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Stéphane Charpentier, | 11/11/2002
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Transformer une carte mère en un programmateur d'EEPROM "universel" : la théorie

Le flashage à chaud est non seulement possible avec des composants strictement identiques provenant de cartes mères similaires, mais aussi entre composants de n'importe quel type et format présentant certaines caractéristiques physiques communes. En lisant attentivement les remarques et conseils qui suivent, vous pourrez sous certaines conditions utiliser une carte mère comme véritable programmateur d'EEPROM personnel et reflasher des composants différents provenant de multiples cartes mères.

Attention : cette manipulation peut être périlleuse. Nous ne pourrons être tenus responsables des dommages pouvant résulter de la lecture de cet article. La manipulation est à effectuer à vos risques et périls.

Quelles sont donc les limitations du flashage sur une carte mère précise ?

1. La tension d'alimentation doit obligatoirement être identique

La manipulation fonctionne uniquement avec des composants utilisant la même tension d'alimentation. Il existe aujourd'hui des composants 12v, 5v, 3.3v et même 2.7v. Il ne faut pas tenter le flashage d'un composant 3.3v sur une carte utilisant d'origine un composant 5v, ou même l'inverse. Il faut donc toujours contrôler les tensions utilisées par :

  • L'EEPROM à reflasher d'une part. La tension utilisée se retrouve facilement à l'aide de Google à partir de la marque et du modèle inscrits directement sur le composant, sous les différentes étiquettes.
  • L'EEPROM de la carte mère qui va servir au flashage d'autre part. En récupérant cette information, vous saurez quelle est la tension utilisée par la carte mère, et donc quels composants vous pouvez placer sans risque dessus.


Ceci est à vérifier imérativement avant toute tentative. Installer un composant utilisant une tension plus faible que celle fournie par la carte mère utilisée résultera en la destruction irrémédiable du composant ! Il est donc primordial de bien contrôler les tensions fournies et nécessaires.

2. Le package de l'EEPROM n'est pas une impasse

Il existe plusieurs types de packages, dont principalement deux sur nos cartes mères de micro-ordinateurs. Un même modèle d'EEPROM (exemple : Winbond W29C020) est presque toujours disponible dans plusieurs packages différents, mais présente strictement les mêmes caractéristiques de temps d'accès, de tension d'écriture/effacement et de capacité, et ceci quelque soit le package. Voyons quels sont les deux packages courants et comment procéder à leur démontage.

  • DIP-32 :

ImagePackage encore assez répandu actuellement, le bon vieux DIP-32 ne présente pas de difficultés majeures au démontage. Faites levier progressivement de chaque coté de l'EEPROM avec un tournevis plat et fin jusqu'à pouvoir l'enlever délicatement de son support, en prenant soin de ne pas tordre de pattes. Pour le remontage, l'encoche en forme de demi-cercle sur l'un des côtés doit être mise du coté de l'encoche carrée présente sur l'un des cotés du support. Si vous vous trompez et inversez, le composant va brûler rapidement en chauffant très fortement.



  • PLCC-32 :

ImageLes BIOS de ce format plus compact peuvent parfois être impossibles à démonter car sont soudés directement sur la carte par certaines fabricants comme DFI ou Asus ! S'il est placé sur un support plastique, un composant au format PLCC se démonte facilement avec un tournevis fin de type horloger. Faites levier de chaque côté du composant dans les deux encoches aux diagonales du support, prévues à cet effet, alternativement et sans forcer jusqu'à ce que l'EEPROM sorte du support. Surtout, ne forcez pas l'extraction en vous acharnant à ne faire levier que d'un seul coté, car vous risquez de détruire le fragile support plastique, ce qui sera très coûteux à faire remplacer.

Puisque les caractéristiques physiques sont les mêmes, et que le nombre de broches est identique, pouvons nous confectionner un adaptateur pour passer d'un format à l'autre ? la réponse est oui, et ce genre d'adaptateur est d'ailleurs commercialisé… à des prix abusifs.

Les plus acharnés peuvent confectionner un convertisseur PLCC -> DIP avec le schéma suivant :

ImageL'adaptateur vous permettra de placer une EEPROM PLCC sur un support DIP, rendant possible la reprogrammation d'une gamme encore plus conséquente de composants. L'adaptateur inverse, DIP -> PLCC, peut tout aussi bien être réalisé en trouvant les composants adéquats.

Image

Voici un exemple d'adaptateur PLCC -> DIP, réalisé avec 100% de matériaux récupérés, qui n'a rien coûté sauf une bonne dose de patience pour faire les 64 soudures.

 

 

Image
Certes, il est peu esthétique et doit être manié avec douceur, mais il coûte 34$ de moins que cet adaptateur assez peu pratique :

 

3. Peu importe la capacité du composant à reflasher

La capacité est sans importance. Du moment que les tensions concordent, vous pouvez au moyen ou non d'un adaptateur brancher et reflasher le composant.

4. Certains chipsets sont peu coopératifs

La programmation de l'EEPROM est une fonction prise en charge par le chipset. Après quelques tests, certains chipsets et couples de chipsets semblent poser problème et refusent de programmer certains composants pourtant compatibles électriquement.

N'ont pas posé problème :

- Chipset Intel (testé sur VX, LX et BX)
- Chipset entièrement AMD (testé sur 751/756)
- Chipset entièrement VIA (testé sur 694X/686A)*
- Chipset SiS (testé sur SiS 735)

Ont refusé de coopérer :

- Chipset hybride AMD 760/686B (refus de la KG7 de test)

Cette liste n'est pas exhaustive. Le comportement des chipsets Intel et Nvidia récents ainsi que celui des hybrides AMD/VIA n'a pas pu être testé de manière plus complète.

* Pour les chipset Apollo Pro/133/133A, l'option de protection d'écriture du BIOS doit être désactivé dans les paramètres BIOS sinon l'opération sera impossible. Si l'option n'est pas présente, il n'est pas possible d'utiliser la carte en tant que programmateur "universel", et donc de flasher un quelconque composant.
 
 
 

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