Les données thermiques

L’overclocking est possible tout d’abord grâce aux conditions
environnementales. En effet, les constructeurs établissent des marges
de sécurité nécessaires à la stabilité requise dans les pires
conditions climatiques. Par exemple un ordinateur utilisé en Russie en
plein hiver chauffera beaucoup moins qu’un PC localisé en Afrique en
pleine canicule et sans climatisation. Ceci signifie que le PC russe
s’overclockera beaucoup mieux que le PC africain qui lui sera à la
limite de l’instabilité à sa fréquence d’origine par fortes chaleurs.
Cette donnée établie par les constructeurs se nomme Tcase et définit
donc la température maximale que peut atteindre un processeur tout en
restant stable. La valeur attribuée dépend des critères du fondeur et
par exemple chez AMD un Tcase maximum de 70°C (en général) sera la
température que le processeur pourra supporter à l’intérieur du boîtier
sans rencontrer de problème de stabilité et ce à sa fréquence de
fonctionnement par défaut. La température est d’ailleurs le facteur le
plus influent en overclocking. Vous comprenez donc que plus la
température interne du processeur sera basse et éloignée du Tcase, plus
le potentiel d’overclocking sera élevé. Ce n’est pas un hasard si la
majorité des records d’overclocking toutes catégories sont réalisés
avec des systèmes de refroidissement extrêmes comme de l’azote liquide
ou des compresseurs en cascade maintenant la température du processeur
dans des valeurs négatives.
La fabrication

Un autre facteur détermine le potentiel d’overclocking : la
série et/ou date de fabrication du processeur. Attardons-nous un peu,
sans rentrer dans les détails, sur le processus de fabrication d’un
processeur. Au sein d’une gamme, plusieurs modèles sont déclinés à
partir d’une même architecture et d’un même processus de fabrication.
Par exemple, les Athlon 64 2800+, 3000+, 3200+, 3400+ sur socket 754
sont
exactement les mêmes microprocesseurs, la seule différence entre eux
étant le coefficient multiplicateur qui leur est attribué. Ils sont
respectivement de : 9X, 10X, 11X, et 12X. Pour rappel, la fréquence
finale d’un microprocesseur est le produit du FSB (Front Side Bus)
multiplié par ce coefficient multiplicateur. Le FSB de base d’un Athlon
64 est de 200Mhz. Pour les processeurs précédemment cités, on obtient
respectivement 1800 Mhz, 2000 Mhz, 2200 Mhz et 2400 Mhz. L’attribution
du coefficient multiplicateur à un processeur s’effectue en fin de
chaîne de production. C’est en effet à ce moment là que tous les
processeurs sont testés à diverses fréquences et selon un protocole de
test bien établi basé sur une batteries de tests divers et variés. A la
fin de ces tests, un processeur est marqué selon les résultats obtenus.
En théorie, si un processeur s’avère stable à 2000 MHz mais pas
à 2200 MHz, il sera marqué comme Athlon 64 3000+ par exemple et son
coefficient initialisé à 10.
Les impératifs commerciaux

Ca c’est la théorie. En pratique, les impératifs commerciaux peuvent
jouer leur rôle dans le marquage des processeurs. En effet, si par
exemple AMD reçoit de nombreuses commandes d’Athlon 64 3000+
mais que la qualité des wafers fait qu’en théorie, ils pourraient en
sortir uniquement des 3500+, on pourrait supposer qu’AMD soit tenté de
déclasser ces 3500+ en 3000+, ce qui expliquerait le fort potentiel
d’overclocking. Le problème de cette théorie, c’est qu’un fabricant
comme AMD vend normalement tout ce qu’il produit et n’a donc aucun
intérêt à déclasser des processeurs ayant une plus haute valeur
commerciale. Pourquoi en effet vendre 10.000 processeurs en tant que
3000+ alors qu’ils peuvent être vendus en tant que 3500+ et donc plus
chers. La loi de l’offre et de la demande au aussi son mot à dire. Si
la demande de 3500+ est suffisante pour absorber tous les 3500+
produits, AMD n’a non plus aucun intérêt à déclasser des 3500+ en 3000+.