Des processeurs consommant moins et des versions TDP 35 watts !

Comme nous l’avons déjà signalé dans l’introduction, AMD ne lance pas moins de 29 processeurs sur socket AM2 se répartissant entre 9 Sempron, 5 Athlon 64, 14 Athlon 64 X2 et un Athlon 64 FX. Avec l’AM2, AMD ne passe pas encore à une finesse de gravure en 65nm mais reste en 90nm pour toute la gamme. La nouveauté majeure est le FX-62 cadencé à 2.8 GHz et qui constitue donc le premier processeur dual core du fondeur à être officiellement cadencé à cette fréquence. Un autre nouveau processeur est représenté par l’Athlon 64 5000+ qui est un modèle dual-core cadencé à 2.6 GHz comme le FX-60 sur socket 939 sauf que ce 5000+ n’a pas un cache de 2x1024 Ko mais de 2x512 Ko. Enfin, dernier nouveau processeur : le X2 4000+ cadencé à 2 GHz et doté de 2x1024 Ko de cache L2. Ce dernier est certes un nouvel Athlon 64 mais existe déjà sur socket 939 en tant qu’Opteron 170, lui aussi cadencé à 2 GHz et proposant 2x1024 Ko de cache. Ces trois nouveaux processeurs sont les trois réelles nouveautés de cette gamme. En effet les 26 autres processeurs sont des modèles existants transposés sur le socket AM2. Attention, nous n’insinuons pas que les processeurs AM2 ne sont pas nouveaux mais simplement que les fréquences et taille de cache existaient déjà en socket 939 pour la majeure partie des processeurs AM2. Il est bien évident que ce ne sont pas les mêmes processeurs, les AM2 intégrant un contrôleur mémoire DDR2. Mais il est également clair que les AM2 sont basés sur la même architecture que les Athlon et Sempron d’ancienne génération, à savoir l’architecture K8. Le Sempron de son côté passe du socket 754 au même socket que ses grands frères AM2 et bénéficie donc du support de la mémoire en double canal.
Le tableau ci-dessous reprend à gauche les 29 modèles AM2 lancés ce 23 mai et à droite leurs équivalents sur socket 939 et 754. Les spécifications en gras sont soit celles qui sont différentes de celles de la génération précédente, soit les processeurs qui n’existaient pas auparavant en termes de fréquence et de taille de cache L2. Ce tableau ne reprend donc pas tous les processeurs socket 939 ou 754 mais uniquement ceux qui ont un équivalent sur socket AM2 !
On a donc droit à trois nouveaux core : le Manila pour les Sempron, le Orleans pour les Athlon 64 et le Windsor pour les Athlon 64 X2 et FX. Outre ces 29 processeurs, d'autres modèles sont attendus à moyen terme :
- Athlon 64 FX-64, 3 GHz, 2x1024 Ko de cache L2
- Athlon 64 X2 5400+, 2.8 GHz, 2x512 Ko de cache L2
- Athlon 64 X2 5200+, 2.6 GHz, 2x1024 Ko de cache L2
A plus long terme, on attend des versions gravées en 65 nanomètres et basées sur un core qui prendra l'appellation Brisbane.
Athlon 64 X2 4400+ AM2 / Athlon 64 FX-62 AM2 / Sempron 3200+Le tableau ci-dessus montre que l’autre nouveauté c’est la consommation en baisse. En effet, les TDP des processeurs AM2 sont égaux ou en baisse par rapport à leur équivalent sur socket 939, exception faite du FX-62 qui passe de 104 à 125 watts. Mais AMD va plus loin en proposant des versions EE de ces processeurs AM2. Non, il ne s’agit pas de versions Extreme Edition comme chez Intel mais de versions proposant un faible TDP de 65 ou 35 watts, d'où le EE pour Energy Efficient.
Les versions 35 watts sont donc quelque part les remplaçantes des Athlon 64 Mobile et autres Turion qui sévissaient sur socket 754. Cela va permettre notamment de combler l’absence du Turion X2 dans les plateformes de bureau de par son passage du socket 754 au socket S1 638 pins. Désormais les Turion pour les PC de bureau sont remplacés par les Athlon 64 EE et autres Sempron EE. Faute de sortir une nouvelle architecture, AMD espère convaincre en sortant des processeurs basse consommation qui intéresseront les amateurs de silence. Reste à voir quelle sera la disponibilité de ces versions étant donné qu’il est plus difficile de produire des processeurs à faible TDP. Ces versions basse consommation sont en effet sélectionnées parmi d’autres car elles peuvent fonctionner à des valeurs de Vcore moins élevées et généralement ont donc un meilleur potentiel d’overclocking. Elles risquent dès lors d’être très recherchées, en espérant qu’AMD pourra suivre la cadence. On notera que les Athlon 64 X2 AM2 n’ont qu’une seule version EE réellement intéressante en la personne du 3800+ EE proposant un TDP de 35 watts tandis que les autres X2 EE ont un TDP équivalant à 65 watts au lieu de 89 watts.
Ces processeurs sont lancés ce 23 mai en collaboration avec NVIDIA et son chipset nForce 5 sur lequel nous allons revenir. AMD annonce également des chipsets ATI, SiS, ULi et VIA. Ces quatre derniers se sont cependant fait très discrets durant la période précédant le lancement des AM2, au contraire de NVIDIA. Pour peu, on aurait pu croire que seul NVIDIA allait sortir un chipset pour socket AM2. Au niveau des cartes mères disponibles, AMD en dénombre une bonne soixantaine. Il est vrai que lors du CeBIT de Hannovre, nous avions déjà pu en voir un grand nombre...
La virtualisation
Ces processeurs AM2 introduisent une autre nouveauté : la virtualisation nommée Pacifica chez AMD, déjà présente chez Intel sur certains Core Duo, les Pentium 4 672 et 662, les Pentium D 9xx, les Pentium Extreme Edition 965 et 955 et les Xeon 7xxx. Pour rappel, la virtualisation est la possibilité de faire fonctionner plusieurs environnements virtuels simultanément à partir d’un seul et même ordinateur. En pratique, un seul ordinateur pourrait par exemple être utilisé par deux personnes différentes, en même temps, avec chacune leur propre environnement logiciel. Cette technologie permet également à une seule et même personne de faire fonctionner plusieurs PC virtuels à partir d’une seule et même machine. En d’autres termes, on pourrait envisager un PC virtuel pour surfer et un autre pour effectuer des tâches plus importantes. L’avantage serait que ces deux PC sont isolés l’un de l’autre et qu’en théorie, des virus attaquant le PC virtuel ne viendrait pas altérer l’autre PC.
Cela peut également permettre de faire fonctionner en simultané plusieurs systèmes d’exploitation sur un seul ordinateur. Cette possibilité peut s’avérer utile pour les développeurs souhaiter tester des applications qu’ils écrivent sous plusieurs systèmes d’exploitation sans pour autant devoir redémarrer l’ordinateur pour lancer un autre OS. La virtualisation peut encore avoir comme application la possibilité pour un service de helpdesk de pouvoir intervenir sur un PC client sans perturber ou très peu le travail de l’utilisateur du PC. Chaque protagoniste évoluerait en effet dans son propre environnement sans voir celui de l’autre.
Cette virtualisation nécessite des logiciels adaptés qui ne sont pas vraiment encore disponibles à l’heure actuelle. Il faudra en effet attendre Vista pour avoir un système d’exploitation prenant en charge cette fonction. Sous Linux, c’est déjà envisageable mais la mise en œuvre est peu évidente. Il faut également une carte mère dotée d’un bios supportant cette fonction qui dans certains cas requièrt également une émulation des entrée/sorties de la carte. En bref, à l’heure actuelle, la virtualisation est une technologie qui n’a pas d’applications pour les communs des mortels que nous sommes. En attendant Vista et Microsoft, comme souvent…