Les antipirates s'emmêlent

Tanguy Andrillon | 15/09/2005 | 12:21:15
ImageLes producteurs et la Sacem ont récemment décidé de traquer les pirates sur Internet. Il fallait donc automatiser la détection des pirates mais c'est interdit par la loi informatique et libertés qui interdit de surveiller automatiquement les réseaux. Le gouvernement a quand même adapté cette loi.

Deux firmes françaises se présentent alors pour automatiser la chasse au pirate : CoPeerRight Agency et AdVestigo. La première est engagée par le Sell (syndicat professionnel des jeux vidéo) et envoie des messages d'avertissement aux utilisateurs des réseaux P2P en train de télécharger. La SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) et la Sacem engagent la seconde société et constituent un dossier pour la Cnil dont le feu vert est attendu pour les jours à venir. L'objectif des sociétés est d'envoyer des messages d'avertissement et d'accumuler des preuves pour multiplier les procès.

Mais là, tout dérape. Début juin, le délégué général du Sell, Jean-Claude Larue, et le directeur général de CoPeerRight, Stéphane Michenaud, s'empaillent violemment. Le contrat est rompu et la surveillance des réseaux P2P s'arrête. Mais cela ne s'arrête pas là puisque la société CoPeerRight intente un procès à son concurrent AdVertigo ainsi qu'à la SCPP et à la Sacem pour contrefaçon de sa technologie de "chasse aux pirates".

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Ces derniers jours, tous les adhérents du Sell ont reçu un e-mail de relance commerciale de la part de ... CoPeerRight, avec un audit réalisé sur les réseaux P2P après la rupture du contrat en vue de démontrer que depuis l'arrêt des envois de messages d'avertissement, les téléchargements sont en hausse. Un audit réalisé "via la filiale canadienne pour nous conformer aux législations nationales". La société n'étant plus sous contrat avec le Sell, elle n'a plus le droit de réaliser des traitements de données automatisées sur les réseaux.

La SCPP et la Sacem, qui attendent le feu vert de la Cnil pour les jours à venir, se passeraient bien de ces histoires.
"Ça nous ennuie terriblement, on est pris en sandwich dans un conflit dans lequel nous n'avons aucune responsabilité", dit Marc Guez, le directeur général de la SCPP. "On a l'impression que CoPeerRight est en train de s'écrouler et fait tout pour garder ses clients." La SCPP attend les conseils d'experts juridiques pour décider de la méthode à adopter.

Les utilisateurs des réseaux P2P gagnent encore un petit sursis qui pourrait bien se transformer en éternité si les différentes parties ne se mettent pas d'accord.

Source : Libération