Une histoire de chien
Le mot Aibo est la contraction de AI pour Artificial Intelligence (intelligence artificielle) et BO pour robot mais signifie aussi compagnon ou ami en japonais. Il a été développé par le Digital Creature Laboratory au Japon, une branche de recherche sur les créatures numériques de Sony. Ce laboratoire a été créé en 1993 par le docteur Toshitada Doi. Le premier prototype baptisé «Mutant» n'est finalisé qu'en 1997, les ingénieurs ayant rencontré beaucoup de problèmes avec la synchronisation des mouvements mais aussi avec la reconnaissance des couleurs en fonction de la lumière ambiante. Le premier Aibo, modèle ERS-110 (Entertainment Robot System) est commercialisé en juin 1999. Cinq milles unités sont produites au total dont 3 000 unités uniquement pour le marché japonais, le solde étant écoulé aux Etats-Unis. Les 3 000 unités japonaises ont été vendues en 20 minutes sur Internet tandis qu'aux USA, il aura fallu attendre 4 jours pour écouler les 2 000 pièces. Trois modèles se sont ensuite succédés avant l’arrivée du ERS-7. Ainsi l’ERS-210 vit le jour en novembre 2000 suivi de l’ERS-220, doté d'un look moins sympathique, apparu en novembre 2001. Le modèle ERS-311, déjà plus travaillé, est commercialisé en même temps. Ce dernier est moins bien équipé et plus lent mais il est vendu moitié prix. Enfin, le modèle ERS-7M, le plus évolué de la gamme, sort en septembre 2003 tanis que la version M2 (Mind 2) apparaît en octobre 2004. La toute dernière version Mind 3 date quant à elle du 29 octobre 2005.
Un concentré de technologie
1 - Microphone stéréo
2 - Capteur infrarouge de distance
3 - Caméra couleur de 350 000 pixels
4 - Gueule
5 - Capteur infrarouge de distance
6 - Queue
7 - Oreille
8 - Capteur tactile
9 - Lumière d'activité Wifi
10 - Bouton de pause
11 - Capteurs tactiles
12 - Lumière du visage
13 - Lumière du capteur
14 - Indicateur de mode
15 - LED d'opération (allumage, extinction, etc.)
16 - Lumière des capteurs

1 - Capteur de pression
2 - Haut parleur 20,8 mm 500 mW
3 - Connecteur de chargement
4 - Contrôle du volume
5 - Interrupteur Wifi
6 - LED d'accès au Memory Stick
7 - Bouton d'éjection de la batterie
8 - Capteur tactile du menton
9 - Adresse MAC
10 - Emplacement batterie
11 - Bouton éjection du Memory Stick
12 - Emplacement Memory Stick
Le dernier modèle de Sony est un véritable concentré de technologie. Il est équipé d'un processeur RISC 64 bits cadencé à 576 MHz, de 64 Mo de ram, d'une caméra avec un capteur de 350 000 pixels, d’un microphone dans chaque oreille, d'un haut parleur, de deux capteurs de distance par infrarouge, d’un capteur d’accélération, d’un capteur de vibration, de capteurs sensitifs sur la tête, le bas du dos, sur le menton et les pattes, ainsi que de nombreux moteurs permettant au cyberchien de se mouvoir et de retransmettre ses émotions. Il mesure 180 x 278 x 319 mm pour un poids de 1,6 kg. Il dispose d’un module Wi-Fi compatible avec les réseaux 802.11b et 802.11g, fréquence des 2,4 GHz sur les canaux de 1 à 11, et aussi du cryptage WEP 64 et WEP 128. Il consomme en moyenne 7 Watts en fonctionnement "normal".
Illustration de la détection des mouvements et de la reconnaissance du visage Le chien analyse en permanence son environnement : il détecte les mouvements et repère les visages humains, les objets et ses compères via l’analyse en temps réel effectuée par sa caméra. Il écoute aussi tous les sons de son environnement en permanence ce qui lui permet de répondre à la moindre sollicitation.
Le chien de Sony est livré avec un Aibone (son 'os" spécifique), une balle rose et la station de rechargement. En revanche, Sony ne livre pas de lecteur de Memory Stick alors que celui-ci est indispensable pour configurer la connexion sans fils du cabot, un comble sur un appareil valant plus de 2 000 euros.
La naissance de la cyber-émotion

Sony joue le jeu du "compagnon" sans concession puisqu'à l'instar d'un vértiable chien avec lequel aucune notice n'est fournie, Aibo est livré avec un manuel n'expliquant quasiment rien. Comme avec un chien fait de chair et d'os, il faudra découvrir votre compagnon vous-mêmes. A l'ouverture de la boite, il suffit d'insérer le Memory Stick contenant le logiciel Aibo Mind 3 et la batterie pour que le show commence.
Le chien peut enregistrer jusqu'à trois propriétaires qu'il pourra reconnaitre visuellement ou à la voix. Le cyberchien effectue beaucoup de choses tout seul : il joue avec son Aibone et sa balle mais il vient aussi naturellement vers les hommes à la manière d'un chien. L'Aibo est entièrement autonome puisqu'il retourne sur sa station de rechargement dès que sa batterie est faible. Il émet des bruits à la R2D2 et bouge la tête avec une petite resistance comme un vrai petit chiot lorsqu'on le caresse. En bref, le petit chien de Sony est vraiment attachant. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le géant nippon a réussi à mettre une sorte d'âme dans un objet entièrement artificiel et c'est ce qui fait le charme de l'Aibo. Alors peut-on parler de cyber-émotion ? Tout à fait, tant ce petit bout de futur ne laisse pas indifférent.
Un avenir pour les robots ?
On attend les robots domestiques depuis longtemps. Beaucoup de gens pensaient que les robots envahiraient les foyers avant l'an 2000 mais force est de constater que même aujourd'hui ces cyberdomestiques se font attendre. A contrario, les robots spécialisés ont envahi les chaînes de montage et la plupart des entreprises du secteur industriel mais ils sont encore loin de débarquer à la maison bien que ce cyberchien tende timidement à prouver le contraire.
Plusieurs sociétés proposent déjà des robots domestiques à vocation utilitaire comme des aspirateurs autonomes qui permettent de soulager l'homme de cette tâche ingrate sous réserve de disposer d'une surface accessible. Cependant, l'avenir nous réserve sûrement d'autres surprises. Ainsi plusieurs cyberhôtesses ont été présentées au salon IREX 2005, du robot au véritable clone d'hôtesse avec de la peau synthétique, mais aussi des véhicules de nettoyage urbain ou domestique autonome sans compter les robots danseurs. La relation interactive entre l'homme et la machine n'en est encore qu'à ses débuts et malgré la puissance des ordinateurs, il faudra encore attendre quelques dizaines d'années avant de voir de véritables robots intelligents. Et cette intelligence artificielle entraînera par la force des choses plusieurs problèmes éthiques comme le statut de la machine vis à vis de celui de l'homme...
Les hôtesses virtuelles et le nettoyeur urbain autonome
Quelques photos de notre cyberchien baptisé Aïbe
Liens annexes