Support de la DDR2 : on reparle de la limitation du diviseur mémoire
Pour introduire le socket AM2, AMD parle d'une transition vers la DDR2. On ne parle pas donc ici d’une gamme entièrement nouvelle mais plutôt de la transition d’une architecture existante vers un nouveau socket à 940 pins (les pins sont positionnées différemment sur l'AM2, en sus de la pin supplémentaire en bas à gauche) pour supporter la DDR2. AMD annonce à ce sujet que le support de la DDR2 est garanti pour au moins deux ans. Les processeurs AM2 Athlon 64 FX et X2 supportent la DDR2-800 (PC2-6400), les autres devant se contenter de DDR2-667 (PC2-5300), DDR2-533 (PC2-4200) ou DDR2-400 (PC2-3200). Tous gèrent cette mémoire en double canal, y compris les Sempron, ce qui est une nouveauté vu que ces derniers étaient cantonnés au socket 754 jusqu'à présent.
Deux 4400+ X2 difficiles à distinguer... sauf au niveau des pins positionnées différemment sans compter la pin supplémentaire, en bas à gauche...
Cependant, le passage à la DDR2 va faire remonter à la surface de manière plus marquée une limitation de l'Athlon 64 qui existe depuis son introduction : le diviseur mémoire. En effet, la fréquence de fonctionnement de la mémoire est calculée par le contrôleur interne à partir de la fréquence du processeur. En d’autres termes, le processeur divise sa fréquence par un diviseur pour obtenir la fréquence de la mémoire. Le problème, c’est que AMD n’a implémenté dans son contrôleur que des valeurs entières de diviseur. Il en résulte que le ratio choisi dans le bios pour la mémoire ne donnera pas toujours la valeur attendue. Par exemple, un ratio DDR2-533 correspond à un ratio RAM/CPU de 266/200, soit 1.33. Pour obtenir la fréquence mémoire, il faut un diviseur qui soit le plus proche possible de cette valeur de 1.33. On peut l’obtenir en divisant le coefficient du processeur par cette valeur de ratio. Dans le cas d’un Athlon FX-62 cadencé à 2.8 GHz via un coefficient multiplicateur de 14, on obtient 14/1.33=10.5. C’est ce diviseur mémoire là que devrait appliquer le contrôleur interne mémoire du processeur pour faire fonctionner la mémoire à une fréquence de 266.66 MHz pour de la DDR2-533. Mais comme le contrôleur des processeurs K8 ne peut utiliser que des diviseurs entiers, il va essayer de trouver le diviseur entier le plus proche n’overclockant pas la mémoire. Dans notre exemple, ce sera un diviseur 11. On obtient alors une fréquence mémoire de 2800/11, soit 254.55 MHz au lieu des 266 MHz attendus.
Voici un tableau montrant à quelles fréquences fonctionneront des barrettes de DDR2-533, DDR2-667 et DDR2-800 selon le processeur AM2 concerné :
Comme on le voit avec certains processeurs, la mémoire fonctionne à sa valeur attendue tandis qu’avec d’autres, on est en dessous de la fréquence «normale». Dans certains cas c’est négligeable mais dans d’autres non. Par exemple, dans le cas de l’Athlon 64 X2 4800+ combiné à de la DDR2-667, cette dernière fonctionne à 300 MHz au lieu des 333 MHz attendus. La perte de performances peut dans certains cas s'avérer être importante mais le problème va également éclabousser les OEM et autres intégrateurs, vis-à-vis de leurs clients.
Athlon 64 4400+ et DDR2-533 à 245 MHz et non 266...
Athlon 64 FX-62 et DDR2-533 à 255 MHz et non 266... En effet, certains clients vont se demander pourquoi leur DDR2-533 ne fonctionne pas à 266 MHz. Certains OEM vont probablement voir d’un mauvais œil ces clients appeler leur hotline pour un soi-disant bug qui n’en est pas un. Si nous en tant qu’utilisateurs avertis, cela ne nous pose pas de problèmes, il va certainement en être tout autrement pour ces utilisateurs lambdas, qui représentent la plus grande part du marché. De tout cela, il risque de découler un problème majeur, c’est que les OEM risquent de se ruer sur les processeurs pour lesquels la fréquence mémoire tombe juste ou... sur la DDR2-400 très peu véloce. AMD risque donc de devoir faire face à une demande déséquilibrée. Tout ceci sera à observer dans les mois à venir car il se peut également que cette limitation passe inaperçue. On ne peut cependant que se demander pourquoi AMD n’a pas inclus des diviseurs entiers ½, ce qui aurait évité cette limitation…
Un socket un peu différent…
Visuellement ce socket AM2 semble ne pas se différencier du socket 939. Pourtant la disposition des pins est diférente et une 940ème pin a été ajoutée en bas à gauche du socket. Pour rappel, AMD a déjà commercialisé des processeurs socket 940 avec les premiers Athlon 64 FX et continue de le faire avec les Opteron 2xx. Cependant les Opteron 2xx ne sont pas compatibles avec le socket AM2.
Nouveau système de rétention à quatre vis... Le système de rétention a été modifié et les ventirads actuellement compatibles avec le socket 939 ne pourront malheureusement pas être utilisé sur le socket AM2, du moins pour la plupart d'entre eux. Il adopte une forme plus rectangulaire tandis que les trous autour du socket passent de deux à quatre. NVIDIA nous a fourni pour ce test un des rares ventirads utilisable avec le socket AM2 : le Zalman CNPS9500 AM2 compatible avec le socket AM2 mais aussi avec les sockets 754/939 et 940. Zalman s’est donc associé à NVIDIA pour le lancement du Nforce 5 comme en atteste l’autocollant apposé sur le ventilateur et la diode qui passe du bleu sur la version classique du 9500 LED au vert pour cette version AM2. De sonc côté, le ventirad livré avec le FX-62 est un AVC doté d'une base en cuivre, de caloducs et d'un ventilateur de 70 millimètres.
Le ventirad fourni avec le kit FX-62
Le Zalman CNPS9500 AM2 fourni avec le kit presse NVIDIA