Quatre déclinaisons du nForce 5

Pour le socket AM2, NVIDIA lance le nForce 5 qui est plutôt une mise à jour du nForce 4. Attention, il n’y a rien de péjoratif dans ces propos : le nForce 4 est un bon chipset et le nForce 5 tente d’être meilleur. Mais soyons clairs, le socket AM2 n’apporte pas des nouveautés qui nécessitent un véritable nouveau chipset. Par exemple, VIA va proposer son existant K8T890 transposé sur socket AM2 sans le renommer. Mais on ne peut blâmer NVIDIA qui en tant que jeune société dynamique, la firme au caméléon n’a que 10 ans d’existence, tente de se faire une place au soleil face au géant Intel, l’autre roi du marketing. D'ailleurs le SPP n'est pas nouveau chez NVIDIA puisqu'il s'agit pour la plupart des chipsets du C51D.
nForce 550 / nForce 570 Ultra
nForce 570 Ultra / nForce 590 SLI 
Ce nForce 5 va être décliné en quatre versions :
- nForce 590 SLI MCP (2 MCP)
- nForce 570 SLI MCP
- nForce 570 Ultra MCP
- nForce 550 MCP
Voici un tableau résumant les différentes fonctionnalités de chacun :
LinkBoost : pour 7900 GTX only

Le Linkboost est une technologie spécifique au nForce 590 SLI et qui pour le lancement de ce chipset ne fonctionne qu’avec une GeForce 7900 GTX ou deux en SLI. Ce LinkBoost détecte automatiquement la présence d’une ou de deux cartes 7900 GTX et procède alors à un overclocking automatique du lien PCI-Express entre le MCP 590 SLI et la carte graphique mais également du lien HyperTransport entre les deux MCP 590 SLI si deux 7900 GTX sont installées. Cet overclocking est de l’ordre de 25% faisant passer la bande passante de 8 à 10 GB/s. En pratique, le(s) lien(s) PCI-Express passe(nt) de 100 à 125 MHz tandis que le lien HTT passe de 200 à 250 MHz. L’activation du LinkBoost s’affiche lors du POST et dans le Bios.
Nous n’avons pu vérifier en pratique les bienfaits ou l’inutilité du LinkBoost par manque de temps. Cependant, on peut dire que ce LinkBoost ne devrait pas apporter de gains sensibles de performances dans les jeux actuels mais par contre il se pourrait que les futurs GPU de Nvidia et les prochains jeux puissent y trouver un intérêt… Wait and See donc.
FirstPacket Technology
Le FirstPacket est une technologie implémentée dans tous les nForce 5, à l’exception du nForce 550, qui consiste à prioritiser les paquets. Cela permet par exemple de donner la priorité aux paquets utilisés pour les jeux et de faire passer les opérations FTP et autres après, améliorant dès lors le ping. Nvidia a par ailleurs un slogan pour cette technologie : «Be The King of The Ping». Mais Nvidia affirme que ce FirstPacket améliore également la performance du trafic réseau avec des applications comme la voix sur IP en réduisant les latences et en diminuant donc le nombre de paquets perdus. Cette fonctionnalité est implémentée dans les drivers NVIDIA et est activable à partir de là. C’est également dans les pilotes que l’on spécifie les applications devant bénéficier de la prioritisation.
Une démonstration effectuée lors de la présentation du nForce 5 chez NVIDIA à Santa Clara a montré que dans le jeu Serious Sam, sans le FirstPacket, le ping était de 50 sans transfert FTP de fichiers et de 400 à 500 en effectuant en même temps un transfert de fichiers. Avec le FirstPacket activé, le ping est resté à 50 que ce soit avec ou sans transferts de fichiers. A noter que ces tests ont été effectués avec un switch mais qu’avec une connexion ADSL, le ping aurait plutôt été de 200…
DualNet Technology
Les chipsets nForce 5, à l’exception ici encore du 550, supportent deux ports Gigabit LAN PCI-Express. NVIDIA affirme que le nForce 5 est le premier MCP à offrir une solution dual Gigabit utilisant la même puce physique. Il en résulte que la firme au caméléon estime que sa solution est la seule à permettre une concaténation des deux ports et non un simple routage.
Ce DualNet se compose de la fonction Teaming dont l’objectif est d’augmenter les performances de transferts de fichiers lorsque les deux ports Gigabit sont connectés. Ils sont en effet alors considérés comme un seul et unique port 2 Gigabits. En pratique, nous testerons plus tard les bienfaits ou non de cette technologie par rapport à une carte mère Intel dotée de deux ports Gigabit PCI-Express qu’il est possible de relier via un pont sous Windows. Par manque de temps, nous n’avons en effet pas pu effectuer ce test pour la date de fin de NDA fixée ce 23 mai à minuit. Des tests effectués lors de la présentation du Nforce 5 ont effectivement montré que le taux de transfert était doublé avec les deux ports Gigabit reliés à un switch par rapport à un seul port Gigabit relié au switch.
Ce teaming permet également d’éviter l’interruption d’un transfert si jamais un câble était débranché. Un autre avantage du DualNet est l’accélération TCP/IP réduisant l’utilisation du processeur par exemple lors d'un transfert de fichiers.
MediaShield Technology
Le MediaShield est simplement le système de gestion des disques du nForce 5 et qui se trouvait déjà sur le nForce 4. La différence entre le NF4 et le NF5, c’est que ce dernier supporte désormais en standard 6 ports S-ATA, hormis 4 pour le nForce 550. Ces derniers peuvent être mis en RAID 0,1,0+1 et 5. MediaShield permet de faire du RAID sous Windows, de manière logicielle donc. Bien évidemment il vaut mieux éviter de faire du RAID sous Windows étant donné que les performances s’en ressentent énormément. La démonstration faite par NVIDIA était assez éloquente lorsqu’ils ont transféré un fichier de 100 Mo sur un RAID5 de six disques en… une dizaine de secondes.
SLI-Ready Memory : stable ?

Avec son nForce 5, NVIDIA est fier de lancer la mémoire SLI-Ready en collaboration avec Corsair. De quoi s’agit-il ? Principalement de l’EPP (Enhance Performance Profile) qui est en quelque sorte un SPD amélioré. Pour rappel le SPD est une puce contenant des informations sur la mémoire et lues par le bios : temps de latence, fréquence, etc. NVIDIA et Corsair ont décidé d’améliorer ce SPD en y ajoutant de nouveaux paramètres et informations concernant la mémoire. Selon Corsair, le SPD est vide à certains endroits et il ont trouvé intéressant de le remplir par des informations additionnelles comme le voltage de la mémoire et des profils contenant certains réglages pouvant être lus par le bios.
Bien évidemment, le terme SLI est un peu usurpé ici et passera pour un terme très marketing pour la majorité de nos lecteurs. Mais interrogé sur ce sujet, NVIDIA nous a dit que ce terme était à destination du grand public voulant une machine performante : le genre de clients souhaitant une machine SLI avec la meilleure mémoire sans rien y connaître à l’overclocking. Car c’est là le seul et unique but de la mémoire SLI Ready : tirer le maximum de sa mémoire sans rien y connaître. Il faudra au moins savoir comment utiliser un bios étant donné que c’est là que tout se passe. En effet, si ces modules SLI enabled sont installés, le bios les détecte et montre le paramètre dans le bios. Selon la carte mère on a le choix entre différentes options : overclock de 1 à 16% et OC Max sur la Foxconn ou High Frequency, High Performance et Optimal sur la Asus. L’objectif de la mémoire SLI est de se rapprocher le plus possible de sa valeur théorique en jouant avec les paramètres du processeur si nécessaire mais également d'optimiser les réglages des temps de latence.
Tout ceci fonctionne grâce à des profils implémentés dans l’EPP contenant des informations comme le voltage, le Command Rate, le Cycle Time, le CAS, le tRCD, le CS Delay, le tWR, le tRC, etc. S’il s’agit de mémoire DDR2-800, l’intérêt est limité étant donné que le contrôleur des AM2 supporte pareille mémoire. Tout ce que le SLI Ready fera ici c’est par exemple sur la Foxconn d’augmenter le voltage de la mémoire de 1.91 volts à 2.01 volts pour passer des timings d’origine 5-5-5-18-2T à 4-4-4-12-2T. Pas de 1T à l’horizon alors que nos barrettes tenaient le 4-4-4-12-1T sans augmentation de voltage. Bref, les experts se passeront de la SLI-Ready memory.

Pour des barrettes DDR2-1066, l’intérêt est supérieur. En effet, en manuel, il faut s’amuser à calculer la valeur de FSB et le multiplicateur à utiliser pour faire fonctionner la mémoire au-delà des 400 MHz. En manuel, avec un FX-62 cela consiste par exemple à baisser le coefficient à 11, monter le lien HTT à 254.54 MHz tout en laissant le ratio DDR2 sur DDR2-800 ou Auto. Au final, on arrive à une mémoire fonctionnant à 466 MHz tandis que la fréquence du processeur reste inchangée. En poussant plus loin, on peut encore baisser le coefficient à 10, monter le lien HTT à 281 et ainsi obtenir de la DDR2 à 560 MHz, soit de la DDR2-1120. Les barrettes SLI-Ready font tout ça en automatique sauf qu’en principe, elles n’iront pas jusque 560 MHz mais s’arrêteront avant.
Signalons que lors de tests effectués sur la M5N32-SLI Deluxe de Asus, le réglage Optimal de l'option SLI memory passait les temps de latence de notre kit 2 Go de DDR2-800 de 5-5-5-18-2T à 4-4-4-12-2T. D'autres temps de latence sont certainement modifiés mais le résultat fut que sous les tests 3DSMAx7 et la compression en WMV, le système plantait. Nous avons dû augmenter le voltage de la mémoire à 2.1 volts pour que ces tests puissent être menés à terme. Pas certain que le client lambda soit content de se retrouver avec de la mémoire instable et qu'il ait conscience qu'il faille aller augmenter le voltage de la mémoire... Reste à voir si ce sont des défauts de jeunesse ou de réels problèmes.
Pour résumer, la mémoire SLI Ready permet au bios de charger des paramètres certifiés inclus sur les barrettes dans l’EPP, le SPD amélioré. Cet EPP est un standard ouvert et d’autres fabricants que Corsair devraient suivre comme OCZ, Kingston, etc. A noter également que des modules SLI-Ready fonctionneront sans problèmes sur des cartes mères ne les reconnaissant pas.