
Après la
Biostar T-Force P965 Deluxe et la
Gigabyte GA-965P-DQ6, nous continuons notre tour d’horizon des cartes mères pour Core 2 Duo avec l’Asus P5W DH Deluxe, le DH signifiant Digital Home. Encore une carte haut de gamme et chère pourriez-vous nous rétorquer. En effet mais rassurez-vous des cartes moins chères font déjà la file dans le labo de Matbe.com. L’Asus P5W DH a été une des premières cartes compatibles avec les Core 2 Duo et c’est d’ailleurs cette carte que nous avons utilisée pour
notre article consacré aux processeurs Core 2 Duo.
Disponible à partir de 215 euros, elle est clairement chère mais par rapport à une
Gigabyte DQ6 vendue 200 euros, l’Asus s’architecture non pas autour du chipset P965 mais se base sur le 975X et est par ailleurs compatible Crossfire. Comme toujours, la question principale autour de pareilles cartes mères est : vaut-elle son prix ? C’est ce que nous allons voir.
Le bundle : la caverne d’Ali Baba
Contrairement à la Gigabyte, l’Asus est certes chère mais offre un bundle très riche. On a en effet droit à une télécommande, petite il est vrai, permettant d’allumer le PC, de le mettre en veille, de réduire les nuisances sonores en diminuant la vitesse des ventilateurs, de passer en mode plein écran lors de la lecture de fichiers multimédias, de permettre au Wi-Fi de continuer de fonctionner même lorsque le PC est veille, sans oublier les fonctions traditionnelles de lecture, avance rapide etc. cette télécommande ne fonctionnera que si vous connectez le récepteur infrarouge fourni dans le bundle sur un des deux ports USB situés sous le second port réseau en partant de la gauche.
Dans le bundle on trouve également une antenne Wi-Fi à connecter sur une mini-carte branchée sur la carte mère à côté des entrées/sorties audio. Cette antenne peut faire office de point d’accès ou de client et comme signalé ci-dessus, le tout fonctionne même quand le PC est mis en veille.
On a également droit à quelque chose d’anodin mais qui en pratique se révèle très utile : le Q-Connector. Il s’agit de petits bouts de plastique destinés à recevoir les connecteurs de votre boîtier pour la mise sous tension, la remise à zéro, la diode de mise sous tension, la diode d’activité du disque dur et les connecteurs USB et Firewire additionnels. L’avantage est qu’au lieu de vous contorsionner et lâcher quelques jurons pour connecter tous ces câbles un à un au fond du boîtier, il vous suffit de les connecter sur les Q-Connector et d’ensuite connecter ces derniers sur les broches de la carte mère. C’est simple mais efficace.
Asus fournit un blower de 40 millimètres à clipser sur le radiateur des mosfets, situé derrière les entrées/sorties. Asus ne recommande son usage que si vous décidez d’utiliser un système de refroidissement passif ou de refroidissement liquide. Cela serait donc un aveu que quelque part, le système fanless chargé de dissiper la chaleur du chipset et des mosfets ne peut fonctionner efficacement sans un minimum de flux d’air.
Au niveau des équerres PCI, on trouve une équerre dotée d’un port Firewire additionnel, une autre comportant deux ports USB 2.0 et une dernière avec une entrée audio pour un lecteur MP3 ou tout autre périphérique audio doté d’une sortie audio. Le but est de permettre d’écouter le contenu de ce périphérique sur les enceintes de l’ordinateur, même lorsque l’ordinateur est éteint. Encore une fonction bien sympathique d’autant plus que le câble est livré avec l’équerre PCI.
Terminons l’examen de ce bundle par du plus classique mais néanmoins utile : 4 nappes S-ATA, deux adaptateurs Molex vers 2 connecteurs d’alimentation SATA, 2 nappes IDE, 1 nappe floppy et un panneau métallique pour les entrées/sorties. Citons encore le manuel d’utilisation, le CD de pilotes et un CD d’applications multimédia permettant entre autres la gestion de la télécommande sous Windows.
Pour une fois, le bundle donne réellement l’impression d’en avoir pour son argent comme c’est d’ailleurs souvent le cas pour les cartes haut de gamme chez Asus…
Caractéristiques
Architecturée autour du chipset Intel 975X et du southbridge ICH7R, la P5W DH Deluxe offre pléthore de fonctionnalités, jugez plutôt :
Tout y est et même plus. On a droit à 6 ports S-ATA, deux ports IDE là où la majorité des nouvelles cartes n’en propose qu’un, du Wi-Fi, du dual Gigabit LAN, de l’audio 8 canaux avec entrées/sorties digitales, du Firewire au niveau des entrées/sorties mais seulement quatre ports USB 2.0 (Mais Asus livre une équerre PCI pour en rajouter deux). On trouve aussi deux ports PCI-Express X16 pouvant fonctionner en 8X pour supporter le Crossfire de ATI, ce qui n’empêche pas la P5W DH Deluxe de proposer tout de même 2 ports PCI-Express X1 et 3 ports PCI. Citons encore le port e-SATA et les 5 connecteurs pour ventilateur.
Passons un peu de temps sur les ports S-ATA et plus particulièrement les deux ports EZ Backup. Cette fonction consiste à configurer automatiquement deux disques durs en RAID 0 ou 1 (selon la position du cavalier associé) sans intervention de l’utilisateur. Bien évidemment, le système est prévu pour vous prévenir si les disques que vous venez d’y connecter contiennent des données, ceci afin d'éviter tout perte inopinée. Par contre, ces deux ports ne fonctionnent qu’en RAID et ils ne pourront dès lors pas servir à connecter des disques S-ATA supplémentaires que vous ne voulez pas voir fonctionner en RAID. Lors de nos tentatives en ce sens, cela s'est soldé par un "4th Master disk error"...
C’est cette fonction EZ Backup qui explique pourquoi il n’y a que 3 ports S-ATA liés à l’ICH7R car un des ports du southbridge est réquisitionné en combinaison avec une puce Silicon Sil4723 dont le fonctionnement même est d’utiliser un port SATA de l’Intel Matrix RAID pour faire du RAID 10. Afin de pallier ce rapt d’un port S-ATA, Asus a ajouté une puce Jmicron qui apporte un port S-ATA interne en plus mais qui gère également le port e-SATA situé au niveau des entrées/sorties de la carte et le port IDE supplémentaire.
Layout très chargé mais bien étudié...
Avec autant de fonctionnalités, la carte est bien évidemment chargée et il ne reste pas beaucoup de place de libre pour une puce supplémentaire. Mais d’une manière générale, ce layout est bien organisé et bien pensé. Commençons par le socket qui est entouré de condensateurs et de mosfets qui dans certains cas pourront gêner l’installation de certains ventirads très volumineux. Au niveau des slots d’extension, Asus a eu la bonne idée de mettre un port PCI-Express X1 avant le premier port PCI-Express X16 étant donné que si une carte graphique double slot est installée, le second port PCI-Express x1 sera condamné. Ce port X1 est positionné de sorte à ne pas être gêné par le radiateur du chipset, ce qui était le cas sur la Gigabyte DQ6. Par contre si la carte PCI-Express X1 est longue, elle risque d’avoir chaud au PCB à cause de la proximité de ce radiateur.
Dans le cas d’une configuration Crossfire avec des cartes double slots, un port PCI sera également inutilisable. Au sujet de ces ports pour cartes graphiques, nous regrettons qu’Asus continue d’utiliser les mêmes loquets de dégagement de la carte qui sont quasi inaccessibles lorsqu’une carte double slot est installée. Il nous est déjà arrivé d’en casser en voulant enlever une carte graphique. Par contre la position de ces deux ports PCI-Express X16 est très bien étudiée puisque les cartes ne viendront pas gêner les ports S-ATA. La première carte graphique ne vient même pas empêcher l’accès aux loquets des slots mémoire, ce qui est trop souvent le cas avec les longues cartes 3D. Ici, un espace suffisant est laissé entre la carte et les loquets afin de pouvoir les actionner.
Le premier port IDE est idéalement placé pile en face de l’emplacement habituel de la baie des disques durs et pas trop loin de la baie du lecteur optique. Le port floppy est également bien placé tandis que le second port IDE est coincé derrière le dernier port PCI mais il fallait bien le positionner quelque part. Certes ce n’est pas idéal et cela constitue quelque part une des seules fausses notes de ce layout particulièrement bien étudié. On pourrait également citer la position du lecteur S-ATA interne positionné derrière les entrées/sorties mais il est servi par une puce JMicron positionné à cet endroit car elle gère également le port e-SATA au niveau des entrées/sorties. Asus a préféré placer le port interne proche de la puce pour éviter des dégradations de performance. Quelques connecteurs disposés devant les slots d’extension devront être installés avant les cartes sous peine de ne plus être accessibles. C’est le cas du connecteur CD In, MP3 in, SPDIF Out et de celui de l’audio en façade.
Le Bios
Le bios est la partie décevante de la carte car on aurait souhaité qu’il soit autant «Deluxe» que le bundle ou le layout. Ce n’est pas tant qu’il ne soit pas complet qui pose problème mais plutôt le fait qu’il ne semble pas encore tout à fait au point et perfectible, nous allons y revenir. Commençons par la traditionnelle phrase consistant à dire que toutes les options nécessaires au bon fonctionnement des possibilités de la carte sont présentes, ce qui est vrai.
Concernant la gestion des ventilateurs, élément fort différent d’une carte mère à une autre, elle est très complète chez Asus mais ne comporte pas de possibilités de réglages selon la température du processeur. Par contre en activant les modes Q-Fan, il y a moyen d’arriver à des très faibles nuisances sonores. Le mode Q-Fan est une gestion des ventilateurs selon la charge et la température relevée. Différents profils sont disponibles : Optimal, Silent et Performance mode. Le mode optimal est un niveau intermédiaire entre le mode ultra silencieux et celui optimisé pour la performance. En mode silent, le ventilateur tourne vraiment à de très faibles vitesses puisque notre Arctic Cooling Freezer 7 et son ventilateur PWM ne fonctionnait quz de 65 à 150 tours/minute (vérifié visuellement étant donné que c'est difficile à croire). Le processeur était alors à 65.5 °C, mesure relevée dans le bios. Avec ce même mode, le ventilateur optionnel pour le radiateur des mosfets fonctionnait à 2220 tours/minute. En mode Optimal, ces vitesses sont passées respectivement à 709 et 3552 tours/minute. En mode performance, les vitesses sont passées à 2327 et toujours 3500 tours/minute. Bref, il y a moyen de trouver son bonheur parmi les options disponibles.
Au niveau de la configuration du processeur, le coefficient est inaccessible sauf pour le X6800. Cependant des versions bêta du bios circulent en ce moment et qui permettent de baisser le coefficient de tous les Core 2 Duo. Selon nos informations, ces bios 1402/1403 devraient devenir officiels sous peu. On peut également activer le C1E, le Speedstep, la virtualisation et le contrôle thermique interne.
Au niveau de la mémoire, on a accès aux quatre traditionnels temps de latence mais également au DRAM Write Recovery Time. Signalons ici que deux timings sont inversés. En effet, nous pensions être en 4-4-3-10 avec notre DDR2 Mushkin alors que CPU-Z nous a révélé être en 4-3-4-10. Cela fait partie des imperfections de ce bios et que nous mentionnions au début. Dans cette partie du bios, nous trouvons également l’Hyper-Path 3 qui est un ensemble de réglages visant à booster la mémoire. En pratique, la bande passante mémoire augmente un peu passant de 5250 à 5325 Mo/s. Pas de quoi fouetter un chat et seules certaines applications comme la compression WinRAR ou encore 3DSmax7 en profitent pour grapiller quelques %. Dans ce même écran, on trouve diverses options destinées à booster la carte graphique comme le fameux PEG Link Mode qui avait défrayé la chronique il y a deux ans mais qui s'est révélé inefficace avec notre 7900 GTX. En mode faster, l'affichage se gelait en 2D dès l'arrivée sous le bureau de Windows.
Au niveau de l’overclocking, de nombreuses options sont présentes. Outre le mode manuel, Asus propose différents modes prédéfinis :
- Overclock 5%
- Overclock 10%
- Overclock 15%
- Overclock 20%
- Overclock 30%
- FSB888/DDR2-667
- FSB960/DDR2-800
- FSB1200/DDR2-800
- FSB1280/DDR2-800
- FSB1333/DDR2-667
- FSB1333/DDR2-834
Il y a également les options A.I. NOS qui pour rappel overclockent le processeur automatiquement selon la charge du processeur. Le choix de cette option donne également accès au voltage de la mémoire, du processeur et du chipset. On peut aussi définir la sensibilité du AI NOS pour qu’il s’enclenche même lors de faibles charges du processeur. Enfin, on peut définir le pourcentage d’overclocking maximal que le NOS peut appliquer.

En mode manuel, on peut changer le FSB de 100 à 550 MHz par pas de 1 MHz. La fréquence mémoire peut également être changée : DDR2-400/533/667/711/800/889/1067. Les choix sont très nombreux et fonctionnent contrairement à la Gigabyte GA-965P-DQ6. En effet, nous avons pu faire fonctionner de la DDR2-1067 à 533 MHz de FSB tout en conservant le FSB du processeur à 266 MHz. On découvre également un mode Performance proposant un mode Auto, Turbo ou Standard. L’objectif est de modifier certains paramètres de la communication entre le processeur et le chipset pour des performances accrues. En pratique, les résultats n'augmente que peu voire pas du tout dans les tests que nous avons réalisé. On peut encore toucher dans ce menu à la fréquence du bus PCI-Express et du bus PCI, sans oublier les traditionnels réglages de tension.
Overclocking
En matière d’overclocking, il se dit ci et là que le chipset 975X monte moins haut en FSB que le P965. C’est ce que nous avons pu constater sur cette P5W DH Deluxe puisque le maximum stable était un FSB de 400 MHz pour le processeur. Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas pu monter plus haut. Après diverses recherches, nous avons pu trouver quelques cas au-delà des 400 MHz, comme par exemple 450 MHz mais ils sont plutôt rares...
Au niveau du processeur, la P5W DH nous a permis d’exploiter tout le potentiel de notre X6800 puisque nous avons pu le faire fonctionner à 3.9 GHz au lieu de 2.93 grâce à un FSB de 355 MHz et le coefficient d’origine, à savoir 11. Bref, le FSB semble être limitant et pourrait poser des problèmes aux possesseurs de plus petits Core 2 Duo comme le E6600.
Conclusion

L’Asus P5W DH est une carte bourrée de fonctionnalités utiles comme l’EZ Raid, le Wi-Fi, le Dual Gigabit LAN ou encore les deux ports IDE. Des fonctionnalités moins fondamentales sont également de la partie et intéresseront certaines personnes comme le support du Crossfire, la télécommande, la possibilité d’utiliser sa carte mère comme réveil musical, le support de l’e-Sata, les profils d’overclocking, la possibilité de connecter un lecteur MP3, etc. Toutes ces fonctions n’ont pas empêché Asus de proposer un layout très bien étudié aux très rares défauts. Le bundle est également très riche et on a réellement l’impression d’en avoir pour son argent : antenne Wi-Fi, télécommande, 3 équerres PCI, etc. Basée sur le chipset Intel 975X, elle offre de très bonnes performances, un cran au-dessus de la Gigabyte DQ6 basée sur le chipset P965. Par contre en matière d’overclocking, le P965 semble plus prompt à monter haut en FSB que le 975X, ce qui n’a pas empêché la P5W DH de faire monter en aircooling notre X6900 de 2.93 à 3.9 GHz. Toutes les options sont disponibles dans le bios pour parvenir à overclocker correctement et de manière générale, ce bios est très complet.
Alors parfaite cette carte ? Non malheureusement. Les reproches que nous avons à formuler concernent le bios et les applications accompagnant la P5W DH. Le bios est certes complet mais perfectible à certains niveaux. Par exemple, les temps de latence de la mémoire sont inversés. Nous pensions avoir réglé du 4-4-3-10 et nous étions en réalité en 4-3-4-10. Les bios officiels de la P5W DH ne supportent pas encore la modification du coefficient multiplicateur bien que cela devrait être corrigé sous peu, une version bêta le permettant. Du côté des logiciels, la suite Ai Booster a refusé de s’installer tandis que le logiciel de gestion de la télécommande estime que la carte que nous utilisions n’était pas pas une carte DH (Digital Home) empêchant l’accès à certaines fonctions de cette télécommande. Tous ces petits soucis sont corrigeables et ne concernent pas le hardware mais la partie software. Espérons qu’Asus s’attellera à rapidement régler ces problèmes car pour une carte sortie il y a plusieurs mois, cela fait désordre. Parfois nous avions vraiment l’impression de jouer les rôles de bêta testeurs en soumettant les différents problèmes à Asus qui au passage nous a remercié de notre patience…
Une fois tous ces problèmes réglés, la P5W DH sera à même de devenir la digne remplaçante de la P4C800-E Deluxe, qui a elle-même connu quelques soucis du même ordre à ses débuts…