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Stéphane Charpentier | 26/04/2007
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Les pièges à éviter

Pourquoi acheter une alimentation de qualité ?


S’il est un poste du budget d’une nouvelle configuration qui est souvent rogné, c’est celui de l’alimentation. Quoi de plus logique finalement que de peu s’en préoccuper en faveur d’un processeur plus puissant ou d’une carte graphique plus véloce. Il faut cependant garder à l’esprit les déconvenues qui peuvent survenir suite au choix d’un bloc de mauvaise qualité ou suite au choix d’un bloc de marque sans s’être renseigné un minimum à son sujet. Bref, ignorez les discours de ceux qui se vantent d’avoir un bloc noname depuis des années et évitez de vous attarder sur les beaux emballages des alimentations vous promettant monts et merveilles. Entre ce qui est écrit sur une boîte et la réalité, il y a souvent un gouffre, particulièrement dans le domaine des alimentations.

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L'envers du PCB d'une alimentation ayant "claqué"

Choisir un bloc noname ou un bloc de marque à très bas prix peut avoir des conséquences parfois désastreuses. Nous avons déjà pu le constater avec des blocs mal conçus qui « claquent » ou « explosent » en cas de surcharge là où d'autres se coupent par protection. Ces alimentations continuent d’absorber des watts là où tout bon bloc se mettrait en protection, ce qui résulte en un « clac » caractéristique, quelque fois accompagné d’un arc électrique. Imaginez les conséquences si vous laissez un PC allumé 24h/24 avec ce type d’alimentation et que le bloc claque en votre absence. Dans le meilleur des cas, vous retrouverez votre PC éteint mais vous pourriez aussi vous retrouver avec des composants endommagés et dans la pire des situations avec un incendie.

Les pièges à éviter



Bloc puissant de marque pas cher

Mais le choix d’un bloc ne se résume pas à acheter un modèle de marque car là aussi les « arnaques » sont légion. La plus courante consiste à vendre un bloc annoncé pour telle puissance alors qu’en réalité il en supporte bien moins. La Xilence 600 watts par exemple se met en protection avant la fin de notre protocole de test alors qu’une alimentation annonçant une telle puissance devrait passer notre protocole de test en entier. La Xilence est d’ailleurs le seul bloc d’une puissance supérieure à 500 watts à se mettre ainsi en protection. Quand on lit sur son PCB qu’il s’agit d’un bloc supposé supporter 500 watts au maximum, il y a de quoi avaler de travers les 70 euros qu’elle coûte. La Cooler Master eXtreme Power Duo 650 watts n'est pas mieux lotie car sur son PCB on peut lire une mention se référant à un bloc de 500 watts et non de 650...

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Une référence d'un bloc de 500W ? Non d'une Cooler Master eXtreme Power Duo 650W...

Les blocs noname et assimilés à durée de vie limitée

Ce cas-là est encore "gentil" par rapport à d'autres blocs comme un modèle d'origine Heden annonçant fièrement 480 watts tout en arborant sur la boîte la belle phrase : "Heden, Le partenaire des pros". Au déballage, on se doute déjà que ce bloc ne va pas tenir longtemps. Il est en effet très léger tandis que la connectique se résume à 4 Molex, la prise ATX 20+4 broches et la prise +12 volts à 4 broches. Pas de S-ATA, ni de connecteurs PCI-Express donc. Nous la branchons et hop ça démarre. C'est déjà ça. Nous arrivons sous Windows et même si un bloc de 480 watts devrait être capable de supporter la première étape de notre protocole de test stressant le processeur et les deux cartes graphiques, nous nous abstenons. En effet, nous ne lançons que CPUBurn histoire de ne pas trop tirer sur le +12 volts de cette innocente victime de notre barbarie.

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Le PCB peu fourni d'une Heden 480 watts... à la durée de vie très courte

Au niveau du +12 volts, c'est normal avec un 11.84 volts relevés. Pour ce qui est de la consommation par contre, on se trouve déjà à 395 watts à la prise là où une Seasonic S12 Energy+ 650 watts dans le même exercice est à 325 watts. Le temps de lire ces mesures et pouf, tout s'arrête. On redémarre la machine, on relance le CPUBurn qui pour information à ce stade du test équivaut à une charge réelle de la configuration de 240 à 260 watts, donc bien loin des 480 watts qu'est supposée supporter ce bloc. Elle est aussi supposée posséder deux rails +12 volts de 18 ampères chacun et a priori, elle devrait donc tenir. En fait non. Deuxième coupure de l'alimentation après 1 minute de test et décès prématuré. En effet, elle ne redémarre plus et ne redémarrera plus jamais. Elle est morte donc. On ouvre le châssis et on comprend rapidement que ce bloc doit être en réalité taillé pour supporter 200 watts, voir 250 en descente avec vent arrière. En outre, si l'étiquette annonce deux rails +12 volts, le PCB révèle qu'il n'y en a qu'un. En soi, n'avoir qu'un rail n'est pas une tare (voir notre explication plus loin) mais il y a comme une différence entre ce que dit l'étiquette et la réalité.

Les alimentations ne se mettant pas en protection : dangereuses

Ces alimentations sont bien pourvues de protections mais à cause probablement d'un défaut de conception, ces dernières ne jouent pas leur rôle en cas de surcharge. Nous avons vécu pareil mésaventure avec deux LC Power et deux Aikuo. Le comportement fut le même dans les trois cas. Lorsque la charge devenait trop importante pour la capacité de l'alimentation, ces alimentations ne se mettaient pas en protection. Elles continuaient de fonctionner, augmentaient fortement leur consommation jusqu'à la rupture se matérialisant par un bruit de claquement accompagné parfois d'un arc électrique. Inutile de vous dire que de telles alimentations sont dangereuses car peuvent endommager vos composants en cas de pareille défaillance et dans le pire des cas, un incendie pourrait se déclarer. Si votre PC fonctionne en votre absence, inutile de vous expliquer les conséquences...

Spécifications (plus ou moins) respectées mais inadaptées

Veillez aussi à vérifier avant l’achat la répartition de la puissance entre les différents rails. Comme nous le verrons plus loin, une configuration moderne utilise principalement le +12 volts d’une alimentation. Evitez dès lors les alimentations proposant des rails +3.3 et +5 volts puissants leur permettant d’annoncer une puissance maximale élevée sans que ce soit suffisant pour une configuration moderne. Prenons l’exemple de la Tacens Radix qui annonce 410 watts alors que son +12 volts ne propose que 17 ampères, soit seulement 204 watts. C’est insuffisant pour un CPU dernier cri combiné avec une carte graphique récente. Les watts permettant d’annoncer 410 watts sont fournis par des rails +3.5 et +5 volts inutilement élevés. Bref, la puissance annoncée ne veut rien dire en tant que telle. Pour l'anecdote, cette Radix 410 watts n'a pas été très loin dans notre protocole dès qu'il s'agissait de charger un tant soit peu le +12 volts...

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410 watts avec de gros rails +3.3 et +5 volts et petit rail +12V : inadapté...


Les désagréments d'un mauvais bloc : instabilité, o/c limité, bruit...


A côté de ces problèmes gênants, il en est d’autres que vous n’attribueriez pas forcément à l’alimentation comme des reboots intempestifs lors desquels vous pesteriez contre Microsoft et son foutu Windows alors que c’est votre alimentation bas de gamme qui n’est pas stable. Des reboots dans les jeux ou des freezes peuvent également provenir de votre alimentation et pas forcément du jeu ou de votre carte graphique. Il peut également s’agir de possibilités en overclocking réduites parce que votre alimentation ne suit pas la cadence que vous lui imposez. Etc, etc, etc.

Autre effet néfaste d’un bloc mal choisi mais nettement plus perceptible : les nuisances sonores. Il existe en effet des alimentations qui sont bruyantes même lors de petites sollicitations. Si le reste de votre configuration est silencieuse, il y a de quoi là aussi vous faire regretter amèrement votre achat…
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