
Après avoir testé des cartes mères pour Core 2 Duo architecturées autour de trois chipsets Intel différents (945/965/975), nous avons décidé de vous proposer un interlude en attendant la suite. En effet, nous vous proposons le test de la carte mère Asus P5V-VM DH utilisant un chipset… VIA P4M890. Son tarif est peu élevé puisqu’on la trouve
à partir de 75 euros tandis que le bundle est plutôt intéressant. Reste à voir si en pratique, cela vaut le coup…
Un bundle complet

Ne faisons pas la fine bouche, pour 75 euros, on en a plus que pour son argent au niveau du bundle :
- Antenne Wi-Fi
- Télécommande infrarouge DH remote
- Récepteur infrarouge sur port USB
- Bracket PCI MP3-In
- CD de pilotes et utilitaires
- Manuel d’utilisation
- 1 nappe S-ATA
- 1 câble d’alimentation S-ATA
- 1 nappe IDE
- 1 nappe floppy
- 1 plaque entrées/sorties
Les cartes offrant une antenne Wi-Fi, une télécommande et la possibilité de lire le contenu d’un lecteur MP3 (ou de n’importe quelle source ayant une sortie ligne) PC éteint via un bracket inclus sont plutôt rares voire inexistantes. Bref, de ce côté-là, le consommateur sort gagnant.
Spécifications : pour petits besoins
Comme nous allons le voir, le format Micro-ATX combiné au chipset VIA limite quelque peu les fonctionnalités
Cette carte ne dispose que de deux slots DDR2 qui en outre ne sont pas géré en double canal. En effet, le chipset VIA P4M890 ne gère la mémoire qu’en simple canal. Il ne supporte que la DDR2-533 au maximum là où les Intel montent jusqu’à la DDR2-800. On a par contre droit à une solution graphique intégrée VIA unichrome qui sera à réserver à un usage en 2D uniquement vu qu’il s’agit d’une vieillissante solution DirectX 7. Cependant, après le Wi-Fi, voici encore de quoi faire épargner de l’argent à ceux cherchant une solution Core 2 Duo à petit budget.
La carte dispose de 3 ports S-ATA, deux gérés par le southbridge VIA et un autre par une puce JMicron qui se charge également de gérer le port e-SATA. Par rapport aux cartes basées sur les chipsets Intel, la P5V et son VIA P4M890 a un avantage : la présence de deux ports IDE. Voilà qui ravira ceux qui veulent recycler des disques P-ATA. Au niveau audio, on a droit à une solution bas de gamme 6 canaux HD tandis que la puce réseau Realtek ne gère pas le Gigabit mais le Megabit (10/100).
Concernant les entrées/sorties, on regrettera la présence de seulement 3 ports USB 2.0 alors qu’aucun bracket PCI n’est livré pour accompagner les deux headers USB pouvant fournir 4 ports USB supplémentaires. Etant donné que la télécommande monopolise déjà un port USB 2.0, il n’en reste plus que deux pour le reste de vos périphériques USB. On remarquera également l’absence de puce Firewire, ce qui est moins dramatique. Pour les entrées/sorties audio, nous avons droit aux prises Line-in/out et l’entrée micro. Une sortie S/PDIF est disponible cependant sur la carte mère mais il vous faudra porter acquéreur d’un bracket PCI le supportant. Enfin au niveau des slots d’extension, on trouve deux ports PCI, un port PCI-Express X1 et 1 port PCI-Express X16. A noter que les ports S-ATA de la puce JMicron et le port PCI-Express X1 ne peuvent pas être utilisés simultanément, la puce S-ATA ayant besoin d’une ligne PCI-Express pour fonctionner. Le chipset VIA ne fournit en effet qu’une seule ligne PCI-Express X1…
Layout de la carte
Il est toujours difficile de réaliser un layout sans faute avec une carte au format Micro-ATX. Dans l’ensemble, Asus s’en sort bien à l’exception de la partie située autour des slots DDR2. En effet, le connecteur du ventilateur du processeur est coincé derrière le premier slot et il devient difficile à enficher une fois la mémoire en place. En outre, la proximité des slots avec le socket limite la place disponible pour un ventirad volumineux. Par exemple, un Arctic Cooling Freezer 7 passe de justesse, son ventilateur venant cogner la mémoire. Autre bémol : la trop grande proximité du second slot, du connecteur d’alimentation ATX 24 broches et du premier port IDE. Une fois la mémoire en place, le connecteur d’alimentation est quasi impossible à débrancher. Il faut retirer la barrette mémoire pour le libérer, ce qui n’est guère pratique. On regrettera également l’éloignement du connecteur ATX 4 broches. Si cela ne sera pas gênant pour les personnes utilisant un boîtier classique, cela pourra le devenir dans un boîtier desktop où l’alimentation se trouve quelque fois plus éloignée de la carte.
Les deux ports S-ATA gérés par le southbridge VIA sont bien positionnés au même titre que les deux ports IDE. Pour une fois, le port floppy n’est pas relégué derrière le dernier port PCI et trouve une place de choix en haut de la carte. Le troisième port S-ATA lié à la puce JMicron est positionné derrière les entrées/sorties étant donné qu’il gère aussi le port e-SATA. Le positionnement des slots d’extension est idéal puisque l’utilisation d’une carte graphique double-slot ne condamnera que l’unique port PCI-Express X1 (format encore peu répandu), laissant les deux ports PCI libres. L’ensemble des headers sont placés derrière le dernier port PCI et entre les deux ports PCI. Si la carte avait été plus longue, cela aurait pu être gênant dans un boîtier standard mais ce ne sera pas le cas vu son format µATX. Par contre dans un boîtier Micro-ATX, il faudra être plus précis lors de l’enfichage des différents connecteurs. A propos de ces connecteurs, il est dommage qu’Asus ait reporté le header MP3-in sur la carte mère au lieu de le placer au niveau des entrées/sorties. En effet, son usage va d’office squatter un emplacement PCI alors que par définition, une carte Micro-ATX a peu de slots d’extension. Si on ajoute une carte Firewire et une équerre USB (vu la pauvreté des ports USB an niveau des entrées/sorties), il n’y aura plus de place pour une carte PCI supplémentaire comme une carte Tuner TV ou une carte son. Il faudra donc faire des choix à ce niveau.
Ce layout n’est donc pas criblé de défauts mais quelques points auraient pu être mieux pensés. Quant à la qualité des composants, elle semble bonne, nettement meilleure en tous cas que certains composants bas de gamme que nous avons pu apercevoir sur la Gigabyte GA-945P-S3.
Le Bios
Le Bios est très pauvre comme c’est l’usage avec les cartes mères au format Micro-ATX. Les chipsets VIA d’un autre âge n’aident pas non plus à enrichir ce bios. On a donc accès aux fonctions classiques, au paramétrage des périphériques intégrés et au paramétrage des fonctions du processeur comme le Speedstep, la virtualisation, etc. Au niveau de la mémoire, les ratios se limitent à 400 ou 533 MHz tandis qu’on a accès à quelques timings supplémentaires en plus des timings habituels. Un mode de performance amélioré est également présent et en pratique cela a eu pour effet de passer les timings de la mémoire de 4-4-4-10 à 4-3-4-10 tout en restant stable.
Pour l’overclocking, c’est très limité puisque cela se résume au FSB modifiable de 266 à 300 MHz par pas de 1 MHz et au coefficient multiplicateur pour autant que votre processeur soit un X6800. Aucun réglage de tension n’est possible, pas même celle de la mémoire, ce qui pourrait s’avérer gênant avec des modules hautement cadencés nécessitant une tension élevée. Cependant, qui irait mettre de la mémoire haut de gamme sur une carte mère bas de gamme, c’est ce que les ingénieurs d’Asus ont dû se dire en programmant le bios…
La partie intéressante du bios se situe au niveau de la gestion des ventilateurs, plus précisément de celui du processeur. On peut en effet activer une alarme de rotations minimale mais surtout on peut paramétrer très finement la gestion PWM, une fois la fonction Qfan activée. On peut en effet définir un seuil de départ du PWM situé entre 0 et 127 et qui correspond à un niveau minimal de fonctionnement. Plus la valeur sera basse et moins les rotations/minute seront élevées. On peut en outre définir une plage de température à l’intérieur de laquelle le PWM doit varier. Si on définit une température de départ de 50°C, la vitesse de rotation minimale sera de mise tant que le processeur sera sous les 50°C. Enfin, on peut définir la vitesse de réaction du PWM. Cela revient à définir le nombre de PWM par degré, ce qui résultera en une augmentation de la vitesse de rotation plus ou moins forte selon la valeur choisie. Bref, c’est complet et un véritable bonheur pour les amateurs de silence.
Overclocking et performances

Vu le chipset utilisé et le bios de la P5V-VM DH, la course aux MHz était perdue d’avance. Nous n’avons pu joué qu’avec le FSB et avons atteint un maximum de 280 MHz que ce soit avec le coefficient du processeur à 11 ou à 6. Bref, circulez, y a rien à voir.
Du côté des performances, el VIA P4M890 s’en sort bien malgré la gestion de la DDR2 en simple canal. Dans certains tests, les performances sont du même niveau tandis que dans d’autres on perd quelques % (entre 1 et 5%). Les applications les plus sensibles où les performances se dégradent le plus sont la compression de fichiers (22 à 23% de perte), la compression d’un VOB en DiVX sous TMPGenc Express (-30%), d’un AVI en MPEG2 toujours sous TMPGEnc Express (-19%) et dans les jeux dans les basses résolutions (-5 à -10%). Dès qu’on passe dans les hautes résolutions, la carte graphique reprend le dessus et les performances sont similaires sauf dans des jeux très sensibles à la mémoire comme Unreal Tournament 2004 où on enregistre une baisse de 3 à 4 %. Bref c’est moins performant mais dans l’ensemble, hormis les cas précités, les performances restent honorables et à moins de 5% d’un Intel 975X.
Logiciels inclus, télécommande and co
Asus inclut sur le CD accompagnant la carte des applications comme PC Probe II, à l’interface nettement moins pratique que l’ancienne version, Asus Live Update permettant de mettre à jour le bios sous Windows et un logiciel permettant de paramétrer la télécommande, Asus DH Remote. Les fonctions de la télécommande sont peu nombreuses et principalement elle permet de lancer une application, d’un peu naviguer dedans, de lancer la lecture mais de manière générale, il faudra garder une souris à portée de main car les fonctions sont insuffisantes pour remplacer une vraie télécommande de type Media Center. Par contre elle permet de réduire drastiquement le niveau sonore puisqu’une pression sur le bouton adéquat a fait baisser les rotations du ventilateur de 2400 à 1150 tours/minute. On peut également activer le mode Wi-Fi qui réduit la consommation du PC en le mettant dans un état proche de la veille mais permettant tout de même de continuer à télécharger ou d’utiliser un téléphone Skype. On peut également allumer et éteindre le PC grâce à cette télécommande.
Asus Live Update, PC Probe 2 / DH Remote Conclusion
Pour 75 euros, on aurait tort de se plaindre. On a du Wi-Fi, une solution graphique intégrée, une télécommande et la possibilité de lire le contenu d’un périphérique audio sur les enceintes reliées au PC sans pour autant allumer le PC. Cependant, il faut prendre cette carte pour ce qu’elle est, à savoir une carte d’entrée de gamme pour petits budgets. Couplée à un Core 2 Duo E6300, elle fera en effet merveille, ce dernier ne coûtant que
169 euros. En termes de performances, le VIA P4M890 est en retrait principalement à cause de la gestion de la DDR2 en simple canal. Il faudra aussi se contenter de seulement 3 ports USB 2.0 au niveau des entrées/sorties et de 3 ports S-ATA.
Bref, La P5V-VM DH est à réserver à une petite configuration de bureau ou à un Media Center. Si par ailleurs, vous voulez une carte encore moins chère sachez que la P5VD2-MX est identique à la P5V-VM DH sauf que la première citée ne coûte
que 60 euros. La différence se situe au niveau du Wi-Fi, absent de la P5VD2 au même titre que la télécommande et le bracket MP3-In. Par contre, elle offre 4 ports USB 2.0 au niveau des entrées/sorties et non 3. Le bios est quelque peu différent également. Si vous cherchez une carte petit budget pour Core 2 Duo, l’une comme l’autre devrait faire l’affaire pour autant que vous ne soyez pas trop exigeants en termes de fonctionnalités et de performances...