TForce P965 Deluxe et la Gigabyte GA-965P-DS4. Reste à voir si la ECS a de véritables arguments à faire valoir face à cette ribambelle de concurrents valables…
Bundle dans la norme
Le bundle n’est pas exceptionnel mais n’est pas chiche non plus. Par rapport à de précédentes versions «Extreme», on déplorera la disparition de la clé USB Wi-Fi qui était pourtant intéressante. Voici la liste complète du contenu de la boîte de la PX1 :
- 3 nappes S-ATA
- 1 câble e-SATA
- 2 nappes IDE
- 1 nappe floppy
- 1 équerre PCI e-SATA
- 1 équerre PCI port parallèle
- 1 équerre PCI avec deux ports USB 2.0 et un port Firewire
- 1 backpanel
- 1 connecteur d’alimentation Molex vers 2 S-ATA
- 1 câble RJ45
- 1 cadre 3 pouces 1/2 pour les deux ports USB et Firewire
Pour 159 euros, le bundle est correct et on appréciera le bracket PCI avec le port parallèle pour les personnes disposant d’une imprimante de ce type. La présence d’un câble RJ45 est une chose plutôt rare dans un bundle tandis que l’équerre PCI avec les deux ports USB et le port Firewire est une bonne chose, d'autant plus qu'ECS fournit un cadre 3 pouces 1/2 pour le mettre en façade de votre boîtier si vous le souhaitez. On se demande par contre pourquoi il y a deux nappes IDE alors que la carte ne propose qu’un seul port de ce type…
Spécifications
La chipset est donc le récent Intel P965 ici accompagné du southbridge ICH8DH, le DH signifiant Digital Home. Il s’agit en fait du southbridge supportant officiellement le ViiV. Par rapport à un ICH8R, il n’apporte que le support du
fumeux Intel Quick Resume Technology. En effet la gestion de l’AHCI ou de l’Intel Matrix Storage fait également partie des fonctionnalités de l’ICH8R. Bref, le choix de l’ICH8DH ne se justifie guère pour une carte ATX si ce n’est pour pouvoir apposer le label ViiV sur l’emballage.
Au niveau des périphériques de stockage, pas de miracles avec la présence d’un seul connecteur IDE comme sur la quasi-totalité des cartes mères récentes compatibles avec le Core 2 Duo. On a par contre droit à 7 ports S-ATA et 1 port e-Sata. Six de ces ports sont gérés par l’ICH8DH tandis qu’une puce JMicron s’occupe du septième port S-ATA et du port e-SATA. C’est également cette puce JMB363 qui gère le port IDE. Elle supporte le RAID 0/1 et JBOD tandis que les 6 ports gérés par l’Intel Matrix Storage supportent les modes RAID 0/1/0+1/5.
Au niveau des slots d’extension, on trouve deux ports PCI-Express X16 dont un géré en x4. Le solde des slots se décompose en 3 slots PCI et deux slots PCI-Express X1. Pour le reste, la carte ECS est très complète avec le support de 10 ports USB 2.0 (comme toutes les cartes P965) mais également le support de deux ports Firewire via une puce VIA VT6308P. On a également droit à une solution audio haut de gamme avec le codec Realtek ALC885 8 canaux tandis que la partie réseau est confiée au chipset Intel mais également à une puce Realtek RTL8110S, ceci entraînant la présence de deux ports RJ45 Gigabit. Du côté de la mémoire, la DDR2 est supportée jusqu’à la DDR2-800. Enfin, on trouve 5 connecteurs pour ventilateurs sur la carte, ce qui est plus que suffisant.
Bref, du côté des fonctionnalités, la ECS est très complète, le seul regret venant de l’absence de port Firewire au niveau des entrées/sorties. Il faudra en effet obligatoirement avoir recours au bracket livré dans le bundle.
Le layout de la carte
Au niveau du refroidissement des chipsets et des mosfets, ECS a recours au Qooltech (sic) qui reprend le principe de plus en plus usuel de refroidir en passif ces composants, les radiateurs étant reliés par des caloducs. Ici ECS fait dans le cheap avec des radiateurs bas de gamme et un caloduc en aluminium et non en cuivre. Premier bémol : la taille du radiateur des mosfets qui est large et haut. Certains ventirads auront du mal à s’installer à cause de ce dernier. En outre le heatpipe arrive à une des extrémités du radiateur, ce qui est plutôt inhabituel et qui réduira son efficacité.
Autour du socket, on note la présence de condensateurs solides peu nombreux. De là à dire qu’ECS a fait des économies à ce niveau au détriment de l’overclocking, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement vu la pauvreté des options dans le bios à ce niveau. La position du connecteur de ventilateur à quatre points n’est pas idéale non plus. Nous aurions en effet souhaité qu’il soit plus en décalage par rapport au socket et non dans son prolongement. Mêmes remarques concernant les connecteurs de ventilateurs situés entre le port IDE et les ports S-ATA. En effet, la nappe IDE gêne leur accès, au même titre que les nappes S-ATA. Par ailleurs ce port IDE est très mal positionné. Il est en effet tout en bas de la carte, à l’opposé du périphérique qui sera le plus à même de l’utiliser à savoir un périphérique optique. Le port floppy est par contre mieux placé et nous aurions préféré voir ces deux ports inversés vu l’utilité de moins en moins évidente d’un lecteur de disquettes. Par contre les ports S-ATA sont bien positionnés, y compris le septième port qui n’est pas relégué derrière les entrées/sorties comme sur les cartes mères Asus.
Les slots d’extensions sont globalement bien agencés. Les ports condamnés par le recours à des cartes graphiques double slot sont un port PCI-Express et un port PCI, ce qui n’est pas dramatique puisqu’il restera encore deux PCI et un PCI-Express malgré tout. Par contre, le recours à une carte graphique double slot dans le second port PCI-Express X16 condamnera l’accès au clear CMOS si la carte est trop longue, comme une GeForce 7900 GTX. On signalera encore que plutôt que de dépenser ses frais de fabrication en condensateurs solides supplémentaires autour du socket, ECS a préféré les investir dans des diodes situées entre les slots d’extensions et qui témoignent du bon fonctionnement des cartes qui y sont enfichées. Inutile…
Les headers sont tous regroupés dans le fond de la carte, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. En effet si c’est intéressant pour éviter que des câbles ne viennent faire du slalom entre les cartes filles, ça l’est moins si vous accaparez tous les headers. Vous vous retrouverez en effet avec un spaghetti de fils qui auront le don de vous énerver d’autant plus si votre boîtier est petit et que l’espace entre la carte mère et le plancher du châssis est insignifiant. On regrettera que le header de l’audio en façade soit positionné en dernier alors que le placer en premier eut été plus judicieux…
Le Bios
Et là c’est le drame. Les bios des ECS n’ont jamais été très portés sur l’overclocking mais là on touche le fond. Il est à peine digne d’une carte mère Micro-ATX, c’est tout dire. Au niveau de l’overclocking, c’est le désert pur et simple. On peut augmenter le Vcore de 0.15 volts maximum, de 0.35 volts pour la mémoire et aucune possibilité d’augmentation de la tension du chipset. Le coefficient est accessible car nous utilisons un X6800 ES tandis que le FSB peut être augmenté par pas de 1 MHz de 266 à 433 MHz. On peut également activer un overclocking automatique de 3, 5 ou 7... MHz lorsqu’une charge importante est détectée.
Au niveau de la mémoire, il est possible de régler les 4 traditionnels temps de latence et le type de mémoire : DDR2-533/667/800. En ce qui concerne la ventilation, malgré la présence de 5 connecteurs pour ventilateurs, seul celui du processeur peut bénéficier d’une gestion SMART permettant de réduire ses nuisances sonores. Des intervalles de température peuvent être réglés, de même que la sensibilité du mode PWM. De ce côté-là c’est efficace puisque nous avons pu obtenir un fonctionnement très silencieux de notre configuration. Pour le reste du bios c’est du classique et il n’y a vraiment rien à dire de plus…
Overclocking : over quoi ?
En matière d’overclocking, nous n’avons pu aller bien loin. En effet, comme nous venons de le voir, le bios nous laisse peu de latitude. Pour la montée en FSB, nous avons été bloqués à 360 MHz. Toute tentative au-delà de ce seuil a généré écrans noirs et clear CMOS. Pour notre processeur X6800 ES, ayant déjà atteint plus de 4 GHz avec une ABIT AW9D-MAX, nous avons été limité à 3661 MHz via un FSB de 333 MHz. Bref c’est très décevant. En outre, les overclockings sont pénibles à réaliser étant donné que bien souvent le redémarrage du PC se termine par un écran noir et qu’il faut éteindre le PC et le rallumer pour que nos réglages fonctionnent. Bref, on est très loin d’overclockings viables bien que sous Windows ils soient parfaitement stables.
Lors de nos tests de performances, qui ont révélé que l’ECS était du même niveau que ses concurrentes voire parfois mieux placée, nous avons rencontré des instabilités inhabituelles. Lors de jeux par exemple, le PC rebootait sans raison alors que lors d’une session suivante sans avoir rien changé, tout fonctionnait à merveille. Même constat lors d’un encodage d’une vidéo avec TMPGenc qui s’est soldé une première fois par un plantage tandis que la fois suivante tout a parfaitement fonctionné. Cette ECS est récente et le bios n’en est qu’à sa première version. Espérons dès lors que des bios ultérieurs parviendront à régler ces petits soucis.
Conclusion
Inutile de tergiverser, cette carte mère ECS est décevante à plus d’un titre. Premièrement, son bios est peu complet et donne accès à trop peu d’options dédiées à l’overclocking. Le potentiel d’overclocking s’en trouve dès lors réduit. Ce bios en est à sa première version et nous devons avouer que notre configuration ne s’est pas avérée 100% stable alors que les composants utilisés sont les mêmes que lors de nos précédents tests de cartes mères. La carte en elle-même souffre de quelques défauts de layout sans compter les économies réalisées ci et là, au niveau des condensateurs par exemple. Bref pour un prix de 159 euros, elle ne vaut pas la peine que l’on s’y attarde, d’autant plus que le bundle est correct, sans plus. A moins de 120 euros, elle pourrait éventuellement devenir intéressante, et encore si le bios est amélioré et les instabilités corrigées. A ce titre, un nouveau bios est disponible mais n'apporte que le support du processeur Intel Quad Core. Bref, si elle était vendue moins chère, elle deviendrait intéressante pour les personnes ne cherchant pas overclocker car au final, ses fonctionnalités sont intéressantes et nombreuses...