Abandon du Netburst

Comme nous venons de l’évoquer, ce qui a entraîné le déclin de l’architecture Netburst fut le passage au core Prescott, introduisant un cache de 1 Mo et des pipelines plus longs, dotés de 31 étapes contre 20 pour le Northwood. En effet, non seulement ce dernier était moins performant que les Northwood mais il dégageait bien trop de chaleur que pour permettre la poursuite de l’objectif premier de l’architecture Netburst : la montée en fréquence. Il faut en effet se rappeler qu’Intel espérait atteindre 5 GHz avec le Prescott tandis que le core suivant, le Tejas, devait permettre d’atteindre des fréquences encore plus élevées. Mais le dégagement thermique a eu raison de ces espoirs, Intel ayant stoppé son architecture Netburst à 3.8 GHz avec les Pentium 4 570 et 670, les Pentium Dual Core s’étant arrêté à 3.73 GHz avec le 965XE quasi introuvable. Mais le potentiel de montée en fréquence était bien là s’il n’y avait pas eu ces problèmes de chaleur. Il suffit de lorgner du côté des overclockers ayant recours à des systèmes de refroidissement extrêmes maintenant le processeur à des températures sous les zéro degrés pour s’en convaincre. En effet, les records d’overclockings dépassent les 7 GHz, le record étant fixé à 7473 MHz avec un Pentium 4 670.
Intel avait placé beaucoup d’espoir dans l’architecture Netburst et le problème du Prescott posait un réel souci au fondeur. En effet, les investissements réalisés ont été très importants et l’arrêt de la montée en fréquence bloquait Intel pour un moment, aucune autre architecture de bureau n’étant prête pour pallier ce problème dans les plans du géant de Santa Clara. En outre, les processeurs de bureau Intel se sont vus affubler d’une réputation de chauffe-plat, ce qui a fait le bonheur de AMD avec ses processeurs moins gourmands. Bref, il était temps pour Intel de mettre de côté l’architecture Netburst et de passer à autre chose. Mais comme une récente discussion avec un ingénieur d'Intel nous l’a confirmé, Intel ne perd pas espoir de revenir un jour au Netburst, architecture en laquelle le fondeur semble toujours croire.
Les choix d'Intel
La réponse aux problèmes du Prescott est matérialisée par l’architecture baptisée Core et qui est allée chercher son inspiration du côté de la plateforme mobile, très performante depuis l’introduction des Pentium M, et plus particulièrement le core Dothan qui introduisit les 2 Mo de cache L2. Avec ses pipelines courts, entraînant une faible consommation d’énergie, Intel avait à portée de main de quoi redorer le blason de ses processeurs de bureau. Bien évidemment Intel a apporté quelques améliorations à son architecture mobile afin d’assurer l’avenir pour au moins deux ans, durée de vie prévue par Intel pour cette micro-architecture. En effet, la succession est déjà en préparation et devrait voir le jour en 2008 avec l’architecture Nehalem tandis que la Gesher devrait arriver en 2010. D’ici là, les processeurs quad-core arriveront début 2007, des previews des premiers samples de Kentsfield ont par ailleurs déjà fait leur apparition sur le web.
Le cache L2 à gauche et les deux core à droite...Premier changement par rapport aux processeurs mobiles «Yonah», le passage à 4 Mo de cache L2 pour certains Core 2 Duo, d’autres continuant de se contenter de 2 Mo de cache L2. Ce cache est toujours unique et partagé par les deux cores contrairement aux 2 caches, un par core, des Pentium D. Le cache L1 reste à 32 Ko comme sur le Yonah, le Pentium D ayant pour rappel 16 Ko de cache L1. Au niveau du pipeline, les processeurs Core passent à un pipeline à 14 étages contre 12 pour les processeurs mobiles actuels. Intel introduit également un nouveau jeu d’instructions : le SSE4 tandis que l’EMT64 est généralisé à tous les processeurs Core, peu importe la plateforme. Le SSE4 consiste en 16 nouvelles instructions SIMD ayant pour but d’améliorer les opérations de compression et décompression vidéo. Signalons encore que la fonctionnalité de virtualisation est désormais embarquée sur tous les processeurs basés sur cette architecture Core, du moins sur les processeurs actuellement annoncés.
Au niveau de la gestion de l'énergie, les Core 2 Duo bénéficent tous du Speedstep qui a été amélioré pour l'occasion. On a également droit au UFGPC qui est l'Ultra Fine Grained Power Control qui va pouvoir mettre en veille certaines unités du processeur non utilisées lors de traitements ne nécessitant pas l'intégralité des unités du processeur, ce qui arrive très fréquemment. Bref, il semble bien loin le temps des Prescott et autres Presler chauffant plus que de raison. En effet, avec ce que nous venons d'évoquer et les TDP de 65 watts des Core 2 Duo de bureau, on peut s'attendre à une consommation en nette baisse et donc une réduction de la chaleur dissipée...