L'intérieur Passons sous le capot et inspectons l'intérieur de l'alimentation. Pour y parvenir, nous avons retiré 4 vis nous permettant de retirer une des faces du bloc faisant office de radiateur. Tout comme pour la Phantom 350, l'envers de ce dernier est recouvert de pâte à certains endroits clés. Ces bandes de pâte thermique permettent aux composants de transmettre leur chaleur au châssis. Les similitudes entre la Phantom 500 et la 350 ne s'arrêtent pas là. Après examen minutieux, il est clair que ces deux alimentations ont la même base. D'ailleurs elles utilisent toutes deux un PCB labellisé CWT-500.
Un examen poussé des composants ne nous a pas permis de dégager des différences majeures entre les deux intérieurs. Les composants sont à la même place, ont la même taille et seules des références différentes peuvent signifier que certains composants auraient pu être renforcés. Ce qui est très étrange, ce sont les ampérages annoncés pour chaque alimentation. Voici un tableau montrant les valeurs de chaque bloc :
Ce tableau est édifiant. En effet on constate que les seules différences sont 1 ampère de plus pour le +12V1 et 2 ampères de plus pour le +3.3 volts, ce qui ne sert quasi à rien en pratique. Mais ô miracle du marketing, ces 3 malheureux ampères sont des ampères dopés aux stéroïdes anabolisants car ils permettent à la Phantom 500 de revendiquer une charge maximale supérieure de 150 watts par rapport à la Phantom 350.
Deux hypothèses sont envisageables ici. Soit la Phantom 350 est sous-estimée, soit la Phantom 500 n'est qu'une Phantom 350 ventilée. Vu ce qui est écrit sur le PCB de ces alimentations, nous pencherions pour l'hypothèse suivante : la Phantom 350 est une Phantom 500 mais réellement fanless. Les ingénieurs ont dès lors estimé qu'en tant que tel, cette alimentation pouvait revendiquer 350 watts sans refroidissement. Il faut en effet savoir que le fait de ventiler une alimentation repousse ses limites et lui permet donc de supporter une plus grosse charge. La Phantom 500 est probablement une véritable 500 watts mais qui doit obligatoirement être ventilée pour tenir de grosses charges.
Bien évidemment, nous n'avons pas la preuve formelle que ces deux blocs sont complètement identiques mais arrêtons de nous voiler la face. L'examen des composants n'a pas permis de dégager de différences dignes de ce nom et les ampérages annoncés par Antec sont folkloriques. Ajoutons à cela une mise en route très rapide du ventilateur et il ne nous en faut pas plus pour qualifier cette Phantom 500 de "supercherie"... Cela n'en fait pas une mauvaise alimentation mais son positionnement marketing est très discutable. En résumé, on en viendrait presque à vous dire d'acheter une Phantom 350 et de lui coller un ventilateur si vous voulez la transformer en Phantom 500... sauf que la Phantom 350 a des protections taillées pour une 350 watts et non une 500.
Les tensions Voici les valeurs du +12 volts, ligne la plus sollicitée dans les configurations actuelles :
No comment. C'est stable et malgré la charge importante que nous faisons subir à l'alimentation, les tensions ne bougent pas d'un poil. Impressionnante comme toutes les Antec True Power.
Consommation L'Antec Phantom 500 offre un des meilleurs rendements de ce comparatif. L'écart se creuse même très nettement plus la charge augmente. A ce niveau, Antec ne s'est clairement pas moqué de nous.
Nuisances sonores Idéalement, une alimentation semi-fanless dispose d'un ventilateur devant se mettre en route lorsque des températures critiques sont atteintes. Il doit ensuite s'éteindre une fois que la charge est passée et que les températures sont redevenues normales. C'est de cette façon que se comporte la Yesico 550 watts. La Phantom 500 ne se comporte pas du tout comme cela. Lors des premiers tests, nous avons attendu 5 minutes en idle et constaté que le ventilateur ne se mettait pas en route, comme nous nous y attendions. Nous avons alors lancé CPUBurn et le ventilateur s'est mis en route après quelques minutes. Nous avons stoppé la charge et il ne s'est jamais éteint ! Nous avons alors arrêté le PC, attendu un peu et l'avons redémarré. Le bloc n'avait pas eu le temps de suffisamment se refroidir puisque le ventilateur se mettait en route d'office. Il fallait arrêter le PC environ 30 minutes pour que ce satané ventilateur ne redémarre pas. Même en jouant avec les 3 positions possibles, rien n'y a fait.
Le fait qu'il ne s'arrête jamais peut éventuellement s'expliquer par une mauvaise position de la sonde devant mesurer la température qui va déclencher le démarrage du ventilateur. Si elle est placée après des composants qui chauffent, elle va recevoir de l'air chauffé par ces composants et soufflé par le ventilateur. Elle mesurera donc en permanence une température indiquant au ventilateur de fonctionner. Si tel est le cas, voilà une erreur de conception dommageable...

Quant aux nuisances sonores de ce ventilateur, elles ne sont pas énormes mais le souffle qu'il génère est cependant audible dans une configuration étudiée pour le silence. Si vous avez plusieurs ventilateurs dans votre configuration, il ne sera pas le plus audible mais dans une configuration très peu ventilée, son bruit pourrait vous exaspérer, d'autant plus que plus on monte une configuration silencieuse, plus on devient exigeant et le moindre bruit devient alors insupportable...
Bilan 
L’alimentation Antec Phantom 500 fait partie des meilleures alimentations que nous ayons testées à ce jour. Les tensions de la Phantom sont irréprochables même lors de charges très importantes et ce même après de longues périodes de sollicitation. La technologie True Power offrant des canaux séparés pour chaque tension montre ici une fois encore toute son utilité.
Là où les précédentes générations d’alimentations de ce type avaient tendance à chauffer plus que de raison, voilà que la Phantom nous gratifie d’un rendement exceptionnel. Antec l’estime à 82%, ce qui est une valeur d’un haut niveau. En pratique, nous avons pu constater que la Phantom 500 consommait nettement moins de watts que la majorité de ses concurrentes du jour. Il en résulte une chauffe nettement moindre, ce qui constitue la base idéale pour réussir une alimentation peu ventilée ou fanless.
Et c’est là qu’Antec ruine tous ses efforts avec la Phantom 500. Tout est en effet gâché par ce stupide ventilateur qui se met en route trop rapidement et qui ne s’arrête quasi jamais plus une fois qu’il s’est décidé à refroidir le bloc et ce même lorsque la charge diminue. Il a beau ne pas être très bruyant, il génère tout de même un bruit de souffle qui pourra gâcher le plaisir de personnes ayant tout fait pour parvenir à une configuration silencieuse. La présence de 3 positions de déclenchement n’y change rien et c’est avec dépit que nous avons terminé le test de cette Phantom 500…
On pourra également reprocher à Antec le positionnement donné à la Phantom 500 au niveau marketing. En effet, quand on regarde l’intérieur du bloc et quand on lit les spécifications de la Phantom 500 par rapport à la Phantom 350, on se dit qu’il y a quelque chose qui cloche. En effet, les différences entre ces deux blocs sont infimes mais la Phantom 500 revendique par miracle 150 watts de plus en charge malgré des ampérages de tensions quasi identiques à la Phantom 350. Ces 150 watts sortis de nulle part sont à imputer au ventilateur qui permet au bloc de supporter une plus grosse charge car il est mieux refroidi. Finalement les démarrages intempestifs du ventilateur ne sont pas si anodins que cela.
Certes Antec ne l’annonce pas comme une alimentation fanless mais annonce cependant «
Fonctionnement sans ventilateur pour un silence absolu. Trois points de déclenchement du ventilateur sélectionnables par l'utilisateur pour un fonctionnement silencieux en présence de charges plus élevées». Le problème c’est que même lorsque la charge élevée a disparu, le ventilateur continue de fonctionner très très très longtemps. Au final, on se retrouve donc avec une des meilleures alimentations ventilées du monde et non une alimentation à ventilateur hybride comme Antec aimerait nous le faire croire...
Enfin, il restera à avaler
son prix conséquent de 160 euros.