Dans une interview-fleuve accordée au magazine américain Electronic Games Monthly, George Harrison, senior vice président de Nintendo of America, fait le point sur la GC. Après les nombreuses erreurs commises à l'époque de la Nintendo64, Nintendo avait annoncé une toute nouvelle politique avec sa GameCube. Force est pourtant de constater que cela n'a pas été du tout le cas : aujourd'hui, la GameCube apparaît aux yeux de beaucoup comme une "Super Nintendo64", avec un peu plus de jeux que sur la 64 bits, mais un même succès d'estime auprès d'un noyau de joueurs tout acquis à la cause de Nintendo, face à la toute puissance de la machine de Sony.
George Harrison fait plus ou moins le même constat. Ainsi, il considère que la plus grosse erreur de Nintendo avec la GameCube réside dans l'attribution des kits de développement de la GameCube au sein, quasi exclusivement, des équipes internes de Nintendo, dont Rare, qui finalement n'a rien produit pour la sortie de la machine et rejoindra quelques mois plus tard le giron de Microsoft.
Big N a ainsi fermé la porte à de nombreux éditeurs tiers, et ce n'est que récemment qu'une politique de charme à l'égard de sociétés comme Capcom, Namco ou Konami a été mise en place. Cet excès de confiance dans les équipes internes de Nintendo aura donc coûté bon nombre de titres à la GameCube.
Mais Nintendo fait aujourd'hui amende honorable : selon George Harrison, les kits de développement de leur prochaine console de salon seront distribués en temps et en heure, suffisamment tôt en tous cas pour que des titres majeurs puissent être commercialisés en même temps que la machine.
Car c'est précisément sur la force de frappe logicielle que compte Nintendo pour imposer sa future console. Ninty n'est pas Sony, et refuse pour le moment d'envisager une machine multimédia "tout compris" comme la PlayStation. Pour paraphraser un certain slogan, leur idée c'est "Nous faisons des jeux, et nous le faisons bien". Par conséquent, il ne faut pas s'attendre à ce que la "GameCube 2" possède un lecteur DVD Vidéo.
En revanche, peut-être comportera-t-elle une fonction de rétrocompatibilité avec les jeux GameCube. En effet, M. Harrison considère que la possibilité pour la PS2 de lire les jeux PSone a contribué au succès de la machine. Or, cela fut impossible pour la GameCube, puisque la Nintendo64 fonctionnait à base de cartouches.
D'ailleurs, en ce qui concerne la console cubique, il ressort de cette interview que Nintendo est bien déterminé à assurer sa survie pendant les deux ou trois ans à venir grâce à la publication de nombreux titres forts sur ce format : il est donc hors de question de laisser le champ libre à Sony et à Microsoft, mais, bien au contraire, de livrer bataille jusqu'à l'apparition des nouvelles machines.
Ainsi, la baisse du prix de la GameCube à 99$ (99€ en Europe) témoigne de cette volonté d'augmenter la base installée de machines, en attendant l'annonce de la nouvelle console de Nintendo, qui ne devrait pas être faite l'an prochain, mais plutôt en 2005.
Pour les anglophones, il est possible de retrouver en intégralité l'interview de George Harrison en cliquant
ici.