Après cette introduction déjà évocatrice des évolutions, entrons un peu plus en détail dans l'histoire de cette jeune plateforme Centrino...
Centrino : première "plateforme"

Lors du lancement du Centrino en 2003, c’est quelque part la première fois qu’on entendait parler de plateformes dans notre jargon. La première des plateformes Centrino avait pour nom de code «Carmel» et regroupait donc un Pentium M en FSB400 allant de 1.3 GHz jusqu’à 1.7GHz (ce dernier arrivant bien plus tard), un chipset 855gm, 855gme ou encore 855pm (ce dernier étant dépourvu de solution graphique intégrée), et enfin une puce 2100 Pro Wireless pour le Wi-Fi à la norme 802.11b.
Le premier reflexe de nombreuses personnes à propos de ce "concept" à l’époque était, et à juste titre, «pas bien rapide tout ça, un P4 est bien mieux !». Ce n’était donc pas faux mais là où le Pentium 4 Mobile de l’époque avait un TDP pouvant monter jusque 89 Watts, le Pentium M avec sa fréquence très basse avait un TDP de seulement... 21 Watts. Pour rappel, le principal intérêt d’une basse consommation est de pouvoir enfin proposer des ordinateurs portables légers, fins, silencieux et n’ayant pas une batterie de 12 cellules pour tenir 1 heure en autonomie comme ce pouvait être le cas avec certains Pentium 4 Mobile.
En effet, avant le Centrino, Intel n'avait à son catalogue que les P4-M mais qui n’avaient qu’une gestion limitée du speedstep étant donné que celui-ci ne permettait de descendre que jusque 1.2 GHz, mais sur une architecture Netburst…Bref rien de bien glorieux pour Intel dans le monde des portables.
Cette première plateforme est lancée sur le marché au printemps 2003 et malgré qu'elle soit prometteuse et autorise une très bonne autonomie, elle manque cruellement de puissance…
Janvier 2005 : le Sonoma, un coup de fouet salvateur
Avec son premier Centrino et à grands renforts de marketing, Intel tenta de prouver que derrière cette appellation se cachent de l’autonomie, de l’autonomie et aussi de la mobilité… Certes c’est bien le premier usage d’un portable mais les configurations en Pentium 4 Mobile se vendent et continuent de se vendre très bien. Le coup d’arrêt est alors lancé par Intel : le Sonoma, qui est l’évolution de Carmel.
On change d’abord les spécifications du CPU, le FSB (Front Side Bus) passant alors du vieillissant FSB100 au FSB133, soit 533 MHz Quad Pumped. Les chipsets 855 laissent place aux 915 avec pour changements majeurs : la mémoire qui passe de la DDR333 en simple canal à la DDR2-533 gérée en double canal, le support du son HDA (High Definition Audio), et surtout le PCI-Express pour les cartes graphiques. Le processeur change d’enveloppe thermique pour passer de 21 à 27 Watts. Ce changement est mineur et pourtant on a vu l’autonomie baisser majoritairement sur tous les portables. Le processeur n’est pas le seul en cause, l’arrivée des cartes graphiques en PCI-Express n’y est pas étrangère non plus...