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Stéphane Charpentier | 22/12/2003
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Un peu d'histoire et de théorie : AMD

ImageParlons maintenant d'AMD. Après des K6-2 et K6-3 dont le succès n'a pas été flagrant, le fondeur a frappé un grand coup avec une architecture totalement dissociée de celle d'Intel, à savoir le K7. Doté d'un bus Alpha EV6, cette architecture se pare de 3 unités de calculs d'entiers (ALU) et de 3 unités de calculs de nombres à virgules (FPU). A ceci s'est ajouté dès la sortie du support des instructions MMX ainsi que des instructions de type 3DNow ! propres à AMD, mais aussi d'instructions supplémentaires correspondant à une partie du SSE d'Intel. Question communication, le bus EV6 est capable d'envoyer deux mots de 64 bits à chaque cycle d'horloge, ce qui explique la dénomination du FSB employé par les processeurs AMD correspondant au double de la fréquence du bus système (soit FSB200 pour un bus à 100 MHz).

Dans leurs premières déclinaisons, les Athlons étaient gravés en 0.25 microns et disponibles uniquement en Slot A, avec une mémoire cache de second niveau de 512 Ko fonctionnant à une fréquence inférieure à celle du processeur. Ont suivi des déclinaisons 0.18 microns parmi lesquelles est arrivé un nouveau support : le socket A. Celui-ci, toujours largement présent dans le marché des processeurs AMD, a également signé avec le core Thunderbird la baisse de la quantité de cache L2 (256 Ko) mais aussi une synchronisation de sa fréquence avec celle du processeur pour des performances en hausse. AMD en a profité pour décliner une version moins coûteuse de ses processeurs avec les Duron et leur core Spitfire, amputé de 192Ko de cache L2. Ces deux modèles ont fait carrière jusqu'à 1.4 GHz pour l'Athlon Thunderbird et 1.2 GHz pour le Duron Spitfire.

ImageAMD a alors refondu son Athlon pour passer au core Palomino, qui ajoutait notamment l'intégralité des instructions SSE ainsi qu'une gestion améliorée du cache et une meilleure gestion de l'énergie. Ce core a également marqué le début du P-Rating pour AMD afin de contrer sur le plan marketing Intel et ses fréquences toujours en hausse. Lors de son passage à une gravure à 0.13 microns, ce même core a été décliné pour les Duron sous l'appellation Morgan, avec là encore un cache L2 de 64 Ko. Ont suivi pour les Athlons les core Thoroughbred, les premiers à disposer d'un FSB 333, puis les core Barton qui ont ajouté 256 Ko au cache L2. Reste que malgré les efforts d'AMD pour faire durer cette architecture K7, force est de constater qu'elle a aujourd'hui atteint ses limites en termes de fréquence avec les 2.2 GHz du Barton 3200+, et que ce n'est pas la présence d'un "nouveau" Duron à core Thorton (basé sur le core Thoroughbred) qui peut d'une quelconque façon aider AMD sur la marché haut de gamme.

ImageHeureusement, l'année 2003 a été celle de la sortie de la nouvelle architecture K8. Longtemps attendue et de multiples fois reportée (notamment du fait de la technologie de gravure employée), celle-ci apporte de nombreuses innovations sans toutefois être une révolution technologique. En effet, l'architecture K8 est très fortement basée sur l'architecture K7, avec ses qualités intrinsèques reconnues (notamment sur le plan de l'efficacité de traitement) mais aussi ses défauts, le plus flagrant étant ses difficultés à monter en fréquence. Ce problème aurait théoriquement du être réduit par la technologie de gravure de type Silicon On Insulator (SOI) devant permettre un moindre échauffement des transistors, mais dans la pratique les processeurs K8 chauffent, même si lors de nos tests la température est restée très raisonnable.

Autre évolution, l'intégration du contrôleur mémoire qui, s'il augmente le coût du processeur, réduit celui de la plateforme. Autre point, le (ou les) bus Hypertransport qui permet au processeur de communiquer avec le chipset est lui aussi intégré. Le cache L2 a également été amélioré, les instructions SSE2 implémentées, et le nombre de niveaux de pipeline est passé de 10 pour le K7 à 12. Pour finir sur les nouveautés, la plus marquante et médiatisée a certainement été le fait que cette architecture peut fonctionner en 64 bits. Si dans l'immédiat cela profite plus aux Opteron qu'aux Athlon 64 ou FX, il n'en reste pas moins que cela est une évolution intéressante qui pourrait avoir des répercutions sur les performances à moyen terme, voire à court terme pour les utilisateurs de système 64 bits comme certaines distributions de Linux.

ImageLa principale nuance entre l'Athlon 64 et l'Athlon FX - hormis le socket qui est de type 754 pins pour le premier et 940 pins pour le second - est le contrôleur mémoire. En effet, alors que l'Athlon 64 se contente d'un contrôleur sur un seul canal, l'Athlon FX s'offre du double canal… mais pour de la mémoire registred, bien moins abordable financièrement. Toutefois il faut prendre garde à ne pas comparer cela aux solutions existantes pour les autres gammes de processeurs : en effet, le fait que le contrôleur est directement intégré permet de réduire de manière notable les temps de latence qui existent sur les plateformes actuelles entre Northbridge et processeur. Ceci fait que dans la pratique un contrôleur intégré sur un seul canal comme sur l'Athlon 64 s'avère déjà relativement performant.

Après ce petit historique il est temps maintenant de passer à la pratique…

 
 
 

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